REPERES POUR COMPRENDRE L'ECONOMIE CONTEMPORAINE

Vous vous posez des questions sur l'économie, sur ses relations à la politique, sur le discours des candidats aux présidentielles, ou à d'autres élections, dans le domaine de l'économie, vous souhaiteriez comprendre l'actualité, de façon simple, les textes qui vous sont proposés peuvent vous aider.

Vous y trouverez des références, des définitions, et si vous posez des questions, des réponses.Alors, n'hésitez pas, posez vos questions. nous répondrons par l'intermédiaire de réponses flash et, surtout, de courtes synthèses périodiques.

A bientôt !

Bernard Liger

Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 13:30

Frédéric Taddeï a lancé un débat à partir d'une question : Santé : Doit-on être remboursé en fonction de ce que l'on gagne ?

 

Ci-dessous, ma première intervention.

Une question à poser différemment, une réponse complexe


06 mai 2012, 19:14



Votre question sous-entend qu'on envisage de moduler les remboursements de soins en fonction des revenus, autrement dit qu'on laisse à la charge de l'assuré une part croissante des remboursements en question, parce qu'il s'efforcera de se couvrir en prenant une assurance, mutualiste ou non mutualiste. Est-ce envisageable d'opérer cette substitution en France, sous prétexte de recherche d'économie ? Cela me parait très difficile.

Un tel système fonctionne déjà en Allemagne, sous une forme simplifiée, puisqu'il partage la population en trois sous-ensemble, ceux qui ont moins de 400 euros mensuels de revenus, qui seront pris en charge par un sous-système de type CMU, ceux qui ont des revenus compris entre 400 euros mensuels et 50.000 euros annuels, directement concernés par un système de répartition qui a des ressemblances avec le notre, ceux qui, enfin, ont des revenus supérieurs et qui peuvent ne plus s'affilier à une caisse de sécurité sociale, passant alors par des systèmes d'assurances, mais avec un risque, celui de ne plus pouvoir revenir facilement vers une caisse si leur situation se détériore.

Cette stratification ne tient pas compte du nombre d'ayant-droits, ce qui incite évidemment à rester adhérent d'une caisse, même pour des revenus importants, si les ayant-droits, les enfants, sont nombreux. C'est d'ailleurs peu souvent le cas. Par rapport à un objectif de réduction global des remboursements, le bénéfice d'un tel système est difficile à évaluer car lorsqu'un assuré bien payé quitte le régime des caisses, il cesse aussi, me semble-t-il, d'y cotiser.

Moins de remboursements mais aussi moins de recettes. Pour les assurés adhérents des caisses, les remboursements sont souvent plus intéressants qu'en France. Le forfait hospitalier, par exemple, est de l'ordre de 10 euros.

Dans l'état actuel des choses, je ne pense pas que nous disposions de simulations permettant de répondre à la question posée, qui pourrait conduire à passer de notre système au système allemand, pour que le régime général, par exemple, bénéficie d'économies, au détriment des usagers, évidemment.

Reste que la question de la rémunération des médecins fonctionne en Allemagne sur une base différente de notre «rémunération à l'acte». Elle fonctionne, au moins partiellement, sur la base de la «clientèle», nombre de patients soignés dans le trimestre, principe probablement générateur d'économies par rapport au notre mais qui serait probablement refusé par le corps médical français, du fait, notamment, des restrictions à la liberté d'installation, par exemple, qu'il implique.

Ma seconde remarque portera sur le fait que, dans le système français, on a, de fait, non pas sorti du système de remboursement des assurés dont les revenus dépasseraient certaines limites mais sorti des actes peu ou pas remboursés, quelque soit le niveau de revenu. A inclure dans ces actes, le coût des supléments demandés par un grand nombre de médecins et d'établissements privés qui encaissent, quelque fois avant de pratiquer les actes, puis vous proposent une facture supplémentaire en vous invitant à voir avec votre assurance ce qu'elle voudra bien faire.

Dans l'hypothèse où l'on modulerait les remboursements en fonction des revenus, les assurés seraient alors pénalisés, lorsque leurs revenus augmenteraient, de deux façons différentes. On pourrait peut-être reposer le problème si l'on traitait auparavant celui des suppléments de toutes sortes qui pèsent sur les assurés. A ce stade, la loi Bachelot, en bloquant les moyens des hôpitaux et en organisant des partenariats «public-privé» a, de fait, renvoyé une partie des malades vers les établissements privés dont les tarifs dépassent généralement ceux de hôpitaux publics, et donc chargés les malades de coûts supplémentaires, peu ou pas remboursés, sans tenir compte des nivaux de revenus.

A ce stade,on voit bien qu'il serait extrêmement coûteux pour les malades de cumuler les conséquences de la loi Bachelot, du non contrôle des suppléments d'honoraires et d'une dégressivité des remboursements en fonction de l'augmentation de leurs revenus.

Ma troisième observation porte sur le champ des actes concernés et sur leur répartition tout au long d'une vie. Étant responsable des problèmes d'organisation pour la branche maladie du Régime Général, il y a longtemps, certes, j'avais eu l'occasion de faire étudier par un de nos statisticiens la répartition des coûts de santé tout au long d'une vie...

On avait constaté, ce que tout le monde pressent, que le gros des dépenses de maladie correspond à la fin de vie, mais généralement sur plusieurs années évidemment. Il s'agit souvent du coût de traitements lourds pris en charge à 100% par l'assurance maladie.

Si l'on mettait en œuvre une politique de remboursements décroissant en fonction de l'augmentation des revenus, on devrait tenir compte, soit du fait que les traitements lourds ne sont pas concernés par la réduction des prises en charges en fonction de l'augmentation des revenus, ce qui serait une entorse majeure par rapport au nouveau principe, soit que la courbe des taux de remboursements devrait effectivement tenir compte et de l'alourdissement des coûts avec l'âge, et de la décroissance des revenus avec la retraite.

Si l'on se référait à la norme allemande que je citais plus haut, on pourrait admettre que le salarié puisse prendre en compte ses frais de santé lorsqu'il a des revenus supérieurs à 4.000 euros par mois, mais on doit alors se demander ce qui se passera, alors qu'à la retraite, il retombera au dessous de ce niveau de revenus.

Pour conclure, je ne crois pas qu'on puisse passer à un système de remboursements qui reste, au moins du niveau actuel, lequel ne permet déjà plus à un certain nombre de français de se soigner correctement, et qui prévoirait une décroissance des remboursements lorsque les niveaux de revenus augmentent, sans envisager, en même temps, de reconsidérer tout le système de santé où bien des améliorations restent possibles.

Je n'ai d'ailleurs pas évoqué les modalités sans doute très complexes à mettre en œuvre si l'on voulait que, pendant toute sa vie, un français voit ses remboursement modulés, en plus ou en moins, en fonction de ses revenus.

Tout cela, au détriment du principe de Solidarité qui cimente notre système, au détriment aussi de la prise en compte des véritables coûts de la santé car on ne dira jamais assez que les systèmes fonctionnant par répartition sont globalement, pour les usagers, les moins coûteux. Mais ce serait un autre débat.



Cette réflexion s'insère dans une suite de réflexion sur les questions de Protection Sociale que l'on peut retrouver sur http://www.economie-liger.over-blog.com

 



 

 

 

Par liger - Publié dans : assurance maladie - Communauté : LA COMMUNAUTE DE TOUS
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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 18:48

Jacques Sapir : lettre ouverte à François Hollande

MON INTRODUCTION AU DOCUMENT QUI SUIT: Dimanche, je voterai probablement pour Jean-Luc Mélanchon qui exprime bien ce que les pauves, les chômeurs, les exclus de toutes catégories pensent. Il exprime les préoccupations essentielles des français, tout en ouvrant des perspectives. J'ai spécialement retenu son plaidoyer pour qu'on en finisse avec la guerre d'Algérie, répondant au voeu que je formais dans un précédent papier figurant dans ce blog. Le dimanche suivant, je voterai certainement pour François Hollande, un moindre mal,  un leader non dépourvu de qualités, pour aborder l'étape suivante.

Une grande crainte: Certes les marchés financiers nous manipulent, nous imposent leur loi. Mais pourquoi ? L'Europe et plus spécialement la France, sont les pays socialement les plus développés au monde. Depuis plus de deux siècles et même avant, une évolution constante, quelques fois brutale, a produit des systèmes sociaux très évolués par rapport à tous les autres pays du monde, multiplication des services à la population et des couvertures contre de nombreux risques, santé, veilliesse,...Autant de services qui échappent au secteur marchand.

Les "marchés" ,et moi je dis les entrepreneurs capitalistes des 20 ième et 21 ième siècle, guidés, poussés, pris en mains par les néo-libéraux américains notamment, n'acceptent plus de ne pas pouvoir commercialiser ces services qui échappent à leur rapacité. Ils  les considérent comme un anachronisme. La solidarité ne veut plus rien dire  pour eux. C'est la cause d'un manque à gagner considérable pour le secteur marchand. Il faut donc trouver un moyen de tuer le concept de solidarité et  de renvoyer au secteur marchand un maximum de services.

L'ouverture sans limite et sans précautions de nos frontières, telle que nous l'avons accepté avec l'Union Européenne, telle qu'on nous l'a imposée plutôt, en refusant de prendre en compte les résultats du référendum de 1995 conduit inévitablement à l'appauvrissement de nos pays. Le refus voulu dès le gouvernement Baladur puis repris dans le cadre des traités européens de permettre à nos banques centrales d'abord, à la Banque Centrale Européenne ensuite, de prêter directement, et à moindre coût aux Etats de la "zone euro", a précipité le mouvement en les endettant très fortement, puis on contraint  à rembourser avec des intérêts importants, ce qui appauvrit une seconde fois  les populations. En finale, on contraint après quoi, on  contraint à  privatiser tout le secteur public. Ce qui, pour la troisième fois, accélère l'appauvrissement. L'objectif est atteint. Je ne crois pas que ce soit le fait du hasard car tout était prévisible. Pourquoi nous laisserait-on  sortir de notre endettement tant qu'il restera quelque part du privatisable ?

 

Et maintenant, je laisse la parole à Jacques Sapir et autres économistes qui reviendront sur le sujet.

 

 Monsieur François Hollande,

Tout laisse à penser que vous affronterez au second tour de cette élection le président sortant, Nicolas Sarkozy. Dans le même temps, l’abstention monte dans les sondages. Cela vous inquiète à juste titre.
Le choix de millions de Français va se faire entre deux candidats qui ne sont pas ceux auxquels iraient spontanément la sympathie des électeurs, ni nos engagements ou nos convictions. Ceci explique cela.

La situation économique et financière aujourd’hui semble s’être améliorée depuis la tempête de décembre dernier. Mais, cette accalmie n’est que temporaire et conjoncturelle. Déjà, les différents indicateurs passent les uns après les autres au rouge. Les taux se tendent à nouveau sur l’Espagne et l’Italie. La Grèce est au bord du gouffre et le Portugal est dans une situation critique. Quant à la France, elle a retrouvé l’écart de taux d’intérêts avec l’Allemagne qu’elle avait avant la création de l’Euro. Soyez en convaincu, monsieur François Hollande, nous allons connaître de graves problèmes économiques dans les prochains mois. La crise de l’Euro n’est pas finie, bien au contraire.

Vous avez dit des choses justes sur ce sujet. Vous avez dénoncé le 28 octobre l’accord européen conclu la veille. Vous savez qu’il ne règle rien. Vous le savez aussi, les politiques d’austérité, en raison de leur cumul, nous conduisent à la catastrophe. Il est évident, depuis l’épisode de la déflation allemande du Chancelier Brüning (1930-1932) qu’elles sont financièrement contre-productives, économiquement désastreuses et qu’elles engendrent de tragiques conséquences politiques.
Et pourtant, en dépit de tout, vous continuez de vous placer sur le terrain de votre adversaire et validant dans les faits les plans de rigueur tant actuels que futurs.

Ceci se conjugue aujourd’hui à une politique monétaire fortement restrictive mise en place par les banques privées qui vont contracter leurs crédits pour une période indéterminée et ce en dépit des crédits à bon marché qu’elles obtiennent de la Banque centrale européenne. Voilà qui aura des conséquences extrêmement néfastes sur l’activité économique et les conséquences en seront cumulatives.
Les perspectives de croissance pour notre pays ont déjà été réduites. Elles devraient l’être encore dans les mois à venir si rien n’est fait pour rompre avec la situation actuelle. La baisse de l’activité engendre une baisse plus que proportionnelle des ressources fiscales. Vous serez dans l’obligation d’ajouter de l’austérité à l’austérité, ainsi que le propose M. Cahuzac, le président socialiste de la commission aux finances de l’Assemblée Nationale, plongeant progressivement notre pays qui est, ne l’oublions pas, la seconde économie de la zone Euro, dans une récession de plus en plus profonde.

Dans ce contexte, vous proposez une renégociation du pacte budgétaire européen et du Mécanisme européen de stabilité. Mais, nombre de vos conseillers s’en vont disant qu’un simple protocole additionnel suffirait à rendre acceptable un traité qui dépouille les Français d’une part de leur souveraineté et qui les condamne à une politique de misère. Qui nous faut-il alors croire ? Le François Hollande qui dit des choses fort justes sur l’impératif de croissance qui seul est à même de nous faire sortir de la crise de la dette, ou le François Hollande qui s’accommode de la rigueur et qui renvoie la croissance à des jours meilleurs ?

Face à un président discrédité, vous représentez, à tort ou à raison, un certain espoir. Mais nous ne croyons pas nous tromper en disant que de très nombreux Français - qui font partie de votre électorat naturel et qui pourraient voter pour vous - hésitent à le faire. Ils pourraient alors se réfugier dans l’abstention lors du deuxième tour, le vote blanc n’étant pas reconnu.
Vous mesurez certainement les conséquences d’un tel comportement. Au pire, ceci pourrait vous coûter votre victoire. Au mieux, cela conduirait à une situation où votre légitimité serait chancelante ; vous deviendriez alors un Président mal élu, en proie à des critiques incessantes et des contestations multiples. Incapable de faire face à la crise et d’y porter remède, ballotté entre les exigences des uns et les appétits des autres, témoin de la souffrance du plus grand nombre, il n’est pas sûr que vous puissiez accomplir votre mandat jusqu’à son terme. Voulez-vous donc être le George Papandréou français ?

Les relations entre les États de l’Union européenne, et de la zone Euro, sont régies par les rapports de force. On peut le regretter ; il nous faut le constater.
Si vous voulez imposer dans ce traité des clauses qui soient réellement efficaces et non de pure forme, il faudra les imposer aux gouvernants de plusieurs pays, dont l’Allemagne. Ainsi, on pourrait penser à l’émission d’un grand emprunt de plusieurs centaines de milliards d’Euro – gagé sur l’argent mis en réserve dans le MES - pour relancer la croissance dans les pays qui sont aujourd’hui étranglés par une rigueur assassine (la Grèce, le Portugal et l’Espagne). De même, un programme de grands travaux d’infrastructures, destiné à financer la transition vers une économie respectueuse de l’environnement, réconciliée avec la diversité humaine et naturelle, avec la robustesse des territoires et la résilience des sociétés européennes, s’impose. Ces mesures pourraient faire en sorte que la zone Euro - dont la croissance a été particulièrement faible depuis dix ans – retrouve rapidement le chemin de la prospérité. À chaque fois il vous faudra construire ce rapport de force et construire une crédibilité qui impressionne nos partenaires et ne leur fasse pas douter de la résolution de la France à imposer cette politique. Cette crédibilité, vous ne pourrez la construire que sur la légitimité d’un vote populaire.

Si donc vous êtes sérieux dans votre projet de renégociation, il vous faut impérativement construire ce rapport de force, et le faire dès maintenant. La Constitution de la Vème République vous en offre le moyen.
Si vous annonciez dès aujourd’hui, et en tout état de cause avant le second tour, votre décision de soumettre à référendum le traité que vous proposez de renégocier, en disant clairement que vous appellerez à voter « non », vous disposeriez d’une arme puissante et redoutable. Un « non » massif vous renforcerait et vous donnerait un pouvoir de négociation décisif. Il mettrait entre vos mains un mandat populaire nettement ciblé et sans aucune ambiguïté. Vous pourriez imposer alors des mesures à l’efficacité réelle, ou alors faire la démonstration que certains de nos partenaires se refusent à sauver l’Euro. Il vous faudrait alors avoir le courage d’en tirer les conséquences.

De plus, vous auriez l’occasion de renouer avec une pratique à la fois dans l’esprit de la Constitution et politiquement digne de la procédure référendaire, alors que le Président sortant se propose de le dévoyer. Vous feriez de manière décisive la preuve que vous êtes un homme d’État répondant à l’avance aux interrogations que votre personne suscite.
L’appel au peuple, sur un point précis, vous redonnerait sans aucun doute une incontestable légitimité que vous risquez de ne pas avoir sur ce terrain.
Un tel référendum pourrait se tenir dès le début du mois de septembre, voire avant si vous le décidez. Il vous permettrait d’aborder la zone des tempêtes qui s’approche en situation de force.

Tel sera donc le point sur lequel nous nous déciderions, et avec nous, j’en suis persuadé, de très nombreux Français de toutes opinions politiques, pour voter. L’engagement solennel pris devant les Français de soumettre le traité, certes signé mais non encore ratifié, est le signe qu’attendent des électeurs de tous bords pour se décider à voter pour vous au deuxième tour. C’est ce qui peut faire la différence avec votre adversaire. C’est aussi ce qui peut vous donner les moyens de mettre en œuvre une politique qui soit autre chose qu’une réponse à la pression des marchés.

Monsieur François Hollande, vous êtes à un tournant décisif de votre campagne.
Un geste de votre part suffirait pour arracher notre adhésion.
Mais, si ce geste n’était pas fait, et en dépit de l’aversion que suscite en nous votre adversaire, nous sommes des centaines de milliers qui pourraient se décider à nous abstenir. Sachez-le : nous jugerons sur pièces.


Hervé JUVIN Économiste, Eurogroup Consulting
Philippe MURER Économiste, professeur de finances à Paris-IV La Sorbonne, ancien intervenant sur les marchés financiers
Bertrand ROTHÉ Economiste, professeur des universités, Université de Cergy-Pontoise
Jacques SAPIR Économiste, directeur d’études à l’EHESS.
Jean-Claude WERREBROUCK Économiste, ancien professeur à l’Université de Lille



Source :
http://www.marianne2.fr
Par liger - Publié dans : élections présidentielles - Communauté : GEOPOLITIQUES MONDIALES
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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 15:56

Monsieur le Rédacteur-en-Chef,

Vous consacrez une partie de votre numéro 3471 à la guerre d'Algérie, comme la télévision

ce soir, avec deux témoignages, celui d'Alain Vircondelet et celui de Jean-Claude Guilllebaud

que j'ai lus, l'un et l'autre, avec beaucoup d'intérêt. Permettez moi d'évoquer ici ma propre

expérience, celle d'un jeune Saint-Cyrien de 21 ans, arrivé en Algérie le premier décembre

1956, avec 350 de ses camarades de promotion dont une cinquantaine ne revinrent pas,

rentré d'Algérie quelques jours avant le cessez-le-feu, pour lequel la « déchirure » reste vive,

même s'il n'est pas habituel d'en faire état.

J'ai fait cette guerre, je le dis, sans états d'âme, convaincus que nous étions de l'importance

de notre mission. Nous étions entrés « à l'Ecole » au lendemain de la défaite de Dien Bien

Phu qui nous avait profondément marqués. Nos instructeurs revenaient presque tous

d'Indochine. Nous étions profondément imprégnés de la mission qui nous était donnée. On

nous avait tant dit que la « route de Moscou à Paris passait par Pékin et Alger » qu'il n'y

avait pas d'hésitation possible sur la conduite à tenir. Nous devions garder l'Algérie française

sans bien comprendre que cette guerre s'inscrivait pourtant dans un vaste mouvement

d'émancipation des peuples colonisés, surtout lorsqu'ils avaient largement contribué à la

victoire de 1945. Nous n' étions pas prêts à entendre pareil discours.

Aussi, grande fut la déchirure lorsque, quelques années plus tard, la réalité finit par

s'imposer aux prix de drames effroyables auxquels nous participions très directement, sans

que le commandement ne pense un seul instant aux problèmes de conscience que cela

pouvait nous poser. A cet égard, les aumôniers militaires ne nous furent pas d'un grand

secours. Nous réalisions chaque jour davantage, mais pas nécessairement très vite, tant la

situation était complexe, qu'un changement allait se produire sans bien savoir ce qu'il

pourrait être.

.J'avais appris à aimer ce pays et ses habitants, musulmans et petits colons, à respecter et

même à apprécier l'Islam, avec le regard d'un chrétien certes, à commencer à comprendre la

culture d'un peuple dont, au fond, nous ignorions à peu près tout jusqu'à ce que survienne

cette guerre stupide. Nous ignorions tout de l'histoire de ce pays, notamment tout des

propositions de Fehrat Abbas, dès les années 30, pour faire évoluer l'Algérie. Personne ne

nous en avait jamais parlé comme nous ignorions, beaucoup plus tard, le «loi cadre Defferre

pour la réorganisation des « colonies africaines », et, en 1957, sa version algérienne

« sabotée » par les responsables d'Alger, et dont l'annonce a sans doute, à notre insu,

provoqué les événements de mai 1958.

J'étais, et je n'étais pas le seul, écartelé entre l'évidence d'un abandon inévitable d'un pays

et d'un peuple qui m'inspirait beaucoup d'affection et les contraintes de mon statut que je

n'envisageait pas de trahir. Mais je ne pouvais pas, et ne peut toujours pas, m'empêcher de

penser que les responsables politiques et militaires du moment, y compris et surtout peutêtre

ceux qui ont empêché la mise en place de la « loi Cadre », ont lourdement manqué de

discernement. Mais je ne veux pas entrer ici dans un procès.

Aujourd'hui, la « Déchirure » n'a pas été réparée. Elle m'aura marqué pour les cinquante

années qui suivirent de façon déterminante. Si je l'évoque aujourd'hui, c'est pour exprimer

un souhait. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la France et l'Allemagne ont su se

réconcilier, retrouvant la paix, sans rien oublier. La France et l'Algérie n'ont pas su réaliser le

même exploit. Il est tard, certes, mais il n'est jamais trop tard. Pour moi, la réconciliation est

une nécessité pour que la « déchirure » soit réparée . Je suis certain que nos relations avec

le monde musulman en seront profondément transformées. Pourquoi pas, si nous le

voulons vraiment, mais qui le veut ?

Par liger - Publié dans : guerre algérie - Communauté : LA COMMUNAUTE DE TOUS
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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 11:16

 

                                                                      RPC 52


A PROPOS DE LA GUERRE DE LIBYE,

En attendant la diffusion de RPC 53 qui traitera de l'OTAN et plus particulièrement  de la "recherche d'un nouveau concept stratégique pour l'OTAN", avalisé à la réunion des chefs d'Etats et de gouvernements des pays membres, à la fin du mois de novembre dernier, à Lisbonne, nous diffusons un texte provenant de "Mondialisatin.ca" qui est un site de l'Université  d'Ottawa, lequel diffuse régulièrement des textes relatifs,  à la Libye,en particulier, à la Mondialisation en général. Deux parties s'opposent au nom de l'intérêt du peuple  libyen. Khadafi, d'un coté, un personnage sans doute difficile à défendre pour un européen, de l'autre, un parti regroupant sous la houlette d'anciens ministres de Khadafi, eux aussi peu recommandables que leur ancien patron,une fraction du peuple,certes,dans le cadre d'une  guerre tribale, mais avec une une bonne représentation des combattants d'Al Qaïda, formé,dit-



on, en Afghanistan sous le regard d'une CIA complaisante. Les services spéciaux occidentaux assistent les libyens,au sol,au mépris de la décision du Conseil de Sécurité de l'ONU. Le chef du pseudo-gouvernement de Benghazi était ministre de la justice de Khadafi,encotre très récemment.Il a sur la conscience l'affaire des infirmières bulgares qu'il menaçait d'exécuter.
C'est cet homme-là que le chef de l'Etat français recevait  en grande pompe à l'Elysée, il y a peu de temps. Alors que veut-on ?

On veut certainement récupérer les richesses libyennes pour mettre en place un gouvernement fabriqué de toutes pièces en occident. Au delà, difficile de le dire. Le mandat du Conseil de Sécurité  ne prévoyait que la protection des populations  civiles.On s'est engagé dans le soutien d'insurgés, au demeurant  sympathiques, disposés à chasser Khadafi par tous les moyens,jusqu'a le tuer,sans doute.Réédition de la fin de Caucescu ! Pour le reste les occidentaux n'ont rien à faire,selon nous, dans une affaire africaine où nous présentons comme les nouveaux envahisseurs.
Au delà, on sait que le rêve actuel de la Maison Blanche est de battre  militairement l'Iran,  et cela apparait clairement dans la préparation de la Conférence de Lisbonne. Nous reviendrons sur cette question. En se tenant plutôt en retrait,du moins apparemment,dans l'affaire libyenne, Obama ménage ses  moyens  et fait de notre empereur l'animateur d'un parti européen qui le soutiendrait fortement lorsqu'il décidera d'attaquer l'Iran. 
C'est le problème principal,sans doute, de ce début de vingt-et -unième siécle. Une perspective dans laquelle l'occident,et la France, pourraient perdre,définitivement, son âme.
Il y a  danger.Qu'en pensez-vous?

Bernard Liger
----- Original Message -----
From: Mondialisation.ca To: newsletter@globalresearch.ca
Sent: Saturday, April 23, 2011 7:26 PM
Subject: Mondialisation.ca - La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libye

URL de cet article: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=244

 

 

par Manlio Dinucci



 

Le 23 avril 2011

ilmanifesto.it


> L’objectif de la guerre en Libye n’est pas seulement le pétrole, dont les réserves (estimées à 60 milliards de barils) sont les plus grosses d’Afrique et les coûts d’extraction parmi les plus bas du monde, ni le gaz naturel dont les réserves sont estimées à environ 1.500 milliards de m3. Dans le viseur des « volontaires » de l’opération « Protecteur unifié » il y a aussi les fonds souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger.
>
Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l’on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d’autres organismes. Et ils pourraient être plus importants encore. Même s’ils sont inférieurs à ceux de l’Arabie saoudite ou du Koweït, les fonds souverains libyens se sont caractérisés par leur croissance rapide. Quand la Lia a été constituée en 2006, elle disposait de 40 milliards de dollars. En cinq années à peine, elle a effectué des investissements dans plus de cent sociétés nord-africaines, asiatiques, européennes, nord-américaines et sud-américaines : holding, banques, immobilier, industrie, compagnies pétrolières et autres.En Italie les principaux investissements libyens sont ceux effectués dans UniCredit Banca (dont Lia et la Banque centrale libyenne possèdent 7,5%), dans Finmeccanica (2%) et Eni (1%) : ces investissements et d’autres (dont 7,5% au Juventus Football Club) ont une  signification plus politique qu’économique (ils se montent à environ 4 milliards de dollars). La Libye, après que Washington l’ait effacée de sa liste de proscription des « Etats voyous », a essayé de se refaire une place à un niveau international en misant sur la « diplomatie des fonds souverains ». Quand les Etats-Unis et l’Union européenne ont révoqué leur embargo de 2004 et les grandes compagnies pétrolières sont revenues dans le pays, Tripoli a pu disposer d’un surplus commercial d’environ 30 milliards de dollars annuels qu’il a destiné en grande partie aux investissements étrangers. La gestion des fonds souverains a cependant créé un nouveau mécanisme de pouvoir et corruption, aux mains de ministres et hauts fonctionnaires, qui a probablement échappé au contrôle de Kadhafi lui-même : confirmé par le fait qu’en 2009, ce dernier a proposé que les 30 milliards de dividendes pétroliers allassent « directement au peuple libyen ». Ceci a accentué les fractures à l’intérieur du gouvernement libyen.C’est sur ces fractures que se sont appuyés les cercles dominants étasuniens et européens qui, avant d’attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont appropriés les fonds souverains libyens. Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas : comme le révèle un câblogramme exfiltré à travers Wikileaks, le 20 janvier Layas a informé l’ambassadeur étasunien à Tripoli que la Lia avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques étasuniennes. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor étasunien les a « gelés ». Selon les déclarations officielles, c’est « la plus grosse somme d’argent jamais bloquée aux Etats-Unis », que Washington garde « en dépôt pour l’avenir de la Libye ». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie étasunienne toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne a « gelé » environ 45 milliards d’euros de fonds libyens. L’assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la Libyan Arab African Investment Company a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en programmant de les augmenter dans les cinq prochaines années, surtout dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications. Les investissements libyens ont été décisifs dans la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization) qui, mis en orbite en août 2010, permet aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux satellitaires étasuniens et européens, en réalisant ainsi une économie annuelle de centaines de millions de dollars.Plus importants encore ont été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l’Union africaine : la Banque africaine d’investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fond monétaire africain, siége à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, siège à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes permettrait aux pays africains d’échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fond monétaire international, tous deux instruments de domination néo-coloniale, et marquerait la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d’utiliser 14 pays, ex-colonies françaises. Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet. Les armes utilisées par les « volontaires » ne sont pas seulement celles de l’opération « Protecteur unifié ». Edition de vendredi 22 avril 2011 de il manifesto


> http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110422/manip2pg/09/manip2pz/301857/  Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio 


 

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CherBernard,

On ne peut que déplorer les victimes civiles! C'est ce qui sort de la bouche de beaucoup de citoyens; et puis on entend, de part et d'autre, une grande vague moralisatrice se scandalisant des relations d'hier entre l' Etat Français et La Lybie!

Nous sommes sincères en disant cela mais l'Homme est par essence paradoxal ! Il se plaint des dictateurs  de l'accueil, sur son territoire,  de ces hommes humainement incorrects mais quand on va chasser ces tyrans,  il crie au scandale pour les victimes! Il a surtout peur de voir son quotidien modifié: le prix à la pompe augmente...alors l'homme occidental qui hier ne voulait que d'un monde démocratique et qui ne voulait surtout pas recevoir le dictateur, s'indigne d'une intervention.

Je ne dis pas que les dernières décisions prises vont dans la bonne direction. Je n'ai pas la prétention de le savoir. Ce que Je sais c'est qu' il faut cesser de faire croire aux électeurs occidentaux que nous vivons dans le monde de "oui-oui". Les relations internationales sont par essence paradoxales mais indispensables. Ce qui était vrai hier ne l'est pas forcément aujourd'hui et nous ne connaissons pas le quart de la réalité. Seules les éminences grises du pouvoir ont des éléments précis et toute légitimité pour agir. Sarkosy a été élu par une majorité  au s.u.d.
Les critiques venant de l'opposition fusent surtout en période électorale. Peut-être que l'intervention de la France est faite pour faire croire aux français que nous sommes valeureux et forts ( cf idéologie d'une bonne guerre pour enrayer les crises économiques) afin de redonner aux citoyens la fierté d'être et un faux sentiment de sécurité.

Dans tous les cas, le monde n'est qu'un échéquier politique sur lequel chaque état avance ses pions ( souvent militaires ou financiers) en s'alliant avec le Diable.

L'effondrement des politiques orientales nous fait peur. Cette instabilité remet en cause nos accords passés et raréfie l'approvisionnement de ressources majeures sans savoir si le pire est derrière ou devant!

Ce n'est pas le Procès de Sarkosy ou d'Obama mais de l'Homme!

Affecteusement,

Ta nièce.



 

Par liger - Publié dans : libye - Communauté : GEOPOLITIQUES MONDIALES
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Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 11:02

  L'OTAN voulait réviser ses objectifs et adaptere son organisation dès cette année 2010. Une conférence était prévue à Lisbonne au mois de novembre 2010 après qu'un groupe d'experts eut rédigé un document préparatoire de plus 50 pages d'ailleurs disponible sur internet.Nous le savions depuis longtemps, certes, mais presse et télévision s'étaient bien gardées d'en faire état. D'ailleurs la question des retraites les avait mobilisées. La question des retraites justifiait une importante mobilisation mais  on pouvait penser que nos média pouvaient traiter  plus d'une question essentielle, dans le même temps.Ils ne l'ont pas fait. Les français auraient bien mériter un éclairage sur un problème qui engage profondément l'avenir de noytre pays

 

Le  document préparatoire avait pour titre" OTAN 2020, Une sécurité  assurée: Un engagement dynamique", sous-titré " Analyses et recommandations du groupe d'experts pour un nouveau concept stratégique de l'OTAN". Le document était daté du 17 mai 2010. Nos journalistes avaient le temps nécessaire pour nous informer. Ils ne l'ont pas fait. L'OTAN voulait adapter ses objectifs et ses moyens à une conjoncture mondiale très  évolutive. Discours de façade qui masque probablement les intentions véritables des promoteurs de la révision attendue.

 

Les américains, affaiblis financièrement, propriétaires d'une dette publique colossale, de l'ordre de 2.000 milliards de dollars ( plus de dix fois le déficit français), astreints à vendre leur dette, à part à peu près égale, au Japon et à la Chine, confrontés à la puissance montante de l'Organisation de Coopération de Shanghaï qui regroupe notamment la Rusie et la Chine, veulent trouver les moyens de maintenir leur hégémonie, sans la partager. Si la dette constitue, pour eux un très sérieux handicap, ils n'envisage pas, pour autant, de la réduire.

 

Le discours convenu sur ces dettes que nous allons lâchement transférer à nos "enfants"  n'est pas celui des responsables américains. Il est seulement celui de leurs féaux européens qui devront se sacrifier pour que les américains restent "maître du monde". Voire la réflexion de Sarkozy rapportée récemment par Wikileaks, ainsi parphrasée,: "la France n'opposera jamais son veto à une proposition américaine". Très exactement,  le contraire de l'attitude adoptée par Chirac et De Villepin à propos de la guerre d'Irak. Si ce propos n'est pas un acte d'allégeance, de quoi s'agit-il alors ? Des puristes pourraient même se demander quelle est la faute commise par celui qui aliène, à l'avance, la liberté d'action de son pays. 

 

Conclusion, les méricains ont besoin d'une participation renforcée de leurs alliés, y compris sur le plan financier, une participation dont on assure, par avance la solidité. Il ne s'agit plus seulement de réadapter une organisation militaire, la plus puissante du monde. Il s'agit aussi d'une recomposition politique au profit des USA, à l'heure où les grands équilibres mondiaux sont remis en cause.

 

L'OTAN avait, à son "sommet" de Strasbourg,le 12 octobre 2009, Les 38 chefs d'Etat avaient désigné son nouveau secrétaire général, Andres Fogh Rasmussen, ex-premier ministre danois, aussitôt mandaté pour réunir un groupe d'experts pour, nous dit-on,  définir un nouveau concept stratégique. Le groupe commença ses travaux fin 2009, sous la présidence de Madeleine K.Albright, ex-secrétaire d'Etat  de Bill Clinton.   Il était, de ce fait, exclu que la conférence de Lisbonne puisse remettre en question le leadership américain, quel qu'en fut le prix. La conférence eut lieu à la date prévue. Les chefs d'Etat de l'Alliance dont Barack Obama et Sarkozy, y participèrent. Ses conclusions sont contenues dans un document de moins de 10 pages intitulé "Concept stratégique de l'OTAN" ( http//www.dsi-presse.com/?p=2576 ) .

 

On verra qu'ils décidérent, en notre nom, et pour longtemps, de relancer l'organisation.  Ils décidèrent de  l'adapter à de nouveaux types de menaces, terrorisme, cyber-attaques, piraterie maritime, agression contre les voies maritime qu'ils estimaient, pour eux, capitales,et ,surtout, l'Iran, présentée comme le pays contre lequel le monde entier devrait faire bloc. Ils décidérent aussi de tout faire pour attirer la Russie dans le camp de l'OTAN, sans jamais évoquer  l'Organisation de Coopération de Shanghaï qui associe poutant la Russie à la Chine, au titre de menbres fondateurs, et l'Iran, au titre de membre observateur.'cf. RPC 52).

 

En 1997, l'Otan et la Russie avaient créé le COR (Commission OTAN-Russie). Il s'agissait déjà d'associer le Russie aux travaux de l'OTAN. En 2006, les associés se   réunirent à Sofia et décidérent d'un certain nombre de priorités assorties de recommandations.²ééééééé

 

 

On peut donc considérer que la recherche d'un nouveau concept stratégique pour l'OTAN a un premier objectif, sinon disloquer l'OCS, du moins compromettre au maximum la Russie et tenter de l'associer suffisamment pour qu'une éventuelle guerre contre l'Iran devienne possible,  Elle aurait pour second objectif la nécessité, pour les USA, de rassembler sous leur commandement un maximum d'alliés  pour être en mesure d'attaquer l'Iran. Il y aurait d'ailleurs à s'interroger car il n'est pas certain que le but d'un conflit contre l'Iran soit le même pour tous les protagonistes. Les "durs" Israëliens, et sans doute certaines puissances arabes sunnites, voudraient une guerre préventive, ce  que confirme un certain nombre de documents  diffusés par Wileak .Ils seraient certainement prêts à la déclencher, dès maintenant . Elle pourrait faire de l'Iran un pays battu, meurtri, neutralisé,  devenant ennemi silencieux pour longtemps,  alors que barack Obama pourrait préférer une évolution qui fasse de l'Iran une république chiite, alliée, sur laquelle il pourrait s'appuyer.  On ne peut oublier, en effet, que l'Arabie Saoudite finançat longtemps El QaÏda, et qu'elle la finance toujours, peut-être, si l'on en croit  certaines révélations de la correspondance diplomatique  à laquelle je faisais plus haut référence. Dans cette hypothèse, les américains retrouveraient, pour leur plus grand bénéfice, un pétrole, dénationalisé bien entendu, auquel ils n'ont plus accès librement depuis  près de cinquante ans. Le Shah serait vengé. Mais...Souhaitons seulement que les républicains ne gagnent pas les futures élections présidentielles.  

Par liger - Publié dans : OTAN - Communauté : GEOPOLITIQUES MONDIALES
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