REPERES POUR COMPRENDRE L'ECONOMIE CONTEMPORAINE

Vous vous posez des questions sur l'économie, sur ses relations à la politique, sur le discours des candidats aux présidentielles, ou à d'autres élections, dans le domaine de l'économie, vous souhaiteriez comprendre l'actualité, de façon simple, les textes qui vous sont proposés peuvent vous aider.

Vous y trouverez des références, des définitions, et si vous posez des questions, des réponses.Alors, n'hésitez pas, posez vos questions. nous répondrons par l'intermédiaire de réponses flash et, surtout, de courtes synthèses périodiques.

A bientôt !

Bernard Liger

Jeudi 14 février 2008
DEBAT
 
REPERES POUR COMPRENDRE L’ECONOMIE CONTEMPORAINE
 
RPC 40 – février 2008
 
 
 TOUS NOS TEXTES SONT ACCESSIBLES SUR     http://economie-liger.over-blog.com
 
  
 LES MOTEURS DU SARKOZYSME 
 
 
 
 
   Difficile de traiter du Sarkozysme. Une philosophie ? Non. Une approche globale de la Société ? Non. Nous allons rassembler des éléments épars dessinant une image globale, sans doute discutable et incomplète, de ce que nous paraît être le Sarkozysme :   Continuité remarquable dans le domaine de l’économie, néo-libéralisme, à l’américaine, à la Bush. Une ambition sans limite. Capacité extraordinaire d’abriter ses objectifs derrière une pseudo-ouverture, dans toutes les directions à la fois, du Front National aux transfuges du Parti Socialiste, du Recteur de la Grande Mosquée de Paris aux autorités vaticanes … à la Scientologie et sectes diverses, sous couvert d’une « laïcité active ». Le Président est conscient du rôle joué par les évangélistes dans le soutien de son ami Bush. Il sait qu’elles sont puissantes, qu’elles se développent en Europe et que leur soutien serait pour lui une garantie de durée.
 
Le Président est un excellent général en chef. Ses objectifs sont précis mais dissimulés car il n’a jamais dit qu’il voulait mettre en place un néo-libéralisme à l’américaine avec l’aide éventuelle des scientologues. Il conduit son offensive de façon rigoureuse et continue (« allègement » du code du travail, réduction du service public, minage de la Sécurité Sociale…) et mène simultanément des opérations de diversion bien construites, chaque jour renouvelées, spécialement à l’approche des élections municipales, avec la complicité   de média et beaucoup de virtuosité. A noter que l’attitude des média évolue avec les sondages, à moins que les propriétaires de média ne s’inquiètent d’une inquiétante politique d’ouverture. Les média annonçaient, le 2 février 2008, simultanément, son mariage et la création d’une confédération de partis le soutenant, dont celui des transfuges de la Gauche !. On notera qu’à la même date, 41% de français seulement étaient satisfaits du Président. On pourrait comprendre l’inquiétude des patrons de presse comme Dassault, reste que mieux vaut sans doute, trois partis confédérés pour 41% de Français satisfaits, plutôt qu’un seul Parti lui accordant, aux présidentielles, prés de 57% des suffrages ! Mais   l’opinion peut se retourner. Les Français sont mécontents mais ni le Parti Socialiste, ni le Parti d’Olivier Besançenot ne sont actuellement en mesure de proposer un projet alternatif crédible.   
 
 
 
 
Depuis plus de trois ans déjà nous diffusons, au rythme d’une dizaine par an, des notes dites RCP numérotées de 1 à 40 à ce jour. Elles sont accessibles sur le blog dont l’adresse figure en tête de cette fiche. Elles étaient primitivement destinées aux étudiant d’un DESS, « Aménagement, Animation et Développement Local », de l’Université Paris 7 où nous intervenions. Il s’agissait de reprendre des concepts de base,   dans un langage aussi simple que possible. Celui des économistes est souvent difficile, avec des exceptions d’autant plus remarquables, Bernard Maris, Joseph Stiglitz….Beaucoup de personnes pensent que l’économie est réservée à une élite dont ils ne font pas partie. Nous pensons, au contraire, que les concepts de base sont compréhensibles du plus grand nombre pourvu qu’on veuille bien les présenter de façon compréhensible. Mais le veut-on ? C’est si commode de s’adresser à un électorat qui croit devoir faire confiance puisque incapable de comprendre. Que se serait-il passer si les français avaient pu comprendre que l’argument de campagne « travailler plus pour gagner plus » ne reposait sur aucune certitude scientifique ? C’est pourtant la cas. Il n’y a pas de relations simples entre le nombre d’heures travaillées dans l’année et les revenus. Nous y reviendrons Mais l’argument fut efficace auprès de ceux, notamment dans le monde des personnes âgées, qui pensent souvent que, jeunes, chômeurs et Rmistes, sont d’abord des paresseux (Voir dans notre RPC36 le pourcentage des français, par tranche d’âge, qui ont apporté leurs suffrages à l’actuel président).
 
 Nous n’avons pas voulu traiter trop tôt du Sarkozysme. On aurait pu nous reprocher, à juste titre, un procès d’intention. Huit mois après l’arrivée au pouvoir du nouveau président, on doit pouvoir tenter une interprétation. De toutes façons, il fallait que nous nous exprimions, sauf à paraître, plus ou moins complice d’un système aux antipodes de notre conception de la démocratie.
 
 
 Notre interprétation du Sarkozysme sera évidemment incomplète et critiquable. Elle peut néanmoins redonner de la cohérence à un ensemble de faits et de comportements dont les orientations fondamentales sont souvent peu lisibles, lorsqu’il promet , par exemple, de soutenir financièrement des groupes étrangers, par ailleurs bénéficiaires, alors que ses convictions libérales devraient l’inciter à ne pas intervenir. Le désordre apparent du Sarkozysme recèle néanmoins une orientation rigoureuse, la mise en place définitive d’un néo-libéralisme à l’américaine et la satisfaction d’une volonté de puissance qui fasse de lui, au pire l’égal de De Gaulle, au mieux, une bonne copie du Premier Consul ( voir la question du « Bonapartisme » dans Alternatives Economiques n° 265 .Incohérence encore :« J’irai chercher, disait-il à l’automne, le point de croissance qui manque ». On sait ce qu’il en advint. « Je serai le Président du pouvoir d’achat ». On sait, depuis sa conférence de presse du 8 janvier 2008 qu’il ne peut rien pouvoir faire et que la question du pouvoir d’achat n’est pas de son ressort. Notre déficit commercial atteindra, en 2007, 39 milliards d’euros, le plus haut niveau jamais atteint. Ce n’est plus son problème. La presse (cf. Le Monde du 29 janvier 2008) évoque de plus en plus souvent les contradictions internes au Sarkozysme et celles que l’on constate entre les promesses électorales et la situation réelle. Ce n’est pas la préparation des élections municipales à Neuilly qui masquera ces contradictions.
 
1 – Le Sarkozysme : Version française d’un néo-libéralisme à la Bush.
 
 On ne pouvait être à la fois maire de Neuilly-sur-Seine, l’une des communes qui refuse de construire les 20% de logements sociaux prévus par la loi, et s’afficher socialiste, écologiste ou même démocrates-chrétien. Il fallait bien qu’il fut libéral : Mais diversion : l’embauche d’un homme de l’Abbé Pierre, Monsieur Hirsch, pour mettre en place, plus tard, un revenu minimum d’activité, pour l’instant simple sujet d’expérimentation ! Il va chercher les électeurs de Le Pen en promettant d’agir efficacement contre l’immigration. Diversion, l’embauche de deux ou trois socialistes à la recherche d’une nouvelle carrière, et maintenant complices d’une politique conforme aux désirs de l’extrême-droite. Voir ce ministère de l’identité nationale ! Faut-il revenir sur ses relations, y compris familiales, avec ce que l’on nommait naguère le « grand patronat » et sur l’usage qu’il en fait (Yacht, avions, villégiature…). Se souvenir qu’on faillit avoir un Sarkozy à la présidence du MEDEF. Rien d’étonnant par conséquent que ses premières mesures, au cours de l’été 2007, aient porté sur des réductions d’impôts au profit des plus riches (bouclier fiscal, réduction de l’ISF..) et, dans un avenir proche, sur la suppression du recours au Droit Pénal lorsque des chefs d’entreprises commettront des fautes relevant aujourd’hui du Droit Pénal dans le cadre de leurs fonctions !
 
Le Sarkozysme incarne ouvertement les intérêts de ce qu’il faut bien appeler, faute de mieux, la classe dominante, celle qui détient le pouvoir économique et politique. L’histoire retiendra qu’il a redonné du sens à la lutte des classes, en s’efforçant, pour ce qui le concerne, d’opposer, non les riches aux pauvres, ce qui serait dangereux pour lui, mais ce qui lui laisse la plus grande liberté d’action, les salariés entre eux, les jeunes aux vieux, les fonctionnaires aux salariés du privé, les producteurs aux consommateurs… Comment donna-t-il satisfaction (provisoire) aux marins-pêcheurs ? En leur accordant une subvention payée par le consommateur, au risque d’opposer pêcheurs et consommateurs. Aux pêcheurs encore ? En promettant d’augmenter les quota de pêche au thon rouge, au mépris des conclusions des rencontres de Grenelle sur l’environnement, opposant ainsi pêcheurs et écologistes…et à la commission de Bruxelles. Aux salariés qui demandaient du pouvoir d’achat ? En promettant des heures supplémentaires, ce qui ne lui coûtait rien, mais allait opposer les salariés à leurs employeurs, seuls en droit de fournir ces heures. Voilà la façon dont fonctionne le Sarkozysme, tout promettre, donner quelques fois, mais avec l’argent des autres…le notre, au détriment, in fine, du pouvoir d’achat. Mais cela permet de garder le pouvoir sans remettre en cause le fonctionnement de l’économie, la mondialisation et la répartition des richesses.
 
Pourquoi s’en étonner ? le Sarkozysme est au service du néo-libéralisme tel que le pratique le complexe militaro-industriel aux USA. A titre de preuve : le « président », alors ministre des finances, avait confié à Michel Candessus( cf. nos fiches RPC20 et 21) ex-directeur général du FMI pendant 13 ans, contraint de démissionner en 2000, le soin de lui préparer un ensemble de recommandations. L’ordre de mission précisait:  « Eclairer pour les Français et leur représentation nationale les choix économiques et budgétaires à venir », c’est à dire ? lorsqu’il serait président. Elles furent rassemblées dans un rapport « Le Sursaut », publié en 2004 par la Documentation Française. Candessus ne faisait qu’adapter à la France les recommandations du Consensus de Washington, mises au point par la FED (la banque centrale américaine) et appliquées sans réserve par le FMI. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie et économiste en chef de Bill Clinton, dans son livre « La Grande Désillusion », montre comment la mise en œuvre de ces recommandations produisit désastres sur désastres en Amérique du Sud et en Asie, au point d’amener Candessus à démissionner. Toutes les mesures concernant le code du travail, l’amoindrissement de la couverture sociale, …figurent dans le rapport de Candessus au futur président ce qui illustre la filiation directe entre les intérêts de l’économie américaine, le développement du néo-libéralisme et la politique de notre actuel président. Une filiation solide, sans la moindre rupture.
 
 La façon dont le Sarkozysme envisage la question du travail et de la croissance renforce le sentiment de son alignement sur le néo-libéralisme mais aussi la contradiction évidente entre son discours à l’usage des média et la logique profonde de son action politique. « J’irai chercher, disait-il à l’automne, le point de croissance qui manque ». Ce fut sans doute un lapsus ! La croissance, mesurée par le PIB, est fonction de l’augmentation des revenus de toutes catégories. D’un point de vue néo-libéral, la croissance des revenus est affaire privée. On sait ce qu’il en advint. Après avoir affirmé « Je serai le Président du pouvoir d’achat », il devait à l’occasion de sa conférence de presse du janvier 2008, revenir à une position plus orthodoxe, d’un point de vue néo-libéral. Il affirmait alors que la question du pouvoir d’achat n’était pas de son ressort, ce qui ne l’empêchait pas d’ailleurs de mettre en place la commission Attali pour réfléchir à la façon de relancer la croissance, quitte, in fine, à refuser la mise en œuvre des recommandations susceptibles de déplaire, à la veille des élections municipales. Dans le même temps, notre déficit commercial pour 2007 atteint 39 milliards d’euros, le plus haut niveau jamais atteint ! …et la presse (cf. Le Monde du 29 janvier 2008) évoque de plus en plus souvent les contradictions internes du Sarkozysme, et celles que l’on constate entre les promesses électorales et la situation réelle.
 
 « Travailler plus pour gagner plus » affirmait-t-il. L’amélioration des conditions, de vie, l’augmentation du pouvoir d’achat sont, dit-il maintenant, affaires privées. Si vous ne travaillez pas davantage, vous ne pourrez pas vous plaindre, en particulier auprès du Président, propos repris dans des termes légèrement différents lors de la présentation de son plan pour les banlieues, le 8 février 2008. La question du pouvoir d’achat n’est donc plus l’affaire du Président, dès lors qu’il a montré le bon chemin . D’où ses injonctions aux salariés : Faites des heures supplémentaires, vendez vos jours de RTT, utilisez l’argent thésaurisé au titre de l’intéressement aux résultats de vos entreprise, éventuellement, différez l’âge de votre retraite . Ce n’est certainement pas ce que les salariés attendaient .
 
   On notera que le discours du Sarkozysme imprégné de cet individualisme si caractéristique du libéralisme, s’appuie sur des erreurs grossière. Il est faux de dire que l’on n’a qu’à « travailler plus pour gagner plus ». Les chefs d’entreprises savent bien qu’on ne travaille davantage que si les commandes croissent. Et sans commandes supplémentaires, pas d’heures supplémentaires ni d’embauches. Les salariés ne peuvent que subir. 
 
 Seconde erreur, il est faux de dire que les revenus et, notamment les revenus salariaux, sont proportionnels au nombre d’heures travaillées. Le tableau ci-dessous, dont on peut retrouver tous les chiffres sur internet (wipikedia) illustre cette erreur.
 
        Pays          Heures travaillés/an       PIB au sens du FMI(2003)              PIB en Parité Pouvoir
                                 Par salarié                            par habitant                            d’achat (2006)  
                                                                                  En dollar                                  En dollar
 
                                                                    
    Roumanie             1832                                           5633                                            9869
    Bulgarie                1816                                           3995                                            9799
    Estonie                 1840                                         12203                                          28216
    Pologne                1840                                           8890                                          14820
    Slovénie               1816                                          18610                                          23843
    Italie                     1672                                          31791                                          30732
   France                   1528                                          35404                                         30693
   Allemagne             1661                                          35204                                         31095
   Suède                    1676                                          43483                                         34409                                           
 
Le nombre d’heures par salariés tient compte des travailleurs à temps partiel et des heures supplémentaires, ce qui explique que, pour la France, le nombre d’heures travaillées par salarié soit inférieur à 1607- la durée légale, sans heures supplémentaires-.cat il y a beaucoup de temps partiel). En Suède, les travailleurs à temps partiel sont peu nombreux, ce qui explique le nombre d’heures annuelles. Rappelons que le PIB est le total des valeurs ajoutées et que la valeur ajoutée est le somme des revenus payés aux salariés, aux actionnaires, aux banques…
 
 On voit que le PIB, expression de la richesse nationale, quelle que soit la définition qu’on en donne, est sans rapport avec le nombre d’heures travaillées, même si les comparaisons internationales sont délicates. En Europe, ceux qui travaillent le plus sont souvent les plus pauvres. Le tableau pourrait être différent si l’on s’intéressait aux salaires car il ne rend pas compte du partage de la valeur ajoutée. A partir de ces données, on voit   que le discours du Sarkozysme, à usage médiatique, est très approximatif, et s’effondre lorsque l’on cherche à en vérifier les fondements.
 
 2 - Le Sarkozysme au service d’une ambition sans limite.
 
 Il est à peine nécessaire de développer ce point tant il est patent : Prise de partie pour Baladur contre Chirac, ministre de Chirac, quitte à renier l’héritage, prise de pouvoir à l’UMP, alliance de fait avec le FN,..Pour le Sarkozysme, le thème de la « rupture » illustre la façon dont il sert ses ambitions. Pour être le premier, impossible d’être seulement le continuateur de ses prédécesseurs. Le peuple doit être persuadé qu’avant lui rien ne fonctionnait plus. D’où le thème du déclin largement développé avant son accession au pouvoir par ceux qu’on a appelés les « déclinologues » dont le plus connu est sans doute Nicolas Baverez (cf. « La France qui tombe : Un constat clinique du déclin français »     Perrin, 2002) . Avec le Sarkozysme, la France va se redresser grâce à la rupture, rupture à multiples facettes, la rupture au service d’une ambition.
 
-         Rupture avec Chirac, dès la candidature de Baladur à présidentielle de 1995,
 
-         Rupture avec De Villepin dont il restait néanmoins ministre (il se prononce contre le CPE décidé par De Villepin), rupture qui a généré, sans doute, l’affaire « Clear Stream », dont on ne parle plus beaucoup !
 
-         Rupture avec la politique étrangère de Chirac. Il se rend pendant sa campagne électorale aux USA et assure Bush de sa collaboration. Il s’engage contre l’Iran, avec Israël, et décide de créer, à l’occasion de son visite de janvier 2008 au roi d’Arabie, une base militaire française en Arabie Saoudite, face à l’Iran, prenant sans doute pour la France, que les iraniens aimaient bien, des risques considérables.
 
-         Rupture avec la laïcité à la française, à l’occasion de sa réception par les autorités vaticanes à Saint Jean de Latran. Sarkozy, rompant avec les politiques de ses prédécesseurs, » allège  le suivi des activités de la scientologie. Plus tard, il reçoit à Bercy Tom Cruise, scientologue de premier rang. Dans son livre sur les religions, Sarkozy explique qu’il faut différencier les sectes des « nouveaux mouvements spirituels », étiquette précisément revendiquée par la scientologie. En fait, une double rupture : Première rupture, rompre avec la laïcité « passive » au profit d’une laïcité « active ». Seconde rupture, réhabiliter une partie au moins des sectes. Devant le Pape, il a , bien entendu, expliqué comment il préférait, en matière de morale, le prêtre à l’instituteur, en omettant de dire comment sa nouvelle conception de la Laïcité préparait la réhabilitation de sectes dont la scientologie qui ont fortement soutenu Bush.Noter qu’il « précise qu’à ses yeux, l’utilité sociale de la religion correspond à un besoin de consolation, rejoignant ici Marx pour lequel la religion était « l’opium du peuple » (Joël Roman, rédacteur de la revue « Esprit » dans « La Croix » du 18 janvier).
 
-         Rupture entre un système de Protection Sociale fondé sur la solidarité entre Français et le système libéral et individualiste vers lequel il nous conduit par touches successives, complément d’honoraires non remboursables( 1 euro par consultation), taxe sur les boîtes de médicaments, tolérance forte pour les honoraires non autorisés, notamment par les chirurgiens des cliniques privées, annonces discrètes mais répétées de l’intérêt de retraites par capitalisation, hypothèse faite par la Commission Attali de prestations sociales modulées, mise en place d’une gestion hospitalière favorable aux cliniques privées avec une facturation à l’acte qui, par construction, met les hôpitaux publics en difficulté…
 
-         Rupture avec la tradition républicaine d’un président, président de tous les français, remplacé par un président partisan, gouvernant directement au profit de ses amis et notamment ceux du monde économico-financier.
 
 On pourrait continuer. C’est inutile : Toutes ces ruptures masquent ou résument la grande « rupture » qu’il veut promouvoir, entre une France solidaire et laïque, issue de la Révolution française, de la loi de 1905 et du Programme Nationale de la Résistance, et la France qu’il veut construire, un grand marché et le triomphe qu’il voudrait définitif d’un néo-libéralisme à l’américaine. S’il réussit, et il en a la volonté, son triomphe ferait, pense-t-il, de son règne l’équivalent, au pire, du Second Empire, au mieux du Consulat ! Son ambition personnelle le place au centre d’une contradiction permanente car sa volonté de puissance le pousse sans cesse à prendre des décisions qui ne sont pas d’essence néo-libérale. Elle pourrait laisser la porte ouverte à un « consulat » de gauche, à moins que la pression du patronat et de la Commission européenne ne le pousse à promettre sans pouvoir respecter ses promesses. Voir ses promesses aux salariés d’Arcelor-Mittal, en février 2008. La France doit garder ses usines ! L’Etat s’engagera financièrement si Arcelor-Mittal, pourtant largement bénéficiaire, décide de maintenir le site de Hagange, proximité, sans doute, des élections municipales !
 
 A l’appui de notre thèse, lire le document du Parti socialiste, dont la rédaction a été coordonnée par Eric Besson, avec pour titre « L’inquiétante rupture tranquille de Monsieur Sarkozy » , avec le commentaire suivant « Les français sont-ils prêts à voter en 2007 pour un néo-conservateur américain à passeport français ? » Chacun sait ce qu’est devenu Eric Besson, passé au service du néo-conservateur américain !
 
 
   3 – Le Sarkozysme : Des diversions permanentes.
 
   Le président est un bon stratège. Il sait bien que les Français ne sont pas les plus fidèles partisans du libéralisme à l’américaine. S’ils l’avaient été, ils auraient massivement voté le traité de Constitution Européenne, en 2005. Ils auraient désapprouvé les prises de position de Chirac sur l’Irak…Il mène par conséquent bon train son offensive néo-libérale tout en organisant, via les média, un ensemble de diversions sans rapport évident avec ses objectifs. Ce fut d’abord l’ouverture, en exploitant les ambitions (Besson, Kouchner, Fadela Amara, Attali) ou la naïveté (Hirsch) de quelques femmes et hommes de gauche, quitte à les laisser s’enferrer dans d’impossibles missions où leur liberté d’action n’est qu’apparente et soigneusement contrôlée. Voir Kouchner au Liban et ses multiples interventions. Voir l’envoi de nos troupes constituant l’essentiel d’un corps européen, si cet envoi se réalise, sur la frontière soudanaise. Voir Ingrid Betancourt qu’il disait ramener dans ses foyers pour Noël 2007!  Ces diversions s’avèreront sans doute de plus en plus difficiles à gérer pour l’UMP dont les élus semblent incommodés, et le terme est faible, par le poids de pièces rapportées mal ressenties par leurs électeurs.
 
 Diversion ses positions affichées à propos de la Banque Centrale Européenne qu’il faudrait contrôler. C’est effectivement l’une des questions posées par beaucoup d’adversaires du Traité de Constitution Européenne. Mais dans le même temps, il fait approuver sans référendum le traité de Lisbonne qui consacre la place et les missions de la banque centrale Européenne.
 
 Diversion ses visites et discours aux personnels d’entreprises en voie de fermeture et/ou de délocalisation. Il sait que la Commission européenne s’opposera à l’intervention de l’Etat français mais conditionnera sans doute l’intervention proposée à l’acceptation par le personnel des concessions importantes en terme de salaires, de temps de travail …
 
 Diversion ses prises de position d’ailleurs anciennes sur les questions religieuses. Pendant qu’une partie de l’électorat conservateur, de tradition catholique, se réjouit, La ministre de l’Intérieur revient sur la politique prudente menée par les gouvernements précédents et esquisse une ouverture en direction du monde des sectes , comme chez Bush.
 
   Enfin diversion toujours, l’exposition de sa vie privée dans les média. 
 
Notre conclusion : Le Sarkozysme a deux moteurs, le néo-libéralisme à la Bush et une ambition personnelle démesurée. Il connaît bien le pays et sait manœuvrer les média dont la mission paraît être, non d’informer, mais de dissimuler ses manœuvres en vue d’assurer le triomphe du néo-libéralisme. Le risque d’une contradiction profonde entre l’inspiration néo-libérale et l’ambition du pilote qui pourrait faire de lui un interventionniste inconséquent fera problème. Une question : Pourquoi dit-il qu’il fera appel à deux prix Nobel, Joseph Stiglitz, américain, et Amartya Sen (indien), tous deux plus proches des alter-mondialistes que des néo-libéraux, pour lui proposer de nouveaux indicateurs de croissance, qui existent déjà ? Pourquoi ne pas recourir à des économistes français ? C’est l’ultime diversion. Mais c’est aussi, peut-être, la préparation d’un rapprochement avec une Présidente Clinton. Stiglitz fut l’économiste en chef du Président Clinton. C’est peut-être aussi, misant sur la grande faiblesse du Parti Socialiste, l’amorce d’un vaste projet en direction de la Gauche Française,…au cas où les grands patrons ne supporteraient plus ses mauvaises fréquentations !
 
Conclusion de la conclusion, le dernier paragraphe du rapport préparé par Eric Besson, encore élu socialiste, aujourd’hui passé au Sarkozysme : « Il (Sarkozy) se prétend porteur d’une ambition pour la France mais ne vise qu’à satisfaire sa boulimie de pouvoir et sa volonté de puissance. Il se dit déterminé mais se révèle pur opportuniste. Il se prétend franc et direct, il est cynique et calculateur…..Voilà cinq ans que Nicolas Sarkozy trompe et abuse les français ».
Par liger - Publié dans : sarkozysme
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Samedi 1 décembre 2007

DEBAT

 

REPERES POUR COMPRENDRE L’ECONOMIE CONTEMPORAINE

 

RPC 39 –  novembre 2007

 

 

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  Les conditions d’une rénovation du FMI  ? 

 

 

 

Notre précédent  envoi concernant l’arrivée de Dominique Strauss-Khan à la direction du FMI a provoqué des réactions. On demandait par exemple pourquoi douter de l’intérêt d’un FMI rénové au profit des pays   émergents. Dans le même temps, la presse, et notamment « le Monde », abordait à plusieurs reprises la question des « fonds souverains » détenus par des Etats riches, souvent des puissances pétrolières ou des Etats bénéficiant d’excédents commerciaux importants. D’aucun y voyait une menace pour l’occident mais les journalistes  ne mettaient généralement pas en évidence le lien sous-entendu entre cette menace et les institutions issues des accords de Bretton Woods, FMI et  Banque Mondiale.

 

Les   observations qui suivent devraient permettre au lecteur de se faire une opinion sur la question de l’opportunité et de la légitimité de la reconstruction du FMI sachant que le monde a beaucoup changé depuis les accords de Bretton Woods. Les USA venaient de sortir grand vainqueur de la seconde guerre mondiale. En dépit de leurs énormes moyens techniques et financiers, ils ne sont pas capables, aujourd’hui, de sortir vainqueurs des conflits régionaux dans lesquels ils s’enferrent chaque jour davantage. Ils étaient, au lendemain de la seconde guerre mondiale créditeurs de tous leurs alliés. Les perdants eux-mêmes le Japon et de l’Allemagne, ayant besoin d’eux pour leur reconstruction. Les USA sont aujourd’hui très  endettés et ne peuvent continuer de l’être que du fait de la place du dollar, monnaie de référence absolue, imposée par eux dans le cadre des accords de Bretton woods. La question qui se posera inévitablement à un FMI rénové sera celle de la place privilégiée du dollar dans l’économie mondiale. Là dessus, DSK n’a pas été très disert. On le comprend d’ailleurs !

 

 

 

1 – Le monde a changé : Les USA ne sont plus ce qu’ils ont été.

 

Un Etat en difficulté, voire en rupture de paiement avait, au cours des décennies précédentes, la possibilité  de s’adresser au FMI,  s’il ne pouvait pas honorer ses créanciers. C’était, en quelque sorte, la spécialité du FMI. S’il s’agissait de besoins financiers liés à son développement, il pouvait s’adresser à la Banque Mondiale. Les USA contrôlaient, de différentes façons, ces deux dispositifs, qui jouaient, on reviendra sur cette question, en faveur de leurs propres intérêts. Ils exploitaient, là, leur position de créancier vis à vis de tous les pays qui avaient dû, au cours de la seconde guerre mondiale et après, recourir massivement à leur aide.  .

 

Dans ce cadre là, le FMI et la Banque Mondiale, produits  des accords de Bretton Woods, créés à l’initiative des USA, disposaient d’une légitimité certaine, celle du vainqueur devenu créancier de la plupart des grands Etats de la planète. On peut, bien entendu, se scandaliser de la façon dont les USA se sont organisés, dès 1941, pour exploiter sans scrupules, l’avantage que leur conférait leur position de sauveur. Ils étaient alors les plus riches, les plus puissants, les seuls à pouvoir  s’opposer à l’URSS. Nous n‘avions pas d’autre possibilité que d’accepter les conditions imposées. Le Général de Gaulle est, à cet égard, l’un des seuls politiques à avoir senti les risques d’une telle situation et à avoir refusé une partie des contraintes (la France refusant, à la Libération, la mise en place d’une administration militaire US et sortant, plus tard, de l’appareil militaire de l’OTAN).

 

Au début de ce troisième millénaire, la situation a fortement évolué. Les USA dont le comportement est resté hégémonique, conservent, sur le plan militaire et économique, une puissance, surtout militaire d’ailleurs, incontestable (mais dont l’efficacité reste à prouver). Sur le plan financier, le poids de leurs dettes vis à vis de leurs créanciers extérieurs, notamment le Japon et la Chine, est considérable. Mais les Etats-Unis ne se posent pas à l’égard de ces dettes les problèmes de conscience que se posent les pays de l’union Européenne. Sur le plan géopolitique, chacun peut aujourd’hui constater qu’ils ne sont plus capables, en dépit de leur puissance, de gagner les conflits régionaux dans lesquels ils se sont engagés. Ils ne pourraient non plus sans dommages faire face à des demandes de remboursement de leurs dettes. On pourrait se retrouver dans une situation comparable à ce qu’elle avait été, dans les années soixante-dix, lorsqu’un certain nombre de détenteurs de dollars avait  demandé la conversion de ces dollars en or, ce qui avait conduit le Président Carter à décider de l’abandon de la convertibilité du dollar et, du coup, modifié profondément les finalités et méthode d’intervention du FMI.

 

Un certain nombre d’Etats disposent maintenant de fonds importants, les « fonds souverains », dont ils peuvent disposer en toute liberté, sachant qu’aucun Etat ne distribue des fonds de l’importance de ceux qui sont en jeu sans visée politique. Et ces visées, souvent, ne vont pas dans le sens de ce que voulaient les USA en créant le FMI. C’est le cas de la Chine qui aide actuellement un certain nombre de pays africains à se développer, sans poser de conditions politiques. Les pays occidentaux acceptent mal l’apparition de puissances financières qu’ils ne contrôlent pas et qui sont tout à fait en mesure de se substituer au FMI ou à la Banque Mondiale. Au total, la situation des USA dans le monde a objectivement changé. Une éventuelle rénovation du FMI (et de la Banque Mondiale),pour être légitime, devrait en tenir  compte.

 

2- Les objectifs du FMI sont-ils toujours légitimes ?

 

    21 – Une première approche, à partir des objectifs statutaires du FMI

 

          Pour répondre à la question, on pourrait s’en tenir à l’article 1 des statuts du FMI qui indique que sa priorité doit être de contribuer à  l’instauration et au maintien de niveaux élevés d’emploi et de revenus que DSK, lors d’une conférence le 1ier octobre dernier, précisait de la façon suivante « promotion de la croissance, du plus haut niveau d’emploi, du commerce international, et pour cela garantie de la stabilité financière. Comment ne pas être d’accord ? Mais l’aide du FMI, pour réaliser l’objectif statutaire, fut, depuis au moins trente ans, contrainte par les conditions dites du Consensus de Washington. Les Etats trop endettés vis-à-vis de leurs créanciers extérieurs ne pouvaient obtenir l’intervention du FMI qu’en acceptant les règles du néolibéralisme, sensées adaptées à toutes les situations, de l’Argentine à l’Indonésie, du Niger au Mexique ou à la Corée du Sud: Obligation d’admettre la libre circulation des capitaux, d’ouvrir leurs frontières, de mettre en place des programmes d’économie drastiques au détriment des services publics, santé, école, ..de produire ce qui pouvait s’exporter, souvent au détriment de l’auto-suffisance alimentaire. On a rappelé dans la fiche précédente comment cette façon de procéder avait détérioré la situation de beaucoup de pays, comment elle avait été combattue, aux USA même, par d’éminents économistes, et d’abord Joseph Stiglitz, ex-président du conseil des experts économiques du Président Clinton qui écrivait dans « La Grande Désillusion » (Fayard, 2002),p.162 : « Le FMI…a inspiré des combats de rue dans le monde entier lorsque ses plans ont supprimé le soutien aux prix alimentaire », essentiellement sous la conduite de Michel Candessus, que Sarkozy a fait, ensuite, travailler à son profit (cf. « le sursaut »), la Documentation Française, 2004.

 

La Chine, qui reste un Etat socialiste, avait refusé la démarche néo-libérale du FMI et pris, directement, les conseils de Joseph Stiglitz pour mettre au point sa politique de développement. Elle n’a pas connu les crises traversées par bien des pays émergents et dispose maintenant des moyens qui lui permettent d’intervenir, en Afrique par exemple, sans avoir à passer par le FMI ou l’OMC. Sous le titre « le Niger aime la Chine »,le Monde du 24 octobre dernier rendait compte des prises de position du groupe des 29 pays les plus endettés aux assemblées du FMI et de la Banque Mondiale. Ali Mahaman Lamine Zeine, ministre des finances du Niger et président du groupe des 29, déclarait « même quand un pays n’a plus de dettes, comme le mien, il a encore besoin de beaucoup d’argent pour faire reculer la pauvreté et améliorer le niveau de vie de la population ( ce qui renvoie aux objectifs du FMI), …nous n’avons pas, comme d’autres, une peur bleue des chinois avec lesquels nous travaillons de longue date. Je peux même dire que c’est le seul de nos créanciers qui nous a octroyé des prêts à taux zéro…de plus la Chine parle en milliards de dollars quand les donateurs occidentaux comptent en millions ». Une façon pour les 29 pays les plus endettés de délégitimer le FMI et sa démarche néo-libérale

 

 Si l’objectif principal du FMI conserve une apparence de légitimité en faisant référence au développement et à l’équilibre budgétaire de s’imposer, l’outil de réalisation de l’objectif, le consensus de Washington, ne peut plus être considéré comme légitime. Son utilisation systématique exclusive a provoqué trop de malheurs. Elle est  décalée par rapport aux conceptions actuelles des économistes, dits de la régulation, qui nient l’existence d’un modèle économique applicable partout et toujours, et notamment d’un modèle néo-libéral de valeur universelle. Certains des propos de DSK laissent  penser qu’il pourrait partager  une partie au moins des thèses régulationistes actuelles.  Pour être légitime, la réforme que DSK dit vouloir promouvoir devrait donc libérer le FMI des contraintes du Consensus de Washington et de la référence universelle au dollar. Le FMI ne devraient  plus inscrire ses interventions  dans  le cadre de la promotion du néolibéralisme. Il doit admettre qu’il n’y a pas de solution générale aux problèmes du développement. A ce prix, la rénovation du FMI pourrait trouver une certaine légitimité. Mais cette condition n’est pas suffisante.

 

     22 – Une autre approche partant des intentions américaines avant la signature des accords de Bretton Woods.

 

On ne peut pas apprécier la légitimité d’une organisation de ce type sans prendre le recul suffisant pour discerner les intentions des promoteurs. C’est Keynes qui, trois mois avant Pearl Harbour, rédigea le premier projet d’Union Monétaire Internationale. Il était  obsédé par l’impréparation des alliés, en 1918, en matière de monnaie et d’économie. Il considérait, à juste titre, que cette impréparation  était à l’origine des désordres de l’après guerre, de la crise de 1929 et, finalement de la montée du nazisme et de la seconde guerre mondiale. Il estimait que la question de la monnaie était fondamentale : Il fallait, selon lui, abandonner l’étalon-or, générateur de tendances déflationniste et ne pas imposer l’ étalon dollar. Il préconisait la création d’une monnaie indépendante du dollar qui aurait constitué la référence absolue. 

 

 Pour les USA, il s’agissait de mettre en p)lace une organisation qui conforte leur hégémonie et facilite le développement de leurs multinationales. Ils imposèrent l’étalon dollar, initialement convertible référence au seul dollar, initialement convertible or. Keynes avait perdu cette bataille. Il fut écarté de la commission qui créa  le FMI  et installé dans celle qui créa la Banque Mondiale. Alain Minc, dans son livre intitulé « Une sorte de diable, la vie de John M. Keynes » paru chez Grasset en 2006, consacre un assez long développement aux circonstances historiques dans lesquelles furent créés le FMI et la Banque Mondiale. Autant la stabilité monétaire, hantise de Keynes, est effectivement un objectif important, autant les modalités imposées par les américains au FMI par les accords de Bretton Woods, et notamment l’étalon dollar, manquent aujourd’hui de légitimité. En 2007, l’argumentation de Keynes retrouve toute sa valeur.

 

Depuis peu de mois, les débats ouverts à propos des « fonds souverains » obligent néanmoins à reconsidérer l’ensemble du débat et à situer la refondation du FMI dans de nouvelles perspectives.

 

3 – « Fonds souverains ».

 

Un fonds souverain est un fonds qui appartient à un Etat qui peut s’en servir de différentes façons : aider un autre Etat trop endetté pour faire face à ses obligations vis-à-vis de ses créanciers, et notamment ses créanciers extérieurs, engager des opérations de développement comme il est dit dans l’article un des statuts du FMI, pratiquer des investissements directs en rachetant ou en entrant dans le capital d’entreprises jugées intéressantes, comme la Russie ,à hauteur de 5,6%, et un fonds des Emirats, à hauteur de 3 ,12%, dans le capital d’EADS… pendant que Lagardère, l’ami de Sarkozy, se désengageait. Les libéraux considèrent, en principe, le marché des capitaux comme n’importe quel autre marché, libre et concurrentiel. A ce titre, les opérations réalisées par ces fonds souverains devraient être parfaitement compatibles avec le marché des capitaux.

 

Pourtant, les USA, lorsque qu’une compagnie du GOLF a voulu investir dans la gestion de plusieurs ports américains et lorsque qu’une autre compagnie du même type a voulu acheter une compagnie pétrolière  américaine, Engela Markel, lorsque certains fonds ont voulu acquérir des sociétés  qu’elle considérait comme stratégiques, plus tard, Monsieur Junker, luxembourgeois président de l’euro-groupe (groupe des ministres des finances de l’UE) , puis le président de la commission européenne, ont tous , soit pris des mesures d ‘autorité pour empêche ces acquisitions, soit, pour les deux derniers, suggéré que l’UE se dote de règles protectrices. On comprend bien , à partir de ces exemples récents, que le libéralisme n’est que l’enveloppe théorique d’un système économique américain et européen qui ne fonctionne que dans un sens. Dans ce système, la mission du FMI, l’histoire des crises asiatiques et russes le montre à l’évidence, avait pour mission non déclarée mais bien réelle d’assurer aux créanciers occidentaux des pays en émergents le remboursements des sommes prêtées. Là encore les règles du libéralisme théoriques étaient ignorées car le fonctionnement normal du marché voudrait que le prêteur imprudent soit sanctionné par le marché et perde tout ou partie de ses apports. On voit bien, là encore, que le FMI a servi par ses interventions à protéger les prêteurs imprudent. Une étude plus détaillée montrerait que dans un certain nombre de cas ses interventions n’avaient que ce seul but.

 

Quelle est l’importance des  « fonds souverains » ? (réf.wipikedia du 11/11/2007)

 

D’après le FMI , les fonds souverains représenteraient actuellement 2 900 milliards $. D ‘après les banques Morgan Stanley et Standard Chartered, les fonds souverains disposeraient d’actifs s’élevant à 2 200 milliard $,soit 13% du marché des actions, obligations et dépôts bancaires. Ils pourraient atteindre 12 milliards en 2015. Jean Arthuis qui conduisit sur ce thème une mission d’enquête parlementaire française dans les pays du Golf persique les chiffre à 4000 milliards (Marianne du 11/11/2007).

 

  Pour ce qu’on en sait,

 

     -     Abu Dhabi Investment Authority,                                         625 milliards $

     -    Government Pension Fund Global(Norvège)                       322 milliards $

-          Government of Singapore Investment Corporation,           215 milliards $

-          Reserve Fund for futur Generation(Koweit),                       213 milliards $

-          China Investment Corporation,                                           200 milliards $

-          Temasek Holding, Singapore,                                            108 milliards $

-          Oil Reserve Fund, Lybie,

-          Fonds de régulation des recettes, Algérie,

-          Qatar Investment Authority

-          Caisse des dépôts et consignation, France,                         80 milliards $,

-          Fonds de réserve pour les retraite (France),

-          Le fonds des Emirats Arabe Unis qui regroupe sept Etats, création annoncée le 12/11/07. Dotation inconnue.

 

Par ailleurs, au cours de ce mois de novembre 2007, sept  pays d’Amérique du Sud, Brésil, Argentine, Vénézuela, Bolivie, Equateur, Uruguay, Paraguay, viennent de manifester leur intention de s’affranchir de la tutelle du FMI et de la Banque Mondiale en créant « la Banque du Sud » qui devrait fonctionner dès 2008.La Colombie, pourtant gouvernée à droite, a rejoint les sept créateurs.

 

Enfin, au cours de l’Assemblée générale de l’OPEP qui vient de se réunir, le Vénézuela et l’Iran ont posé à nouveau la question d’une cotation  du pétrole dans une monnaie autre le dollar, proposition ressentie comme une agression pour les anglo-saxons.  L’édition du 20 novembre du Wall Street Journal s’inquiète de ces velléités d’autonomie monétaire, rappelant cependant que le Koweit est passé cette année d’une indexation stricte du prix du pétrole sur le dollar à une indexation sur un panier de devises. Le FMI avait naguère créé un précédent en créant sa propre monnaie, les Droits de Tirage Spéciaux. Dont l’utilisation est restée limitée.

 

Ces quelques informations concernant un domaine qui évolue illustre le fait que les organismes issus des accords de Bretton Woods ont vieilli et que  la question de leur modernisation se pose dans un contexte différent de  celui de 1944. Un retour aux propositions de Keynes serait un  élément de solution, à condition qu’il soit possible de recréer un espace d’intervention qui le justifie, sans ouvrir, pour autant de nouvelles possibilités de conflits entre une zone dollar et d’autres zones.

Les occidentaux, USA et UE, paraissent très inquiets de la percée des fonds souverains. Ces fonds se situent dans un contexte qui n’est plus celui de la mondialisation libérale, ni même de l’économie libérale puisqu’ils sont les outils dont disposent des gouvernements divers pour acquérir, où qu’elles soient, les entreprises qui leur paraissent intéressantes, spécialement dans le domaine des technologies de pointe. Ils sont aussi des outils permettant à leurs propriétaires, des Etats, d’élargir leur champ d’influence. La façon dont la Chine procède en Afrique est à cet égard  éclairante.

 

Les américains ont pris des mesures non libérales pour éviter l’achat d’une de leurs compagnies pétrolières par des fonds chinois et l’installation d’une société du Golf Persique comme gestionnaire de plusieurs de leurs ports. La chancelière Angela Merkel demande à l’Europe de se protéger contre le rachat de sociétés européennes par les fonds souverains et envisage de renationaliser sa compagnie de télécommunication Deutsch telekom pour éviter son rachat par des fonds souverains. Les institutions européennes envisagent même de reconstruire des barrières destinées à protéger leurs industries stratégiques. En clair, les occidentaux disaient oui à la mondialisation libérale, dominée par la finance, tant que l’expansion des marchés lui étaient favorable et qu’ils pouvaient en contrôler l’évolution. Avec l’apparition des fonds souverains, la tendance est au retour d’une certaine forme de protectionnisme peu compatible avec un FMI en reconstruction.

 

 Conclusions : le monde a changé et les USA ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils ont tellement abusé de leur hégémonie en imposant au FMI les contraintes du Consensus de Washington, que le monde, notamment l’Asie et l’Afrique, a tendance à se réorganiser sans les occidentaux, comme l’a montré la réunion, en 2006, à Pékin, de la quasi totalité des Etats africains, comme le montre la tentative de huit Etats d’Amérique du sud de création d’une banque du sud. La reconstruction du FMI, pour être légitime, et acceptée par les 185 Etats membres supposerait, au minimum,  qu’il ne soit plus le véhicule de l’hégémonie américaine : Abandon du Consensus de Washington et de la référence dollar. A cet égard, la localisation du siège du FMI à Washington lui est symboliquement défavorable.

 

Elle suppose ensuite qu’il recentre son activité sur ce qui était la préoccupation première de Keynes, la stabilité financière du monde.  Les solutions ne sont pas évidentes. Il y faudra sans doute  des  années (voir la façon dont l’OMC, elle aussi dirigée par une personnalité proche des socialistes français, ne parvient pas à conclure le cycle de Doha). L’apparition des « fonds souverains » et les projets de désindexation des prix du pétrole sur le dollar créent les conditions d’une véritable guerre économique dans la mesure où les pays occidentaux auront beaucoup de mal à accepter la perte de leur   suprématie, et d’abord les USA.

 

Michel Aglietta écrivait  dans « Théorie de la régulation des savoirs », p.103,« Le renouveau d’un rôle monétaire global pour le FMI, conformément  à la visée de ses fondateurs mais dans un environnement géopolitique complètement transformé, devrait-il finir par s’imposer si le fonds recevait une mission de son assemblée générale pour explorer les moyens et les critères de surveillance multilatérale des taux de change, ce serait peut-être le point de départ d’une réforme réaliste du système monétaire international.  Elle ouvrirait la voie à un système destiné à régulariser une économie véritablement mondialisée »(1).

 

Michel Aglietta, s’il  pose ainsi,  la condition globale d’une réforme du FMI, ne se prononce pas sur la faisabilité de l’opération. Il indique seulement qu’une réforme du FMI passe par une mission de surveillance des taux de change qui permettrait de donner l’alerte en cas de crise naissante mais ne va pas jusqu’à lui confier une mission d’intervention directe.

 

Joseph Stiglitz aborde, lui aussi,  dans les derniers chapitres de la « Grande Désillusion », et, notamment P.292 et 293 , la même question : «  le changement le plus fondamental qui s’impose pour que la mondialisation fonctionne comme elle devrait, c’est celui de son mode de gouvernement. Il faut transformer le système des droits de vote au FMI et à la Banque Mondiale et réformer l’ensemble des institutions financières internationales. Ces changements ne seront pas simples. Il est fort peu probable que les USA  renoncent à leur droit de veto, de fait, au FMI ou que les pays industriels avancés réduisent le nombre de leurs  voix pour que les pays en développement puissent en avoir davantage ».

 

Résumons : la réforme du  FMI, sans doute souhaitable,  devrait, pour être légitime, au moins,

 

-          Accepter une réorganisation du FMI comportant  une nouvelle répartition des droits de vote au détriment des pays membres du G7,

-          abandonner l’ensemble des conditions du Consensus de Washington,

-          renoncer à la référence unique au dollar,

-          accepter l’idée qu’il n’y a pas une seule organisation possible de l’économie,

-          imaginer de nouvelles formes de coopération avec d’autres organismes financiers internationaux, dont les Etats détenteurs de fonds souverains,

-          accepter de limiter son action initiale à la mission évoquée par Michel Aglietta

      pour avoir le temps de redonner aux institutions des objectifs acceptables par l’ensemble de la communauté internationale.

 

Sous ces conditions, le projet de DSK pourrait avoir un sens. On peut penser qu’il est prêt à prendre à son compte une partie de ces contraintes. Mais est-il en situation de convaincre les USA à renoncer au projet qu’il formait initialement pour le FMI ? Peut-être, mais la démonstration reste à faire. L’arrivée des démocrates à la présidence des USA en 2008 peut faciliter une évolution mais démocrates et républicain ont toujours défendu des  thèses très voisines chaque fois que l’hégémonie de leur pays était mise en cause. Il y a peu de chances pour que cela change.

 

 

 

 

 

 

 

(1) « Théorie de la régulation.  Etat des savoirs »,P.103,La découverte 2002.

  

 

 

Par liger - Publié dans : strauss-kahn
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Samedi 13 octobre 2007
DEBAT
 
REPERES POUR COMPRENDRE L’ECONOMIE CONTEMPORAINE
 
RPC 38 – octobre 2007
 
Dominique Strauss-Kahn au FMI,
Pour quoi faire ?
 
 
A l’issue d’un précédent congrès, au mois de septembre dernier, François Hollande déclarait que le parti Socialiste n’avait pas de problème avec le « marché » mais seulement avec la « mondialisation ». Quelques temps plus tard, on apprenait (mais les initiés le savaient depuis un certain temps) que Dominique Strauss-Kahn, le champion de la sociale-démocratie, faisait acte de candidature à la direction du Fonds Monétaire International (FMI), outil essentiel au développement de la mondialisation libérale, financière d’abord. On s’apercevait alors que tous les pays de l’Europe, globalement libérale, et les USA soutenaient sa candidature. Elle était même, au nom de ses compétences, fortement appuyé par le président Sarkozy, dont un conseiller privilégié avait été Michel Camdessus, lui-même ancien président du FMI. Rappelons, pour que le tableau soit complet, que Pascal Lamy, lui aussi proche du Parti Socialiste, ancien collaborateur de Jacques Delors, est depuis mai 2005, Directeur Général de l’Organisation Mondiale du Commerce, autre outil fondamental de la mondialisation libérale. Certes, l’un comme l’autre disent vouloir transformer ces institutions au profit des pays émergents. Est-ce crédible ? Des évolutions sont-elles possibles ? Suffit-il que des socialistes français prennent les commandes de la mondialisation libérale pour qu’elle puisse évoluer dans une perspective tant soit peu socialiste, voire simplement sociale ? On ne demanderait qu’à en être convaincu !
 
 TOUS NOS TEXTES SONT ACCESSIBLES SUR     http://economie-liger.over-blog.com
 
Depuis que la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la direction du FMI mobilise les européens et les USA, les média ont donné la parole à maintes personnalités, dont l’intéressé, qui chacun à son tour, a donné des informations sur cette institution, ses missions et ses mérites. Soucieux de présenter cette nomination comme un succès, comme un honneur même, l’intéressé, son Parti, Sarkozy et bien d’autres, n’ont généralement fourni qu’une information incomplète mettant l’accent sur la nécessité de reconstruire le FMI et sur l’apparente unanimité, ou presque, réalisée autours du candidat, à l’exception notable de la Russie qui poussait un candidat d’Europe Orientale, Joseph Tosovsky, ancien gouverneur de la Banque Centrale Tchèque. Personne n’a , pas même le candidat sur son blog, expliqué comment pouvait être rénové le FMI, compte tenu de son organisation actuelle. Seul le « Financial Times »a, le 28 août 2007, critiqué la candidature de DSK. D’où l’intérêt de rassembler un ensemble d’informations cohérentes qui permettent d’évaluer les chances d’une telle rénovation et de faire quelques hypothèses sur les motifs d’une telle désignation.
 
1 – La naissance du Fonds Monétaire International.
 
On rapporte généralement, et à juste titre, la création du FMI aux accords de Bretton Woods (USA), en 1944. On dit que les alliés, en fait les américains et les anglais essentiellement, voulaient mettre en place une organisation financière mondiale qui puisse assurer la stabilité des changes et donc prévenir le retour de crises importantes. Cette version des faits n’est pas fausse mais seulement très incomplète. Dès 1941, les américains se souciaient de mettre en place, pour l’après-guerre, une organisation financière qui assure cette stabilité en garantissant la suprématie d’un dollar convertible en or. C’était une façon de transformer leur aide aux alliés pendant et au lendemain de la guerre en un leadership profitable et durable. Les anglais dont le chef de file en matière de politique économique et surtout financière était alors John Meynard Keynes redoutaient ce leadership, sachant qu’ils sortiraient de la guerre très endettés envers les USA. Keynes fut, dès 1942, l’homme de toutes les négociations à ce sujet. Il avait une vision très différente de celle des américains. Il voulait d’abord que l’Empire britannique conserve son autonomie de gestion financière. Il était aussi opposé au principe de la convertibilité or des monnaies. Les américains le connaissait bien et lui-même connaissait bien son interlocuteur américain, White, un lituanien naturalisé. Pour approfondir cette question, voir, par exemple, le livre d’Alain Minc, « les vies de John M. Keynes », Grasset, 2006.
 
Keynes ne voulait pas d’un dollar convertible comme étalon du système financier mondial. Il défendait le projet d’un établissement financier international qui aurait créé sa propre monnaie, le Bancor, et joué le rôle d’une banque de compensation au profit de l’ensemble des banques centrales. Les américains qui avaient, de leur coté, prévu la création de ce qui devint le FMI et la Banque Mondiale de Développement étaient évidemment opposés au projet de Keynes. En 1944, les américains, sentant proche la fin de la guerre, veulent conclure. Ils convoquent une conférence interalliée pour mettre en œuvre leur solution. Keynes étant alors très malade, ils acceptent de ne pas tenir la conférence à Washington, siège actuelle du FMI, mais dans une petite ville, Atlantic City, pour la conférence préliminaire, puis, Bretton Woods, dans le New-Hampshire, pour la conférence finale. Ils mettent en place deux commissions, la première chargée de créer le FMI, présidée par un américain, et la seconde, chargée de mettre en place la Banque Mondiale de Développement, présidée par Keynes ainsi écarté de la mise en place du FMI auquel les américains le savaient opposé depuis 1942.
 
Ce retour sur l’origine controversée du FMI ne suggère-t-il pas, dans la perspective de sa rénovation, de reposer la question de la place du dollar dans l’économie mondialisée, de celle des USA , alors créditeurs, maintenant débiteurs, pour enfin ré-examiner le projet de Keynes .
 
2 – Les missions du FMI.
        
      2.1 - De 1944 à 1976.
 
La mission initiale du FMI fut d’abord d’assurer la stabilité du système monétaire international en se donnant les moyens d’aider par des prêts les Etats en difficulté à maintenir le cours de leur monnaie. Toutes les monnaies étaient, dès l’origine, caractérisée par un niveau, réputé constant, de convertibilité en dollars. Le dollar, lui-même, était convertible en or (système du gold echange standard). Les monnaies pouvaient fluctuer de plus ou moins 1%. Les Etats devaient veiller à l’équilibre de leurs balances des paiements. S’ils sortaient de cette marge de fluctuation, ils devaient dévaluer ou ré-évaluer. Si la marge de fluctuation dépassait 10%, les réajustements étaient subordonnés à l’accord du FMI.
 
       2.2 - De 1976 à maintenant.
 
Les besoins en dollars pour assurer la convertibilité des monnaies s’avérèrent rapidement très importants. Vers la fin des années 50, l’accroissement du déficit des Etats-Unis permit de disposer d’un meilleur approvisionnement en dollars. Une dizaine d’années plus tard, de nombreux détenteurs de dollars, inquiets peut-être de la quantité de monnaie émise par les USA, commencèrent à demander la conversion en or des dollars qu’ils détenaient. La situation devenait dangereuse.
 
 Le FMI créa alors sa propre monnaie, les Droits de tirage spéciaux (DTS), convertible or, définie à partir d’un panier de cinq monnaies solides dont le dollar évidémment. Cette monnaie existe toujours mais ne sert que rarement. Pour éviter l’auto-déstruction du système de Bretton Woods, les membres du FMI signèrent alors, en 1976, les accords de la Jamaïque, qui permirent aux monnaies de fluctuer librement. C’était la fin  du FMI, stabilisateur du système international de changes . Il fallait redéfinir ses missions.
 
Depuis cette date, le FMI s’est octroyé, parce qu’il avait des ressources, la mission d’aider les Etats en difficultés en leur prêtant des fonds pour sortir de crises locales, dans des conditions, dites du Consensus de Washington, lequel visait à faciliter le commerce international, dans le cadre d’un libre échange généralisée. Pour obtenir des fonds, un Etat en difficulté devait accepter de remplir un certain nombre de conditions telles que la libre circulation des capitaux, les privatisations massives, la réduction des services publics et des aides de toutes nature…Quand on y regarde de près, on s’aperçoit que l’aide financière du FMI permettait, en fait, aux Etats en difficultés de rembourser d’abord les emprunts contractés auprès des banques privées, comme ce fut le cas au Mexique, en 1994. Le FMI était là pour exporter le libéralisme américain, un libéralisme à usage externe que les américains eux-mêmes ne respectaient pas toujours. Il faut lire à ce sujet les ouvrages de Joseph Stiglitz, plus spécialement « La Grande Désillusion », Fayard 2002, qui fut président du conseil des conseillers économiques de Bill Clinton, vice-président de la banque mondiale, et prix Nobel d’économie.
 
 La mise en œuvre de cette politique fut, pour une large part, l’affaire du français Michel Camdessus, président du FMI pendant 13 ans, à ce titre responsable, en Indonésie par exemple, en 1997, de massacres, le gouvernement ayant, sur ses recommandations, supprimé les subventions aux produits alimentaires. Voir le chapitre 4 de la « Grande Désillusion » dont le sous-titre est « comment la politique du FMI a mené le monde au bord de l’effondrement général ». Cela n’a pas empêché Sarkozy, alors ministre de l’économie, de lui payer une étude, dont les préconisations furent publiées sous le titre « le Sursaut », Documentation française, septembre 2004. recueil de préconisations que nous subissons maintenant et qui reprennent, à usage des français, les prescriptions du consensus de Washington.
 
     2.3 – La situation actuelle de la mission du FMI.
 
Les crises asiatiques et sud-américaines sont maintenant terminées. Chaque Etat concerné a trouvé ses remèdes. En Asie, l’heure est au développement rapide. Les Etats, jadis débiteurs du FMI, se sont développés et sont même, pour un certain nombre, devenu Créditeurs. N’évoquons pas ici le cas de la Chine qui s’est passée du FMI (mais pas des conseils avisés de Joseph Stidglitz). Le FMI perd ses clients. Il se cherchent de nouvelles raisons d’être. Les USA et le FMI se sont longtemps opposés au projet japonais par exemple de création de fonds régionaux de développement. Le question est maintenant dépassée. Que voudra-t-on faire de cet organisme ? Pour répondre à la question, il paraît utile de revenir sur l’organisation et les ressources du FMI.
 
Dernière Heure : Notre envoi était commencé lorsque nous apprenions que la revue « REBELLION » annonçait la signature d’un accord entre sept pays d’Amérique du Sud pour préparer la mise en place d’un organisme qui remplacerait, pour eux, le FMI et la Banque Mondiale. Affaire à suivre.
 
09-10-2007
Ministros de Sudamérica aprueban acta fundacional de Banco del Sur
 
Reuters
 
Los ministros a cargo de la economía de siete países sudamericanos concluyeron el lunes en Río de Janeiro la redacción de un acta fundacional del Banco del Sur, pero sin un acuerdo sobre el capital que tendrá la nueva institución y la forma de aportes de sus miembros.

Los ministros de Argentina, Brasil, Venezuela, Bolivia, Paraguay, Uruguay y Ecuador "revisaron y arribaron a una propuesta consensuada del acta fundacional del Banco del Sur," indicó una declaración leída al término del encuentro.

La declaración indicó que los presidentes de esos países considerarán el acta propuesta y también una invitación de Venezuela para su firma el 3 de noviembre en Caracas.

Pero en una conferencia de prensa, el ministro de Hacienda de Brasil, Guido Mantega dijo que aún no se alcanzó un acuerdo sobre cuál será el capital del banco y cómo será la forma de los aportes de los socios.

La declaración ministerial indicó que "la nueva institución será un banco de desarrollo con carácter sudamericano, con un rol central en el marco de una nueva arquitectura financiera regional."

Los ministros indicaron que esperan que el banco contribuya a elevar la disponibilidad de liquidez y a revitalizar la inversión en la región, así como al desarrollo de su infraestructura.

Técnicos continuarán discutiendo desde el martes en Río los estatutos que regirán el funcionamiento del Banco del Sur, un proyecto impulsado por el presidente venezolano Hugo Chávez.

Anteriormente algunas fuentes han estimado que el banco tendría un capital superior a 7.000 millones de dólares y que los países miembros concretarían su aporte conforme a su peso económico, dentro de una banda que contendría un piso para los socios de menor desarrollo y un techo para los mayores.
 
 
 
3 – Organisation et ressources du FMI.
 
Le FMI regroupe, en 2007, 185 Etats. Chaque Etat adhérent a dû apporter sa « quote part », proportionnelle à sa richesse mesurée en terme de PNB, produit national brut. A l’origine, la quote part était apportée, moitié en or, moitié en devise nationale. Le FMI dispose donc de réserves d’or importantes. Les principales contributions sont celles des USA(16,8%), du japon(6,3%), de l’Allemagne(6,1%), de la France et du Royaume Uni (5% chacun), de l’Italie et de l’Arabie Saoudite(3,3 chacun), du Canada et de la Chine(3%),de la Russie(2,8%). On voit que les dix principaux contributeurs apportent plus de 50% des fonds. Les 175 autre Etats membres, dont l’Inde et le Brésil, apportent le reste.
 
Outre les contributions de ses membres, le FMI s’est autorisé à emprunter si la nécessité s’en faisait sentir.
 
La gestion du FMI est confiée à un conseil d’administration de 24 membres. Huit Etats ont un administrateurs permanents, USA, UK, France, Allemagne, Japon, Chine, Russie, Arabie Saoudite. Les 16 autres administrateurs sont élus par les représentants des 177 Etats restant. Les droits de vote sont égaux aux contributions. Les USA disposent donc de 16,8% des voix. Or les statuts disposent que la majorité requise pour prendre une décision est de 85% des voix. Conclusion, les USA disposent d’un droit de veto. L’UE en disposerait aussi, si les Etats membres parvenaient à s’exprimer ensemble mais le système rend pratiquement cette éventualité impossible, sauf cas particuliers. Dans ces conditions, aussi longtemps que les statuts actuels du FMI n’auront pas évolué, le patron du FMI, DSK maintenant ne peut rien faire sans l’accord des   USA. On comprend que le Consensus de Washington, élaboré aux USA, par les responsables de la Réserve fédérale, soit devenu sans problème la politique officielle du FMI, spécialement sous le règne de Michel Camdessus.
 
Le directeur du FMI est, selon une règle non écrite, un européen que l’Europe se choisit en veillant à ce que son candidat soit acceptable pour les américains. Entre 1946 et 2007, il y eut 10 directeurs généraux du FMI, dont une américaine (pendant deux mois en 2004) et quatre français, Pierre-Paul Schweitzer, de 1963 à 1973, Jacques de Larosière  1987 à 1987, Michel Camdessus de 1987 à 2000, puis DSK en 2007. Les français ont donc assuré la présidence pendant 32 ans sur 61 années de vie de l’Institution. On peut se poser la question : Encore un français, pourquoi ? Rien ne permet au regard des demandes pressantes des pays émergents de justifier, encore une fois, l’attribution de la place à un français la, si ce n’est le désir du président Butch de renforcer ses liens avec Sarkozy,…. à moins que l’on ne nous apporte une autre explication que personne , à ce jour, n’a encore donnée, ni le Parti socialiste, ni l’intéressé. Certes DSK a critiqué le mode de désignation du directeur, dont il profite, devant les administrateurs du fonds(propos rapportés par United Presse, le 21/9/2007. Il n’en n’a pas moins recherché le poste.
 
En guise de conclusion, quelques réflexions.
 
Dire aujourd’hui qu’il faut faire plus de place aux pays émergents, c’est redistribuer le pouvoir dans l’Institution, c’est à dire redonner aux Etats la représentation qui permet une expression libre, indépendamment des apports initiaux. C’est supprimer le droit de veto des USA. C’est modifier la majorité qualifiée en la diminuant notablement. C’est aussi retrouver des ressources car le FMI vivait largement des intérêts des sommes prêtées. Or les intérêts disparaissent avec les prêts. La gestion du FMI serait aujourd’hui déficitaire. Si des Etats jusqu’alors membres créent, comme on vient de l’évoquer, leur propre fonds monétaires, on peut penser que ces Etats se retireront du FMI, emportant leur mise initiale, pas très élevée, il est vrai. Alors, un FMI déficitaire, un FMI prenant l’eau ! Pour quoi faire ?
 
La réponse ne serait-elle pas celle de KEYNES, faire du FMI, un établissement financier international, à vocation mondiale, capable d’assurer la compensation entre les besoins et possibilités de ses membres. Est-ce bien utile ? Les Banques centrales, dont la Réserve Fédérale américaine, accepteraient-elles une super puissance financière qu’elle ne contrôlerait pas ? Peu probable. Les pays émergents ont peut-être de nouveaux besoins. Lesquels ? Le FMI peut-il prendre en compte des besoins spécifiques, environnementaux par exemple ? Peut-être. Reste à les définir. Mais, on vient de le voir, le temps presse, d’autant que les partants potentiels ont de sérieux différents politiques avec les USA.
 
Pourquoi DSK a-t-il accepté un pareil mandat, si l’on met de coté, le simple intérêt personnel ? Pourquoi lui ou son parti n’ont-il pas expliqué ce que pourrait être une réforme du FMI qui ne soit pas qu’une machine de guerre du libéralisme américain ? Pourquoi n’a t-il pas laissé la place à un représentant des pays émergents, ce qui eut eu, même sans réforme de l’institution, une signification politique évidente ? Il est trop tôt pour conclure, sachant que la plupart des acteurs de cette affaire sont restés silencieux sur ce qui leur paraissait essentiel. En tout état de cause, ce n’est pas, du point de vue de la démocratie, une affaire exemplaire. 
 
La déclaration faite par DSK, le 8 octobre, à ses amis, reprise par les radios, le 9, éclaire son projet : A la question de savoir s’il serait candidat aux élections présidentielles de 2012, il répondit qu’il partait jusqu’à ce qu’on lui demande de revenir mais qu’il ne désintéressait pas de cette échéance. On peut penser qu’il compte sur ses nouvelles fonctions à la direction du FMI pour confirmer ses prétentions aux prochaines élections présidentielles. Il prévoit sans doute une victoire des démocrates aux élections présidentielles américaines de 2008, ce qui pourrait lui permettre d’amorcer une réforme du FMI, avec le soutien éventuelle d’Hillary Clinton ! Du même coup, il n’aurait à prendre parti ni sur la question du nouveau traité européen que Sarkozy veut faire voter, et qui lui convient probablement, ni sur la rénovation idéologique du Parti socialiste, persuadé d’ailleurs que la rénovation du PS consiste essentiellement à laisser le Parti Socialiste venir sur ses propres positions sociales-démocrates. Il suffit de suivre ce qu’il écrit sur son blog pour s’en persuader. Reste à savoir si cette stratégie ne sert pas Sarkozy plus que DSK !
De toutes façons, si les choses ne se passaient pas comme on le prévoit, et je ne pense pas que ce schéma se réalise, il pourrait toujours rester le patron du FMI, à 500000 dollars par an, la sanction ne serait pas trop coûteuse.
 
 
Depuis cette date, le FMI s’est octroyé, parce qu’il avait des ressources, la mission d’aider les Etats en difficultés en leur prêtant des fonds pour sortir de crises locales, dans des conditions, dites du Consensus de Washington, lequel visait à faciliter le commerce international, dans le cadre d’un libre échange généralisée. Pour obtenir des fonds, un Etat en difficulté devait accepter de remplir un certain nombre de conditions telles que la libre circulation des capitaux, les privatisations massives, la réduction des services publics et des aides de toutes nature…Quand on y regarde de près, on s’aperçoit que l’aide financière du FMI permettait, en fait, aux Etats en difficultés de rembourser d’abord les emprunts contractés auprès des banques privées, comme ce fut le cas au Mexique, en 1994. Le FMI était là pour exporter le libéralisme américain, un libéralisme à usage externe que les américains eux-mêmes ne respectaient pas toujours. Il faut lire à ce sujet les ouvrages de Joseph Stiglitz, plus spécialement « La Grande Désillusion », Fayard 2002, qui fut président du conseil des conseillers économiques de Bill Clinton, vice-président de la banque mondiale, et prix Nobel d’économie.
 
 La mise en œuvre de cette politique fut, pour une large part, l’affaire du français Michel Camdessus, président du FMI pendant 13 ans, à ce titre responsable, en Indonésie par exemple, en 1997, de massacres, le gouvernement ayant, sur ses recommandations, supprimé les subventions aux produits alimentaires. Voir le chapitre 4 de la « Grande Désillusion » dont le sous-titre est « comment la politique du FMI a mené le monde au bord de l’effondrement général ». Cela n’a pas empêché Sarkozy, alors ministre de l’économie, de lui payer une étude, dont les préconisations furent publiées sous le titre « le Sursaut », Documentation française, septembre 2004. recueil de préconisations que nous subissons maintenant et qui reprennent, à usage des français, les prescriptions du consensus de Washington.
 
     2.3 – La situation actuelle de la mission du FMI.
 
Les crises asiatiques et sud-américaines sont maintenant terminées. Chaque Etat concerné a trouvé ses remèdes. En Asie, l’heure est au développement rapide. Les Etats, jadis débiteurs du FMI, se sont développés et sont même, pour un certain nombre, devenu Créditeurs. N’évoquons pas ici le cas de la Chine qui s’est passée du FMI (mais pas des conseils avisés de Joseph Stidglitz). Le FMI perd ses clients. Il se cherchent de nouvelles raisons d’être. Les USA et le FMI se sont longtemps opposés au projet japonais par exemple de création de fonds régionaux de développement. Le question est maintenant dépassée. Que voudra-t-on faire de cet organisme ? Pour répondre à la question, il paraît utile de revenir sur l’organisation et les ressources du FMI.
 
Dernière Heure : Notre envoi était commencé lorsque nous apprenions que la revue « REBELLION » annonçait la signature d’un accord entre sept pays d’Amérique du Sud pour préparer la mise en place d’un organisme qui remplacerait, pour eux, le FMI et la Banque Mondiale. Affaire à suivre.
 
09-10-2007
Ministros de Sudamérica aprueban acta fundacional de Banco del Sur
 
Reuters
 
Los ministros a cargo de la economía de siete países sudamericanos concluyeron el lunes en Río de Janeiro la redacción de un acta fundacional del Banco del Sur, pero sin un acuerdo sobre el capital que tendrá la nueva institución y la forma de aportes de sus miembros.

Los ministros de Argentina, Brasil, Venezuela, Bolivia, Paraguay, Uruguay y Ecuador "revisaron y arribaron a una propuesta consensuada del acta fundacional del Banco del Sur," indicó una declaración leída al término del encuentro.

La declaración indicó que los presidentes de esos países considerarán el acta propuesta y también una invitación de Venezuela para su firma el 3 de noviembre en Caracas.

Pero en una conferencia de prensa, el ministro de Hacienda de Brasil, Guido Mantega dijo que aún no se alcanzó un acuerdo sobre cuál será el capital del banco y cómo será la forma de los aportes de los socios.

La declaración ministerial indicó que "la nueva institución será un banco de desarrollo con carácter sudamericano, con un rol central en el marco de una nueva arquitectura financiera regional."

Los ministros indicaron que esperan que el banco contribuya a elevar la disponibilidad de liquidez y a revitalizar la inversión en la región, así como al desarrollo de su infraestructura.

Técnicos continuarán discutiendo desde el martes en Río los estatutos que regirán el funcionamiento del Banco del Sur, un proyecto impulsado por el presidente venezolano Hugo Chávez.

Anteriormente algunas fuentes han estimado que el banco tendría un capital superior a 7.000 millones de dólares y que los países miembros concretarían su aporte conforme a su peso económico, dentro de una banda que contendría un piso para los socios de menor desarrollo y un techo para los mayores.
 
 
 
3 – Organisation et ressources du FMI.
 
Le FMI regroupe, en 2007, 185 Etats. Chaque Etat adhérent a dû apporter sa « quote part », proportionnelle à sa richesse mesurée en terme de PNB, produit national brut. A l’origine, la quote part était apportée, moitié en or, moitié en devise nationale. Le FMI dispose donc de réserves d’or importantes. Les principales contributions sont celles des USA(16,8%), du japon(6,3%), de l’Allemagne(6,1%), de la France et du Royaume Uni (5% chacun), de l’Italie et de l’Arabie Saoudite(3,3 chacun), du Canada et de la Chine(3%),de la Russie(2,8%). On voit que les dix principaux contributeurs apportent plus de 50% des fonds. Les 175 autre Etats membres, dont l’Inde et le Brésil, apportent le reste.
 
Outre les contributions de ses membres, le FMI s’est autorisé à emprunter si la nécessité s’en faisait sentir.
 
La gestion du FMI est confiée à un conseil d’administration de 24 membres. Huit Etats ont un administrateurs permanents, USA, UK, France, Allemagne, Japon, Chine, Russie, Arabie Saoudite. Les 16 autres administrateurs sont élus par les représentants des 177 Etats restant. Les droits de vote sont égaux aux contributions. Les USA disposent donc de 16,8% des voix. Or les statuts disposent que la majorité requise pour prendre une décision est de 85% des voix. Conclusion, les USA disposent d’un droit de veto. L’UE en disposerait aussi, si les Etats membres parvenaient à s’exprimer ensemble mais le système rend pratiquement cette éventualité impossible, sauf cas particuliers. Dans ces conditions, aussi longtemps que les statuts actuels du FMI n’auront pas évolué, le patron du FMI, DSK maintenant ne peut rien faire sans l’accord des   USA. On comprend que le Consensus de Washington, élaboré aux USA, par les responsables de la Réserve fédérale, soit devenu sans problème la politique officielle du FMI, spécialement sous le règne de Michel Camdessus.
 
Le directeur du FMI est, selon une règle non écrite, un européen que l’Europe se choisit en veillant à ce que son candidat soit acceptable pour les américains. Entre 1946 et 2007, il y eut 10 directeurs généraux du FMI, dont une américaine (pendant deux mois en 2004) et quatre français, Pierre-Paul Schweitzer, de 1963 à 1973, Jacques de Larosière  1987 à 1987, Michel Camdessus de 1987 à 2000, puis DSK en 2007. Les français ont donc assuré la présidence pendant 32 ans sur 61 années de vie de l’Institution. On peut se poser la question : Encore un français, pourquoi ? Rien ne permet au regard des demandes pressantes des pays émergents de justifier, encore une fois, l’attribution de la place à un français la, si ce n’est le désir du président Butch de renforcer ses liens avec Sarkozy,…. à moins que l’on ne nous apporte une autre explication que personne , à ce jour, n’a encore donnée, ni le Parti socialiste, ni l’intéressé. Certes DSK a critiqué le mode de désignation du directeur, dont il profite, devant les administrateurs du fonds(propos rapportés par United Presse, le 21/9/2007. Il n’en n’a pas moins recherché le poste.
 
En guise de conclusion, quelques réflexions.
 
Dire aujourd’hui qu’il faut faire plus de place aux pays émergents, c’est redistribuer le pouvoir dans l’Institution, c’est à dire redonner aux Etats la représentation qui permet une expression libre, indépendamment des apports initiaux. C’est supprimer le droit de veto des USA. C’est modifier la majorité qualifiée en la diminuant notablement. C’est aussi retrouver des ressources car le FMI vivait largement des intérêts des sommes prêtées. Or les intérêts disparaissent avec les prêts. La gestion du FMI serait aujourd’hui déficitaire. Si des Etats jusqu’alors membres créent, comme on vient de l’évoquer, leur propre fonds monétaire, on peut penser que ces Etats se retireront du FMI, emportant leur mise initiale, pas très élevée, il est vrai. Alors, un FMI déficitaire, un FMI prenant l’eau ! Pour quoi faire ?
 
La réponse ne serait-elle pas celle de KEYNES, faire du FMI, un établissement financier international, à vocation mondiale, capable d’assurer la compensation entre les besoins et possibilités de ses membres. Est-ce bien utile ? Les Banques centrales, dont la Réserve Fédérale américaine, accepteraient-elles une super puissance financière qu’elle ne contrôlerait pas ? Peu probable. Les pays émergents ont peut-être de nouveaux besoins. Lesquels ? Le FMI peut-il prendre en compte des besoins spécifiques, environnementaux par exemple ? Peut-être. Reste à les définir. Mais, on vient de le voir, le temps presse, d’autant que les partants potentiels ont de sérieux différents politiques avec les USA.
 
Pourquoi DSK a-t-il accepté un pareil mandat, si l’on met de coté, le simple intérêt personnel ? Pourquoi lui ou son parti n’ont-il pas expliqué ce que pourrait être une réforme du FMI qui ne soit pas qu’une machine de guerre du libéralisme américain ? Pourquoi n’a t-il pas laissé la place à un représentant des pays émergents, ce qui eut eu, même sans réforme de l’institution, une signification politique évidente ? Il est trop tôt pour conclure, sachant que la plupart des acteurs de cette affaire sont restés silencieux sur ce qui leur paraissait essentiel. En tout état de cause, ce n’est pas, du point de vue de la démocratie, une affaire exemplaire. 
 
La déclaration faite par DSK, le 8 octobre de ce mois, à ses amis, reprise par les radios, le 9, éclaire son projet : A la question de savoir s’il serait candidat aux élections présidentielles de 2012, il répondit qu’il partait jusqu’à ce qu’on lui demande de revenir mais qu’il ne désintéressait pas de cette échéance. On peut penser qu’il compte sur ses nouvelles fonctions à la direction du FMI pour confirmer ses prétentions aux prochaines élections présidentielles. Il prévoit sans doute une victoire des démocrates aux élections présidentielles américaines de 2008, ce qui pourrait lui permettre d’amorcer une réforme du FMI, avec le soutien éventuelle d’Hillary Clinton ! Du même coup, il n’aurait à prendre parti ni sur la question du nouveau traité européen que Sarkozy veut faire voter, et qui lui convient probablement, ni sur la rénovation idéologique du Parti socialiste, persuadé d’ailleurs que la rénovation du PS consiste essentiellement à l laisser le Parti Socialiste venir sur ses propres positions sociales-démocrates. Il suffit de suivre ce qu’il écrit sur son blog pour s’en persuader. Reste à savoir si cette stratégie ne sert pas Sarkozy plus que DSK !
De toutes façons, si les choses ne se passaient pas comme on le prévoit, et je ne pense pas que ce schéma se réalise, il pourrait toujours rester le patron du FMI, à 500000 dollars par an, la sanction ne serait pas trop coûteuse.
Par liger - Publié dans : economie
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Lundi 10 septembre 2007
Confronté à l’intégrisme , l’Islam peut-il se rénover de l’intérieur ?

Je comprends la question que vous posez au regard de l’inquiétude que certains peuvent éprouver en regardant ce qui passe au Moyen- Orient, en Algérie et ailleurs (Islam égale terrorisme), au regard de pratiques qu’on attribue à l’Islam, femmes voilées, adoption de la Charia comme règle de la vie collective… au regard d’un discours sur les problèmes de nos quartiers difficiles derrière lesquels ont a souvent voulu voir les conséquences du discours des Imam . Tout cela existe, c’est vrai. Mais je crois que la question est posée de façon inadéquate. L’Islam, religion du « Livre », héritière, comme pour les chrétiens, de la parole biblique, ne peut évidemment pas être rénovée de l’extérieur. A –t- on déjà vu une religion rénovée de l’extérieur ? L’islam connaît un intégrisme violent, favorisée par la volonté des occidentaux de promouvoir leur propre mode de vie, lequel apparaît souvent aux musulmans comme inacceptable, ou par des comportements politiques, et je pense à l’attitude des occidentaux à propos d’Israël, inacceptables. Les autres religions ont eu et ont toujours leurs propres intégrismes. Nous avons les nôtres. Je renverrais volontiers au numéro 3228 de La Vie, à son article intitulé « Le traditionalisme reprend ses droit », où l’auteur écrit « Deux rites incarnant deux visions opposées du Christianisme se trouvent désormais en concurrence ». Accepterait-on qu’on pose la question suivante : Confronté à ses intégristes, l’église catholique peut-elle se rénover de l’intérieur ? Poser la question, c’est y répondre. Personne ne rénovera l'église catholique de l'extérieur. C'est la même chose pour l'Islam.

Si l’on veut aller plus loin, la question se pose de savoir si, aujourd’hui, l’Islam se rénove, si l’islam évolue. La réponse me semble clairement positive, même si cela ne se voit pas dans la rue, même si la presse parle peu de ces évolutions. J’ai eu l’occasion d’accompagner l’évêque de mon diocèse dans la mosquée d’un quartier difficile. J’ai vu l’imam, après la prière du vendredi, demander à l’évêque de prendre sa place au mirab et de s’adresser aux musulmans venus pour la prière du vendredi. Je ne dirai certainement pas, dans une situation de ce type, que l’évêque a fait évoluer les musulmans. Je pense plutôt que ces musulmans ont suffisamment évolué pour être en mesure aujourd’hui d’accepter la présence d’un évêque dans leur salle de prières.

Reste que nous pouvons, chaque fois que l’occasion se présente, favoriser l’évolution de l’Islam (plutôt que sa rénovation ) en évoluant nous-mêmes car la difficulté éprouvée par les catholiques à accepter, telles qu’elles sont, d’autres religions, me paraît bien réelle, et en saisissant toutes les occasions de dialogue et de réflexion commune, si difficile que ce soit. Vous avez, à ce sujet, publié dans votre numéro 3229, un article  sur le travail mené en Syrie, au monastère de Mar Mousa, par le Père Paolo qui se consacre au dialogue « chrétiens-musulmans ». Puisse-t-il faire des émules.



Par liger - Publié dans : islam
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Dimanche 9 septembre 2007

Texte pour « La Vie »

 A propos de l’immigration. la question de l’immigration est une question vieille comme le monde. Les hommes, individuellement ou collectivement (on parle alors d’invasions) se déplacent, chacun le sait, lorsqu’il existe entre deux régions des différences de richesses significatives. Pendant de longues périodes, les empires coloniaux ont contenu ces mouvements en n’autorisant que les migrations qui les arrangeaient, par exemple celle des tirailleurs sénégalais pour alimenter les champs de bataille. Aujourd’hui les différences de niveau de vie entre pays sont telles que les mouvements de population sont inévitables. Nulle mesure de police n’arrêtera ces mouvements, sauf à mettre en place de véritables opérations militaires, ce  qui est déjà le cas ou presque.

 La politique des quotas qui vise à n’autoriser la venue que d’immigrants choisis est un leurre. Elle a un effet négatif certain en appauvrissant de fait, les pays d’origine. Le principe d’une immigration régulée par la mise en place de quota, n’empêchera jamais l’immigration clandestine. C’est, à mon avis, une voie sans issue. Sur le plan éthique, les pays riches, et nous sommes l’un des pays les plus riches de la planète, même si nous avons des problèmes, doivent reconnaître leur responsabilité envers les pays les plus pauvres. Et la pauvreté a maints visages. Ils devraient s’engager résolument dans la voie du co-développement qui suppose une autre forme de mondialisation. En attendant qu’elle porte ses fruits, nous devrions nous poser la question de l‘accueil et du partage, langage peu politique, j’en conviens, en évitant le recours à la brutalité des rafles, des reconduites,  aux centres de rétention de sinistre mémoire…La France, sur ce plan, a sans doute, perdu sa réputation traditionnelle. Il ne sait plus accueillir. Et pourtant, nombreux sont les français issus de l’immigration ! Un dirigeant socialiste de renom a fait un mal considérable en affirmant que « la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde » car cette affirmation, pour objective qu’elle puisse paraître, sert maintenant d’alibi à tous ceux qui souhaiteraient ignorer cette pauvreté très gênante qui nous vient des pays émergents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par liger - Publié dans : islam
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