REPERES POUR COMPRENDRE L'ECONOMIE CONTEMPORAINE

Vous vous posez des questions sur l'économie, sur ses relations à la politique, sur le discours des candidats aux présidentielles, ou à d'autres élections, dans le domaine de l'économie, vous souhaiteriez comprendre l'actualité, de façon simple, les textes qui vous sont proposés peuvent vous aider.

Vous y trouverez des références, des définitions, et si vous posez des questions, des réponses.Alors, n'hésitez pas, posez vos questions. nous répondrons par l'intermédiaire de réponses flash et, surtout, de courtes synthèses périodiques.

A bientôt !

Bernard Liger

Dimanche 2 septembre 2007

QUELLE HONTE...MAIS PATIENCE !

La chasse à l'homme pour satisfaire aux critères sarkoziens de reconduite à la frontière .

L'allégeance affirmée à Butch, à l'occasion de vacances payées, aux Etats-Unis, par des milliardaires américains, probablement.

Un Koutchner, rare représentant de ceux qui avaient, en france, approuvé l'intervention anglo-américaine en Irak.

La livraison de missiles "Milan" à la Lybie, sans que personne ne pose la question, Des Milans, pour quoi faire ? le Milan est un missile anti-char de quelques kilomèrtres de portée déstinée à la défense anti-char d'un pays agressé par un autre pays possédant  des blindés modernes. Cette arme ne concerne pas la Lybie. Contre qui seront-ils tirés ? Contre nos alliés tchadiens ? contre les forces de l'ONU au Soudan par exemple ? Par des terroristes amateurs d'engins légers et peu encombrants ?

La réduction des impôts pour les plus fortunés. Dans mon cas, mes impôts 2007 se sont trouvés réduits d'un tier, 1600 euros ,  32 fois ce qu'on va demander à des malades de payer de leur poche sur les boites de médicaments et les teurs transports snitaires pour financer la recherche médicale qui devrait être l'une des premières priorités de l'Etat. Un privilège pour les classes moyennes supérieures et supérieures pour entretenir une clientèle électorale.

la réduction des moyens de l'Education nationale.

Une politique faite sur mesure pour les patrons du CAC 40, témoin le discours du Ptrésident à l'université d'été du MEDEF. de quoi ressusciter la lutte des classes.

Je continuerai plus tard.

Face à cela une france en vacances anésthésiée par un discours démagogique plein de promesses souvent reniées, témoin l'affaire Gaz de France, les propos sur la Turquie....

Le pays mettra sans doute deux années avnt de comprendre l'étendu du désastre. Sera -t-on alors passé du Prince Président à l'Empereur ? car cet homme ne vit que pour le pouvoir.

Par liger - Publié dans : élections présidentielles
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Samedi 9 juin 2007

DEBAT

REPERES POUR COMPRENDRE L’ECONOMIE CONTEMPORAINE

 

RPC 37 –  juin 2007 

 

 

 

 

                        SEGOLENE ROYAL ET L’AVENIR 

 

 

 

 

Paul Favry analyse à sa façon l’échec de Ségolène Royal et la réussite, à transformer, de Sarkozy. On notera en particulier la façon dont il interprète l’ouverture vers la gauche du gagnant, et celle qui permet d’aborder de façon constructive notre rejet de la mondialisation libérale. Nous publions ce texte dans le cadre de notre plate-forme de débat avec l’accord de son auteur, sans aucune modification. Nous reviendrons sur la question de la lutte contre la délinquance en présentant le document « Ruptures » écrit par Serge Portelli, Vice-Président du Tribunal de Paris et Président de la 12ième Chambre Correctionnelle.

 

 

 

 

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    Le 6 mai au soir, les jeux sont faits. Soirée un peu hallucinante. Nicolas Sarkozy tient un discours de gauche tandis que Ségolène Royal fête une victoire perdue... En tout cas elle sait mobiliser et dynamiser son camp en gérant une apparente défaite. La " très grave défaite" (DSK), c'était en 2002 où la gauche n'était même pas au second tour, la “très grave défaite” c’était Jospin abandonnant son camp en rase campagne, le laissant ainsi dans la pire des situations pour affronter les législatives. Ceci dit, en 1995 Jospin avait fait 47,37 soit 0,43 de mieux que Ségolène Royal (46,94) . Après les législatives, il faudra analyser mai - juin 2002 à la lumière de mai - juin 2007 et en tirer des leçons.

    Très important ce qui s'est passé. Fin d'une époque initiée avec Mitterrand qui avait su rallier le PC et l'étouffer tout en valorisant le FN pour le diaboliser comme le PC avait été précédemment diabolisé par la droite. On sort d'une période 1947 - 2007 où 20 % des citoyens étaient systématiquement mis sur la touche, d’abord les communistes et ensuite les frontistes. Situation malsaine. Le succès de Mitterrand était dû aussi (et donc finalement) à la haine de Chirac pour Giscard, ce qui l'avait conduit à faire voter Mitterrand en sous-main. Il pensait que la gauche exploserait en vol en moins de deux ans et qu’il raflerait la mise. Erreur d’appréciation. La gauche l'emportait donc sur une position fausse, artificielle, immorale et savamment entretenue. Entretenue pendant deux septennats et bien au-delà car Chirac de culture rad-soc se refusait à réunir les deux droites, celle de Le Pen et la sienne. Sarkozy n’a pas eu ce scrupule. Il a retrouvé l'étiage normal qui se situe à peu près à 52 / 48. Il l’améliore avec le rapport 53 / 47. Bernard Liger, dans une analyse RPC36.doc (bernard.liger@wanadoo.fr) rappelle que ce sont les électeurs âgés qui ont assuré le succès de Sarkozy, pas les actifs, et que des grandes villes, comme Bordeaux, ont voté à gauche. Les clivages, d’après une enquête IPOS (Le Monde 08_05_07) sont très révélateurs :

A/ pour les âges
18 - 24 ans : avantage Royal (58 / 42)
25 - 34 ans : avantage Sarkozy (57 / 43)
35 - 44 ans : jeu égal (50 / 50)
45 - 59 ans : avantage Royal (55 / 45)
60 - 69 ans : avantage Sarkozy (61 / 39)
70 ans et + : avantage Sarkozy (68 / 32)

B/ pour les professions
Agriculteurs : avantage Sarkozy (67 / 33)
Artisans, commerçants : avantage Sarkozy (82 / 18)
Prof. libérales, cadres sup. : avantage Sarkozy (52 / 48)
Professions intermédiaires : avantages Royal (51 / 49)
Employés : avantage Royal (51 / 49)
Ouvriers : avantage Royal (54 / 46)

Les rubriques notées en gras soulignent les manques de la gauche dans le passé et définissent en creux le programme électoral incontournable : faut gagner les seniors, les agriculteurs, les artisans et les commerçants. Les seniors ont été sensibles à l’insécurité pour laquelle le bilan de Sarkozy est faussement positif. Et cela Ségolène Royal n’a pu le mettre correctement en relief. Quant aux agriculteurs, aux artisans et aux commerçants, il faudra que la gauche comprenne qu’il y a une grande différence entre un fonctionnaire titulaire à 1.500 € qui a la sécurité de l’emploi et un chauffeur de taxi qui doit se démener comme un beau diable pour atteindre les mêmes 1.500 € à la fin du mois (Rubrique “Combien ils gagnent” Le Parisien 14_05_07) C’est la sécurité contre le risque. Il faudra, à tête reposée, comparer l’essentiel des trois programmes, celui du P.S, de Ségolène Royal et de Sarkozy. Ceci pour voir comment on passe du P.S à Royal et comment ces deux programmes s’opposent à celui de Sarkozy. La comparaison sera stimulante, éclairée qu’elle sera par les chiffres sur les âges et les professions.

Ce sera le meilleur moyen, peut-être le seul, d’inverser le rapport structurel de 52 / 48 en faveur de la droite. La France est géographiquement le cul-de-sac de l’Europe. Tous les migrants y arrivent et beaucoup s'y arrêtent. On ne franchit pas l'Atlantique à la nage. Du coup ceux qui sont installés tiennent à ce qu'ils ont, dans un réflexe conservateur. Et le dernier entré, ferme la porte. Pays bizarre et méfiant. Vraiment de droite.

Claude Bartolone dit que “cette élection était imperdable... sur le papier” et des commentateurs dans Respublica du 11_05_06 (n° 536) lui emboîtent le pas. Pour eux l’élection était “imperdable” à condition de répondre clairement aux demandes des salariés notamment en matière de chômage. On a vu que les vrais déficits en voix étaient ailleurs. Ils se plaignent d’une candidate brouillonne et qui changeait constamment de position. Ils oublient que Ségolène Royal sortait d’une compétition épuisante dans le PS où elle était qualifiée de “conne” et d’”incompétente”. Qualificatifs qui ont bien servi à la droite dans la campagne ultérieure et qui n’ont d’ailleurs pas cessé à l’intérieur même du parti. Le soutien de ce dernier a été plus “classique” que “participatif”. Il est vrai que la candidate n’a pas bien associé à sa démarche les “éléphants” mais le pouvait-elle vraiment ? Enfin, et surtout, elle n’a eu que 5 mois pour construire son programme alors que son concurrent avait mis 5 ans à édifier le sien et dans des postes ministériels stratégiques (Finances, Intérieur) moins exposés que le pouvoir à Matignon qu’il convoitait.

Face à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a défini une méthode plus qu’un contenu. Elle a surtout préservé l’avenir. Maintenant, au-delà des programmes qui ne valent pas contrat et “n’engagent que ceux qui y croient”, il y a la personnalité inquiétante de notre nouveau président bonapartiste. On peut s’y opposer de trois manières.
La première est celle des casseurs qui peuvent être des provocateurs, les violences savamment médiatisées assurant le succès de la majorité présidentielle. Les manifestants honnêtes et naïfs voudraient être distingués des casseurs professionnels mais les seconds sont plus véloces que les premiers. La police ne peut revenir bredouille et, faute de gros poissons, se contente de petits. Devant les juges, l’effet est le même et on sait que des jeunes sans casier judiciaire se sont retrouvés avec de la prison ferme. Donc impasse totale.
La seconde est celle du P.S et du naissant Modem : gagner partout des sièges où l’on peut, avec des accords de désistement réciproques, Verts, P.C, Modem. Il faudra que ce dernier s’habitue à voter avec la gauche dans une division du travail parlementaire, à la gauche plutôt les questions sociales, au Modem plutôt les questions institutionnelles pour redonner au Parlement sa fonction de contrôle.
La troisième est celle de l’ouverture proposée par Sarkozy et qu’il faut savoir saisir.

La situation créée par Nicolas Sarkozy par son désir de rassemblement est originale et crée une pagaïe réjouissante dans les deux camps. Car il offre trois options :
- La “mission” limitée dans le temps et qui permet de proposer des solutions concrètes à un problème donné. Il faut accepter.
- Le poste ministériel sans solidarité gouvernementale ni opposition affichée. Le militant est mis temporairement en congé de parti. C’est une extension de l’attitude adoptée par Sarkozy qui a rongé son frein pendant cinq ans, tant certaines décisions lui paraissaient stupides, non dans leur principe, mais dans leur exécution. On a remarqué que pendant la campagne il n’a pas été possible de le rendre responsable des décisions prises par Raffarin, Villepin et Chirac. Tout au plus a-t-il consenti à revendiquer son action au ministère de l’Intérieur au prix d’un maquillage éhonté.
- Le poste ministériel avec solidarité gouvernementale sans faille. Cette situation est réservée aux militants de l’UMP.

Epoque passionnante où d'excellents sophistes savent conjuguer la rhétorique et la sémiologie audio-visuelle (pléonasme). Car Sarkozy a su s'entourer de collaborateurs et d'amis qui connaissent "le poids des mots (rhétorique) et le choc des photos (sémiologie)”. Analyse de la séquence initiale qui a tant surpris :
1. Sarkozy laisse déclarer qu'il lui faut dix jours de retraite pour s'imprégner de sa fonction. Ses proches parlent d'une abbaye. Solemmes est en émoi. C'est très sympathique. On admire. Compte-tenu de l'activisme du personnage et des problèmes urgents qui l'attendent, dix jours c'est beaucoup trop long. Certes le Dalaï Lama a pris un congé d'une année pour réfléchir à sa fonction mais ce n'est pas la même chose, on en convient aisément.
2. Finalement il ne prendra que deux jours sur le bateau de son ami Bolloré dans un luxe qu'il assume pour le présent et pour l'avenir. Devant l'émotion soulevée, il justifie son choix lors d'un jogging où il prend à peine le temps de retrouver son souffle. C'est médiatiquement bien joué.
3. Personne ne demandait à Vincent Bolloré de dire que sa famille avait abrité Léon Blum. Mais c’est un excellent brevet de civisme républicain, confirmé par une photo et un remerciement daté et signé de la main même de Léon Blum (Le Parisien 11_05_07)
4. Les marchés publics, dont a bénéficié Vincent Bolloré, représentent une infime partie (0,8 %) de l’activité du groupe, soit 50 millions sur un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros, donc le groupe travaille à 99,2 % avec le privé. Il faudrait savoir dans quelles conditions ces marché, apparement négligeables, ont pu être passés mais, dans un appel d’offres, le poids d’un tel compétiteur doit être déterminant.
5. Sarkozy décide de participer à l'inauguration du monument sur l'esclavage, en contradiction apparence avec son refus de la repentance et ceci en compagnie de Chirac. Bien joué. Sa position profonde ? Je pense qu’elle est comparable à celle de certains juifs libéraux devant la Shoah dont ils disent : "Le passé a un droit de vote, pas un droit de véto". Je transpose : d’accord pour évoquer l’esclavage, mais pas pour en faire un ciment communautaire s’opposant à la nation.
6. Sarkozy se lance dans un recrutement où la “fidélité” (l’affectif) passe après la “compétence” (le sens de l’Etat). Comment lui donner tort ? Et s’il réussissait dans certains compartiments de la chose publique (Res publica) ? Sa réussite serait aussi la nôtre.

Nous sommes dans la rhétorique générale (je ferai plus tard une fiche à ce sujet) comme il y a une sémantique générale. La rhétorique générale ajoute "le choc des photos" au "poids des mots", la sémiologie à la rhétorique classique comme je l’expliquais plus haut. Les médias modernes lui donnent un champ d'action extraordinaire pour des hommes et des femmes d'action décidés et qui n'ont pas froid aux yeux.
Ségolène Royal en fait partie et c'est ce qui lui donne toute sa légitimité. Les “éléphants” sont des pachydermes de ce point de vue : trop lents, trop mesurés, ne sachant ni prendre la balle au bond, ni créer l’évènement. Ils voudraient entrer en hibernation jusqu’à la prochaine présidentielle. Pas possible. La figure de style essentielle est ici la métonymie qui repose sur des indices à offrir pour être déchiffrés. Par exemple les tenues de Ségolène : jamais la même et toujours en situation. Quelle garde-robe ! Cela ne m'étonnerait pas que de grands couturiers lui prêtent ses tenues comme ils le font pour les présentatrices de la météo. Je n'ai rien contre. Il peut aussi y avoir des indices négatifs, interprétés faussement comme les absences de Cécilia : on en déduisait sa mise à l'écart. Vrai?faux?peu importe .
La rhétorique n’est qu’une bulle et ne tient qu’un moment. L’avenir le dira : "On peut tromper quelqu'un tout le temps. On peut tromper tout le monde un temps. On ne peut pas tromper tout le monde tout le temps" La réalité reprend le pouvoir mais quelquefois un peu tard, trop tard.

Je lis dans Respublica : “Tout tourne autour d'une question: quelle attitude avoir face à la mondialisation libérale, ce nouvel âge du capitalisme? L'adopter : c'est la droite. L'accompagner : c'est l'illusion sociale-démocrate. Faire bifurquer le système au profit de priorités sociales et écologiques : c'est notre devoir d'invention.” La mondialisation ne se réduit pas au néo-libéralisme ou au capitalisme pour les populations qui voient leur niveau de vie progresser. Malgré des poches de pauvreté effrayantes dûes à des causes très diverses, la mondialisation reste une bonne chose Son principe, élévation du niveau de vie et du mieux-être partout dans le monde, devrait recevoir l'approbation des révolutionnaires internationalistes. “Accompagner” le mouvement ou le “faire bifurquer” ? La réponse correcte est ailleurs. À la question : “La mondialisation va-t-elle pénaliser les plus pauvres ? “, le prix Nobel d’économie, Amartya Sen répond “Non” à la condition, pour leurs Etats, de “démocratiser leur société, accroître la participation des citoyens aux décisions qui concernent le pays. Les gouvernants des pays en voie de développement doivent aussi orienter leur politique vers l’économie de marché, aider leurs population à s’y intégrer. Mais pour cela, ils doivent utiliser les dépenses publiques sociales. (...) Tout l’enjeu aujourd’hui est de démocratiser le système économique, de le rendre plus égalitaire. Cela requiert une vision plus éclairée de la mondialisation qui n’est ni un mal absolu, ni un idéal sans risque.” (La Croix 29_06_00)

La construction d’un programme et sa diffusion par capillarité, comme le fit Nicolas Sarkozy, est lente et longue. Ceci explique que Ségolène Royal propose, aussitôt après les législatives, de préparer l’élection présidentielle de 2012. Elle se voit évidemment en candidate mais comme il faudra une élection interne au P.S, il serait peut-être bon que les deux candidats arrivés en tête se préparent l’un et l’autre à l’échéance présidentielle en veillant à être d’accord sur l’essentiel.
Ségolène Royal a raison de refuser le cumul des mandats et de se centrer sur la présidence de la région Poitou-Charentes et ceci pour trois raisons :
- Cet échelon, le dernier avant l’échelon présidentiel, est assez large pour travailler à gagner les catégories qui manquent à la gauche en tranches d’âges et en professions.
- Les 24 régions et territoires (22 sont à gauche) doivent coordonner leurs actions et les faire connaître. Le déficit médiatique est considérable mesuré à l’activisme de Sarkozy qui, pendant cinq ans, a fait parler de lui presque quotidiennement.
- Ce sera l’occasion pour Ségolène Royal et ceux qui la soutiennent de mûrir leur projet dans une démarche vraiment collective qui manque encore.
Ce n’est pas un reproche. La démocratie participative a beaucoup à voir avec la pédagogie Freinet. Celle-ci n’est possible qu’au terme d’un long travail sur soi et ceci de la part de tous ses acteurs.

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Roger Favry / 525 rue Garrel / 82000 Montauban <roger.favry@wanadoo.fr>
"Instruire ce n'est pas emplir un vase mais allumer un feu." (lieu commun antique)
"Je m'avance vers celui qui me

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Samedi 12 mai 2007
DEBAT

REPERES POUR COMPRENDRE L’ECONOMIE CONTEMPORAINE

RPC 36 – mai 2007


Premier survol d’un échec : D’une insuffisance conceptuelle au rôle déterminant des tranches les plus âgées de la population


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La Gauche conduite par Ségolène Royal réunit près de 47% des suffrages. Sarkozy devient président de la république. Dans un mois, les élections législatives seront là pour lui donner une majorité. Il l’aura sans doute. Le Bonaparte que l’on attendait (voir l’interview de Jacques Marseille pour « La Vie », dans son numéro ,veille d’élection) sera en place pour cinq ans. Pourquoi ? Si forte que soit la déconvenue de ceux qui ont cru en Ségolène Royal, tout n’est pas perdu. Mais la société, dit-on, a changé. On ne peut en douter. Il faut en tirer les conséquences sans renoncer aux idéaux traditionnels de la gauche : Le monde a changé, certes. La condition de beaucoup de salariés n’a pas changé, sinon dans le sens d’une aggravation. Le libéralisme qui , comme le dit Joseph Stiglitz, ne sait régler ni la question de la pauvreté, ni celle des inégalités, a fait son temps, lui aussi ,doit changer. On doit l’y contraindre. Ceci nous ramènerait à la question de la régulation. On y reviendra.


UNE RAISON DE L’ECHEC DE SEGOLENE ROYAL: UN ACCORD AVEC LE FRONT NATIONAL AURAIT ETE NEGOCIE PAR HORTEFEU ET UN AUTRE RESPONSABLE DE L’UMP ENTRE LES DEUX TOURS. IL S’AGISSAIT D’EVITER QU’UN SOUTIEN TROP OSTENSIBLE DE LE PEN A SARKOZY NE REPOUSSE VERS SEGOLENE ROYAL UNE PARTIE DESELECTEURS CENTRISTES. SARKOZY A AINSI RECUPERE 4 A 6 POINTS.


1 – Replacer l’échec de 2007 dans une perspective suffisamment longue.

Les efforts fournis n’ont pas suffi. Mais la recherche des causes, à chaud, n’est pas de circonstances, à un mois des élections présidentielles. La Gauche est déçue , comment ne pas l’être ? Elle n’était sans doute pas prête. Mais elle n’a pas connu la déroute. Il ‘est pas sans intérêt de rappeler la longue marche de françois Mitterand vers la Présidence de la République.

En 1965, Mitterand qui n’est pas du Parti Socialiste se présente, avec son appui, contre le général De Gaulle et paerd avec 45% des suffrages. A l’époque, personne ne pensait que De Gaulle puisse être mis en ballottage. En 1969, Guy Mollet lui refuse l’appui du Parti Socialiste ! Election de Pompidou. Mitterand comprend qu’il ne sera pas élu sans le concours d’un parti Socialiste rénové. Il provoque, en 1971, le congrès d’Epinay où son petit part, la Convention des Institutions Républicaines, fusionne avec le Parti Socialiste. Il prend le poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste. En 1974, face à Valéry Giscard d’Estaing, à la tête d’un PS rénové, il perd à nouveau avec 49,2% des suffragges. En 1981, il gagne avec 51,76% des suffrages.

On comprend mieux qu’il ait dit à la jeune Ségolène en 1988, alors qu’il venait, non sans mal, de lui obtenir la circonscription des deux-Sèvres « Vous allez vous faire battre mais c’est comme cela qu’on commence. La démarche de Ségolène Royal s’inspire largement de l’exemple de François Mitterand. Elle a fait mieux que lui pour un premier essai. Nul doute, elle nous l’a dit au soir de l’élection perdue, qu’elle veuille pousser plus loin en passant, elle aussi, par la rénovation de son Parti. Mais elle ne peut ni ne veut sans doute se débarrasser du Premier Secrétaire comme Mitterand avait fini par se débarrasser de Guy Mollet. Les situations ne sont pas comparables.

Replacée dans cette perspective, la performance réalisée par Ségolène Royal n’est pas mauvaise, d’autant que, prenant de l’avance, elle a tenté la rénovation à l’occasion de la campagne. Tentative à haut risque. Elle n’avait pas d’autres solutions. Le pari était difficile à gagner. On reviendra à ce sujet sur notre fiche RPC 32 dans laquelle nous analysions le « Projet Socialiste ». Nous constations qu’il contenait, certes, quelques uns des mots essentiels, la nécessité d’une économie régulée par le politique, ou l’affirmation d’un non retour sur le refus du projet de constitution européenne, telle que rejetée en mai 2004.. Pour le reste, il ne s’agissait plutôt que de l’accumulation de propositions traditionnelles, souvent timides, souvent contestables. Le Projet Socialiste, étape nécessaire sans doute, n’était pas le reflet d’une profonde rénovation, mais un compromis entre les demandes hétérogènes provenant d’horizons divers.

Mitterand contrôlait son Parti, dans les dernières étapes. Ce n’était pas la situation de Ségolène Royal pendant la campagne électorale. Ce n’est pas encore sa situation bien qu’elle ait, devançant l’évolution, proclamé, dès l’annonce de son échec, et sans amertume apparente, qu’elle poursuivrait l’œuvre engagée. Le nouveau calendrier électoral qui place les législatives un mois après les présidentielles interdit sans doute une révolution de palais, d’autant moins prévisible que les résultats obtenus par Ségolène Royal sont de bonne augure pour les élections municipales de 2008 dans les grandes villes.

La direction du PS réussira-t-elle la rénovation en cours ? Laissera-t-on la candidate poursuivre l’œuvre engagée ? L’issue n’est pas certaine car personne ne peut encore mesurer l’intensité de la colère retenue des éléphants. On sent bien Dominique Strauss-Kahn réticent, quoiqu’il dise. Le rôle de François Hollande, difficile, sera capital. Il devra s’opposer à toute tentative de règlement de comptes, ce qu’il a déjà affirmé vouloir faire, et se montrer assez charismatique pour piloter lui-même les opérations de rénovation, sans pour autant bloquer le travail de Ségolène. La gauche aura maintenant du mal à se passer de Ségolène Royal, quels qu’aient été ses mérites et ses erreurs, mais Ségolène Royal a besoin d’un Parti Socialiste reconstruit. François Hollande pourra-t-il être le Premier Secrétaire de la rénovation et de la reconstruction ?

Strauss-Kahn reconnaissait, au lendemain de l’élection présidentielle, que Ségolène Royal avait initié la rénovation nécessaire mais n’avait pas eu le temps, pendant les six mois de la campagne, d’aller assez loin. Cette reconnaissance est de bonne augure. Puisse Fabius conserver lui aussi la retenue qui convient.

2 - La fragilité doctrinale du Parti Socialiste.

Le Socialisme d’hier, jusqu’en 1981, était d’inspiration marxiste. Voire les 101 propositions de François Mitterand. Depuis cette période, le Parti Socialiste n’a jamais redéfini clairement ses orientations doctrinales. A défaut de doctrine, on voit fleurir, dans et hors le Parti, les cahiers de revendications, du projet socialiste aux 115 propositions d’AC Le Feu ou au Pacte écologique de Nicolas Hulot. Ségolène Royal fit donc campagne, sans référence idéologiques reconnues par l’ensemble de son camp, et fut, par conséquent, soumise,simultanément, aux pressions d’une Gauche et d’une extrême-Gauche néo-marxiste, d’une tendance sociale-démocrate assez bien représentée par Dominique Stauss-Kahn, puis d’un centre resté libéral, représenté par François Bayrou mais comptant, de fait, des adeptes au sein du mouvement socialiste lui-même, notamment parmi les responsables de l’économie et de la Haute Fonction Publique. Ses propositions, même issues d’une « campagne participative » dont elle était, au sein de son Parti, la promotrice et probablement la seule militante, ne pouvaient s’organiser autour de quelques concepts simples, contrairement à son concurrent dont les orientations idéologiques et les ambitions personnelles étaient connues de tous et depuis longtemps.
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Le projet Socialiste paraissait, dans son préambule, se situer dans la perspective d’une économie de la régulation. Le verbe « réguler » y figurait en toutes lettres mais la démarche s’arrêtait là. La régulation nécessaire de l’économique par le politique n’y était pas défini, de sorte que la plupart des lecteurs dudit projet n’en voyait certainement pas la portée. Mais la candidate du Parti Socialiste pouvait-elle franchir une étape de plus en disant clairement que son Parti reconnaissait le rôle du Marché dans l’économie, sous réserve que l’Etat fixe aux acteurs dudit marché les objectifs et les contraintes et se donnent les moyens d’en contrôler la réalisation ? On peut en douter, faute d’une réflexion collective préalable.

La situation de la candidate se trouvait encore plus difficile lorsqu’il fallut aborder les problèmes de l’Europe et de la mondialisation. Sa propre position, à l’occasion du référendum de mai 2004, la classait dans le camp des ralliés au néo-libéralisme, alors qu’elle disait accepter, maintenant, le caractère définitif du « non » au projet de constitution. Voulait-elle seulement un compromis entre partisans du non et du oui au référendum du 29 mai 2004 ou avait-elle intégré la nécessité d’une régulation de l’économique par le politique dans la construction de l’Union Européenne ? On n’en sait toujours rien, à défaut d’une rénovation doctrinale sérieuse au sein du Parti Socialiste. Elle proposait, à défaut, d’adjoindre au texte initial un additif social, sans convaincre, par ailleurs, de sa capacité à le faire accepter par nos partenaires. Passons sur le fait qu’à défaut de ladite rénovation, il devenait vain d’aborder les problèmes liés à la mondialisation sous sa forme libérale, qui n’est pas la seule possible. On n’en parla donc à peu près pas.

Quelles qu’aient été les qualités réelles de la campagne de Ségolène Royal, on ressentit donc assez fortement le manque d’une claire et solide architecture de projet face à un adversaire solidement appuyé sur un système dont il n’avait même pas besoin de parler tant il était classique, le libéralisme, appuyé sur une forte tendance bonapartiste (cf. l’interview de Jacques Marseille par un journaliste de La Vie, à la veille du second tour).

De façon plus factuelle, la rénovation des bases idéologiques de la gauche française devrait revenir sur certains les grands thèmes de la campagne, spécialement sur la question du travail que Sarkozy s’est indûment appropriée, comme si la gauche ne s’en souciait pas. Sur ce point, la contre-argumentation aurait pu être plus musclée. Sur la question des 35 heures et des heures supplémentaires, il eût été possible d’inverser le discours de Sarkozy en s’adressant aux employeurs et non aux salariés. La question de savoir si l’on peut travailler plus relève en effet des employeurs plus que des salariés. Pourquoi l’homme de « la culture du résultat » n’a-t-il pas demandé à tous les employeurs de mettre en place 200 heures supplémentaires par an, pour chaque salarié, sans délai ?

3 – Le poids déterminant des retraités dans l’élection présidentielle.

La campagne des présidentielles de 2007 sera sans doute marquée par le poids déterminant des électeurs de plus de soixante ans dans la décision politique. D’après les statistiques de l’INSEE, la France, DOM compris (mais TOM exclus) comptait 12.478.127 personnes de plus de 60 ans, dont 4.478.127 personnes de plus de 75 ans.

Un sondage IPSOS/DELL, à la date du scrutin, concernant les votes en fonction de la tranche d’âge, donnait les informations suivantes :



Tranches d’âge 18/24 ans, Ségolène Royal 58%,
25/34 ans, Ségolène Royal 43%,
35/44 ans, Ségolène Royal 50%,
45/59 ans, Ségolène Royal 55%,
60/69 ans, Ségolène Royal 39%,
70 et plus, Ségolène Royal 32%.

Partant des données de l’INSE, nous nous sommes posés deux questions :

- Quel a été l’avantage apporté à Sarkozy par les électeurs de plus de 60 ans ?
- Que se serait-il passé si les candidats avaient fait jeu égal dans cette classe d’âge ?

Repartant des données démographiques de l’INSEE pour l’année 2007, naissances, population étrangères, électeurs français vivant à l’étranger, et des résultats du second tour concernant les inscrits (44.472.363), les abstentions(16%), Les votes blancs ou nuls(4,20%), on a calculé le nombre de voix correspondant aux votes des classes « Plus de 70 ans » et « 60 à 69 ans ».

On constate que, pour la tranche « 60 à 69 ans », l’écart entre les deux compétiteurs est de l’ordre de 1.600.000 voix au profit de Sarkozy. Il est de 1.400.000 pour la tranche des « 60 à 69 ans », toujours au profit du même. L’écart total est donc de l’ordre de 3.000.0000 de suffrages.

Les suffrages exprimés étant de 35.774.019, le point vaut environ 350.000 voix. L’écart entre Ségolène Royal et Sarkozy est par conséquent de l’ordre de 8 à 9%. C’est ce qu’apportent les retraités à Sarkozy, plus qu’il n’en fallait pour gagner l’élection présidentielle.

Il aurait fallu trois points de plus, environ, à Ségolène Royal pour atteindre la barre des 50%.
Une réduction de trois points de l’écart la séparant de Sarkozy, dans ces deux classes d’âge, aurait suffi. Ce constat inspire une conclusion : Le discours de la Gauche était peut-être adapté aux classes actives, encore qu’on puisse sans doute mieux faire. Il n’a pas été adapté aux retraités.

Pourquoi Sarkozy a-t-il mieux réussi auprès des personnes âgées ? On peut en réponse à cette question formuler quelque hypothèses. Sarkozy, on l’a dit plus haut, n’avait pas de problèmes idéologiques : Libéral affirmé, entretenant les meilleures relations avec le MEDEF, très proche des maîtres des média,…il ne lui était pas nécessaire, bien au contraire, de mettre en avant des arguments de type idéologique justifiant ses choix libéraux. Comme le rappelait le porte-parole du gouvernement François Copé, à France-inter, le mardi 8 mai au matin, la question de savoir si le gouvernement intervient ou pas dans l’économie, si l’économie est plus ou moins libérale, n’est plus de circonstance. La question est maintenant uniquement de vouloir de changer les choses. Dans quel sens ? le maître en décidera !

Tout se passe alors comme si Sarkozy avait à loisir pu choisir des thèmes de campagne particulièrement adaptés aux tranches d’âge les plus élevées : Sécurité, travail, nation, mérite individuel, réduction massive du chômage sous cinq ans…des mots qui sonnent clair à l’oreille des anciens, des mots faciles à retenir, dont certains évoquent l’école, ou font écho aux thèmes de l’extrême-droite, des mots qui soulagent lorsqu’ils promettent aux grands-parents un travail assuré pour leurs petits-enfants. Mais des mots à propos desquels il n’est pas nécessaire de fournir des justifications dans le cas qui nous intéresse. Ces mots-là ne ramènent pas à Jaurès, mais plutôt, pour certains, au prince-président des années 1850, à la Révolution Nationale, Travail, Famille, Patrie, à certains aspects du poujadisme, et, plus près de nous, à Silvio Berlusconi, sur fond de Casinos Barrière et de navigations ostentatoires. De quoi rassurer ceux qui se lèvent tôt, et tout ceux qui voudraient bien gagner plus, pourvu qu’on leur offre du travail !

Parmi les thèmes retenus par notre nouveau Bonaparte auxquels les classes les plus âgées sont particulièrement sensibles, la sécurité, évidemment. Serge Portelli, Vice-Président du Tribunal de Paris, Président de la 12ième chambre correctionnelle, ex-conseiller de Raymond Forni à la Présidence de l’Assemblée Nationale, avait, en mars 2007, produit un ouvrage essentiel, « Ruptures », actuellement disponible sur internet. Son contenu permet d’expliquer ce que Sarkozy a effectivement fait ou voulu faire en matière de sécurité. Il fait état d’erreurs, d’oublis, de rapports non diffusés, à propos d’une politique sécuritaire qui s’installe depuis cinq aans mais quiest loin d’avoir fait de son efficacité, bien au contraire, peut-être. Cet ouvrage dont nous produirons ultérieurement une analyse, est accesssible sur www.betapolitique.fr. La candidate des socialistes aurait pu l’utiliser davantage pour illustrer, mieux qu’elle ne l’a fait, l’échec de la politique sécuritaire de Sarkozy et pour mettre en évidence les risques de la politique annoncée. Les candidats aux élections législatives auraient certainement intérêt à s’en servir

La question de la sécurité aurait dû conduire les candidats à esquisser une grande politique de développement urbain, condition nécessaire d’une réduction de la crise urbaine. Elle se rappelait pourtant, dès le soir d’élection, et depuis les élections, plusieurs soirs de suite, au bon souvenir de tous. Près de 700 voitures brûlées la première soirée post-électorale. On peut craindre que sous son règne, la crise urbaine ne devienne beaucoup plus violente. Mon inquiétude à ce sujet repose non sur un discours partisan mais sur l’observation rapprochée, dans le cadre de responsabilités concrètes et précises, de la vie de grandes cités de la banlieue sud de Paris. La crise des quartiers, de la banlieue, de la ville, n’est pas éteinte.

Le 7 mai au soir, dans le quartier de La Grande Borne, à Viry-Chatillon et Grigny, un incident a opposé, comme d’habitude, des jeunes qu’on a dit armés de cocktails molotov à des CRS. La police a tiré à balles réelles. Un jeune a été blessé.

La gauche doit trouver le discours qui réponde aux attentes des retraités et les moyens d’entretenir avec eux un contact qui ne passe ni par la grève, ni par les meetings, ni par les manifestations de rue. Ce sont d’autres modes d’action à inventer lorsque la rénovation du Parti Socialiste aura clarifié les contenus. Encore faudrait-il faire vite..

Nous n’avons fait qu’esquisser quelques points sur lesquels il faudra revenir, réflexions de lendemain d’échec. Souhaitons que le Parti Socialiste engage rapidement la rénovation nécessaire, et retrouve les voies et moyens d’un contact efficace avec nos retraités, avec toutes les personnes âgées, qu’on doit aussi associer au travail de rénovation.

Par liger - Publié dans : élections présidentielles
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Vendredi 30 mars 2007
DEBAT
 
REPERES POUR COMPRENDRE L?ECONOMIE CONTEMPORAINE
 
RPC 35 ? mars 2007
 
 
Maintenant, choisir !
 
(suite RPC33 :Questions à Ségolène Royal)
 
 
 TOUS NOS TEXTES SONT ACCESSIBLES SUR    www://economie-liger.over-blog.com
  
 
 Ségolène Royal ne nous a pas répondu directement?La candidate du Parti Socialiste a , cependant, apporté, à travers ses différentes interventions, des réponses aux   questions que nous posions( cf. en particulier,  le Monde du 6 mars 2007). Nous avons suffisamment d?éléments   pour effectuer un choix de second tour. Les choix de premier tour n?ont qu?une valeur indicative sur lesquels, en l?état de notre législation électorale, nous ne nous attarderons pas.
 
Bayrou veut rassurer. Il a   récupéré les intentions de vote de ceux qui, à gauche, auraient soutenu un candidat de gauche « raisonnable », c?est à dire pas trop engagé en faveur des classes les plus défavorisées et, notamment, de ceux qui, désespérant de la gauche, ralliaient les extrêmes. Ceux-là, dont un certain nombre de grands fonctionnaires, devront, de toutes façons se déterminer pour le second tour car Bayrou ne sera probablement pas au second tour.
 
En s?adressant   aux jeunes des quartiers difficiles, aux français en grandes difficultés, en les écoutant, Ségolène Royal a sans doute   effrayé une gauche bourgeoise, qui veut bien s?accommoder d?un changement managé par les classes moyennes, comme en 1789, mais qui se méfie de la trop grande place que voudraient ou souhaiteraient prendre les groupes sociaux les plus marginalisés, les plus pauvres, même s?ils représentent 10 à 20% de la population (addition des pauvres recensés selon les critères officiels, des étrangers en mal d?intégration, des « sans-papiers » , des « sans logements », et de beaucoup de ceux qui sont pauvres de leur trop grande précarité, indépendamment même de leurs revenus). Marx disait déjà qu?on ne fait pas la révolution avec le « lumpenproletariat » !
 
Que ceux de nos amis qui auraient opté pour cette gauche confortable reviennent parmi nous. La période est grave. Les menaces qui pèsent sur la démocratie et la planète sont bien là. Sarkozy veut être le Napoléon du 21ième siècle. Nous ne devons pas le laisser faire.
 
Pour nous, c?est clair : Choisir Ségolène Royal, en dépit de toutes les critiques. Son rival ne travaille que pour lui-même. Seul le pouvoir l?intéresse. Son discours en matière économique est incohérent, infondé, et se réfère à un libéralisme dépassé. Son échec dans le domaine des banlieues est patent. Son projet, sur le plan européen, consisterait à réimposer par la voie parlementaire le texte repoussé par la voie référendaire. Ce n?est pas le Président dont la France a besoin, surtout s?il s?agit de redonner à notre vieille nation un rôle d?avant-garde, celui qu?elle prit en 1789, au risque de se mettre à dos toutes les aristocraties européennes.
 
 
Les développements qui suivent expliquent, notre choix. Une décision aussi importante que l?élection qui nous est proposée doit s?appuyer sur un nombre limité de points essentiels : Une conception de l?économie et de ses rapports au politique, une façon de concevoir l?exercice de la Démocratie(réforme des institutions et du dialogue social), une façon de concevoir le rôle de la France en Europe et l?évolution des relations au sein de l?Europe, une façon de concevoir la place des préoccupations environnementales, une façon d?appréhender la question dite des banlieues. Cela suffit même si c?est incomplet. L?élection n?arrêtera pas le débat. Le  « débat participatif » doit se poursuivre, après les élections, dans tous les cas. Il se poursuivra probablement avec Ségolène Royal. Il se poursuivra, avec Sarkozy, au bout des matraques. Un délégué du syndicat Alliance, ami se Sarkozy expliquait, à l?émission de Calvi, le 28 mars, à 18 heures, que la police devait réprimer, dans l?incident de la gare du Nord comme dans l?affaire de Clichy-sous-Bois, un fraudeur, des casseurs, et ces intellectuels qui soutiennent toute contestation » ! le propos de ce fidèle sarkozien est particulièrement clair.
 
(NDLR : Qui a suscité les casseurs dans la gare du nord, un long moment, certains disent deux heures, après l?incident provoqué par le fraudeur ?)
 .
 
 
 
 
1 ? Nos critères de choix :
 
Depuis de longues années, et notamment depuis la chute du « mur », nous constations que l?économie collectiviste, planifiée à la façon stalinienne, ne pouvait plus être considérée comme une alternative à une économie libérale dominée par le marché. Depuis la chute du « mur », le libéralisme s?est efforcé d?occuper tout l?espace disponible. Aujourd?hui, les USA eux-mêmes, reviennent   au protectionnisme le plus classique chaque fois qu?ils estiment que leurs intérêts sont menacés. La solution d?avenir ne pouvait donc être ni collectiviste,, ni libérale.
 
La fin du rêve soviétique ne signifiait pas le triomphe inconditionnel du marché. Pourtant, nombre de libéraux, dont Sarkozy, Parisot sa comparse,   s?accrochaient   farouchement, et s?accrochent encore, au mythe d?un marché, grand régulateur de l?économie, et, au delà, de la Politique. Que les USA ne considèrent plus le libéralisme que comme un produit pour sous-développés, ne les conduit pas à se remettre en cause, tant sont considérables les intérêts financiers en jeu. 
 
Le retentissement des travaux de Joseph Stiglitz, prix Nobel d?économie, qui fut un haut responsable des questions économiques auprès de Bill Clinton puis à la Banque Mondiale, est à cet égard remarquable. Il a en particulier fortement insisté sur le fait que le libéralisme économique ne savait   réduire ni la pauvreté, ni les inégalités sociales, que ce soit entre les nations ou à l?intérieur de chaque nation.
 
Sur le plan conceptuel, nos critères de choix, au regard des échéances, sont par conséquent   très clairs : Rejet des systèmes proposant une économie collectivisée, rejet du tout libéral et, notamment, du rôle imparti par les libéraux à un marché qui conduirait naturellement aux équilibres optimaux. Le marché demeure, certes, n?en déplaise à nos gauchistes, un acteur important de l?économie mais la collectivité doit l?orienter en lui assignant des objectifs démocratiquement définis et des contraintes qu?il doit respecter. Le pouvoir économique, celui de l?argent, ne doit jamais prendre le pas sur le pouvoir politique. A travers la collectivité, la participation des citoyens à la conception et au contrôle des décisions doit être la règle. Reste à en définir les modalités.
 
Lorsque la situation de l?économie ne répond plus aux besoins du pays, ce qui est actuellement le cas, la collectivité (l?Etat d?abord) doit la réorienter, sachant qu?il dispose de deux moteurs essentiels, la demande et l?offre. Jean-Marc Sylvestre, le très (trop) libéral économiste patenté de notre radio nationale-libérale, France-Inter, le lundi 19 mars, expliquait doctement que, dans une économie évoluée, la relance devait être une relance par l?offre, ce que proposerait Sarkozy, alors que dans un pays en développement la relance passerait par un accroissement de la demande, ce que proposerait , à tort, Ségolène Royal. Singulier raccourci qui confond keynésianisme et socialisme et qui prête à Sarkozy des intentions qu?il n?a en tout cas jamais exprimées de cette façon. Le programme de Sarkozy, c?est plutôt un énorme fourre-tout qui promet tout à tout le monde au hasard des questions qui lui sont posées
 
2 ? Rejeter la candidature de Sarkozy : Pourquoi ?
 
 Sarkozy se présente comme le champion d?un libéralisme à l?américaine ( à la Butch), dans une France qui referait cause commune avec les USA. D?où son voyage aux USA et sa rencontre ostentatoire avec Bush, l?homme pourtant désavoué par son peuple pour ses mensonges, son incapacité à comprendre la situation du Moyen-Orient et sa façon désastreuse de conduire, en Irak, mais aussi en Afghanistan, en Erythrée, et ailleurs, une guerre permanente contre tous ceux qui s?opposent à sa confiscation des champs pétrolifères, et, à la domination des US sur le monde entier. L?homme aussi qui refuse le libéralisme dès que les intérêts de ses hommes d?affaires et agriculteurs sont en jeu !
 
Sarkozy veut, au nom de l?équilibre de nos comptes nationaux, réduire notre couverture maladie (annonce d?une nouvelle franchise sur les remboursements de soins annoncée, donc charges supplémentaires pour les assurés sociaux), nos pensions de retraite,?mais offre une collaboration franche à un Président des USA qui a provoqué, pour son pays, un endettement massif, une forte désindustrialisation, et qui va lui faire perdre une guerre coloniale en dépit de toutes les mises en garde. De quoi susciter bien des questions. Rappelons que Sarkozy a fait appel pour le conseiller, dans un passé récent, à Michel Camdessus, ex-patron du FMI, démissionnaire pour cause de crises à répétition ( voir à ce sujet RPC    ). Appliquant aveuglément les règles définies par la Réserve fédérale des Etats-Unis, il avait imposé aux pays du Sud-Est asiatique et d?Amérique du Sud des contraintes déraisonnables qui ont provoqué de graves crises, en Indonésie notamment, crise payée par des centaines de milliers de morts ?
 
Lorsque Sarkozy propose aux salariés de travailler plus (plus de 35 heures) pour gagner plus. Il oublie qu?il ne suffit pas de fabriquer pour s?enrichir. Il faut pouvoir vendre. En fait, il s?agit d?un discours visant « les 35 heurs » considérées comme le mal absolu, alors même que la droite les a sauvegardées depuis cinq ans ! Il fallait bien qu?il propose quelque part un début de rupture ! Sa proposition n?a d?ailleurs rien ni de la rupture, ni d?une révolution. De Robien, ministre du travail sous Raffarin, puis des transports, avait inventé la semaine de quatre jours avant que Martine Aubry ne se fasse la championne des 35 heures. Travailler plus pour gagner plus, c?est possible depuis toujours mais , dans la bouche de Sarkozy, c?est un piège. Si dans quelques mois, les salariés se plaignent, il leur renverra la responsabilité de leur triste situation : Je vous avais proposé de travailler plus, vous ne m?avez pas écouté.
 
Pourquoi, au lieu de s?adresser aux salariés, n?a-t-il pas demandé à Laurence Parisot, Présidente du MEDEF, d?obtenir des patrons qu?ils proposent à leurs salariés de travailler 150 heures de plus par an, davantage même ? Les employeurs pouvaient le demander sans problème à leurs salariés ? Le résultat eut été le même. Les salariés eussent augmenté leurs revenus. Certes, en cas d?impossibilité, la responsabilité eut été portée par les patrons, ce qui correspond à la réalité de l?économie et du code du travail. Mieux valait, pour l?avenir, faire supporter le responsabilité de l?échec par les salariés eux-mêmes.
 
La question de faire ou de ne pas faire des heures supplémentaires (travailler plus) est, il faut le redire, une question qui concerne les employeurs et non les salariés. C?est la règle du Code du Travail. Il appartient à l?employeur de commander les heures supplémentaires. Le salarié qui aurait refuser d?exécuter ces heures supplémentaires se serait mis en situation en de licenciement. Si l?employeur dans ces conditions demandait à ses salariés de faire toutes les heures de travail qu?il est en droit, aujourd?hui, de leur demander dans le cadre de la durée annuelle du travail prévue par les textes, il pourrait leur apporter plus qu?un treizième mois de salaire, ce qu?il ne fait généralement pas.
 
L?employeur, en effet, n?augmente le nombre d?heures travaillées dans son entreprise que si son carnet de commandes se gonfle et non si ses salariés veulent gagner davantage. Le discours de Sarkozy n?a pas de sens, ni du point de vue de la théorie économique, ni du point de vue du Code du Travail. Pire, il renvoie aux salariés la responsabilité de l?éventuel échec de sa politique économique.
 
Ajoutons que si les employeur avaient, de façon   régulière, les charges de travail qui permettent de demander une telle quantité d?heures supplémentaires, ils auraient aussi la possibilité de recruter   de nouveaux salariés. Les heures travaillées coûtent alors moins cher que des heures supplémentaires. L?employeur y gagnait. Le chômage diminuait d?autant. Mais cela ne correspond pas à la réalité de l?économie.
 
Vendre davantage ne garantit d?ailleurs pas l?expansion de l?emploi et du pouvoir d?achat. Encore faut-il que le surplus de valeur ajoutée produite par le surcroît de travail soit effectivement employé à mieux rémunérer le salarié. Ce n?est pas toujours le cas. Le supplément de valeur ajoutée peut aller aux apporteurs de capitaux ou être investi hors frontière. Voir l?exemple d?une grande entreprise d?édition(le nom n?est pas cité pour éviter des représailles) qui vient de réorganiser ses services commerciaux : Réduction des primes de ses commerciaux et pour leur permettre, non de gagner davantage mais seulement de ne pas trop perdre, augmentation de la taille de leurs secteurs commerciaux, donc plus de travail, plus d?heures sur la route. En l?occurrence, travailler plus pour éviter de gagner moins, pas pour gagner plus.
 
Autres propositions de l?UMP pour gagner plus : Que les jeunes mères salariées renvoient à plus tard leur congé de maternité !? contre l?intérêt de l?enfant, contre celui de la santé de la mère. Que les salariés   puissent repousser comme ils le veulent l?âge de leur départ en retraite ?pour améliorer leurs   retraites ! Une pension majorée (voire) pour une   retraite plus courte.. et le pays compte plus de quatre millions de chômeurs ! C?est le projet de l?UMP.
 
 Conclusion : Rejeter la candidature de Sarkozy dont le discours économique n?est qu?un fatras de propositions peu cohérentes et qui, au demeurant, premier flic de France pendant des années, a complètement échoué en matière de sécurité. Rejeter un candidat qui promet sans rire de ramener en 4 ans le taux de chômage à 4%, de donner en deux ans un toit à tous ceux qui n?en n?ont pas et de relancer le projet européen en moins de trois mois ! Rejeter un candidat qui est ministre depuis cinq ans et promet de faire en cinq ans ce qu?il n?a pas fait au cours des cinq dernières années.
 
2 ? Choisir Ségolène Royal : Pourquoi ?
 
Nous ne sommes pas les porte-paroles de la candidate socialiste. Mais nous l?avons écoutée. Nous avons suivi les débats, tant sur son blog, que dans les nombreuses réunions de sa campagne, d?ailleurs encore inachevée. Nous aurions encore bien des questions à lui poser, certes, mais nous quelques conclusions s?imposent déjà qui justifient suffisamment notre choix :
 
        21 ? Les perspectives ouvertes s?inscrivent dans la ligne d?une économie de la régulation, position déjà exprimée dans le préambule du Projet Socialiste. Ni marxiste, ni libérale, deux positions qui ont rendu service mais qui ne sont plus d?actualité. En aucun cas, une position moyenne entre les deux précédentes. Une position qui redonne à l?Etat la maîtrise de l?avenir de la Nation, dans l?Europe, qu?elle peut contribuer à réorienter et à promouvoir dans un monde dont il faudra repenser l?évolution. L?économie de la régulation, ce n?est pas l?économie du Centre, c?est l?économie de l?avenir. L?accroissement du pouvoir des Régions, en matière économique, pouvoir déjà inscrit dans les textes, va dans le sens d?une meilleure capacité régulatrice de la collectivité.
 
       22 - La mise en place d?un nouveau mode de négociation sociale (conférence annuelle réunissant tous les partenaires sociaux) qui doit redonner aux salariés des moyens d?intervention dans la gestion de l?économie et des entreprises devrait rendre possible la régulation démocratique attendue. Elle lui donnera du sens. On devine les difficultés qui vont surgir. Les électeurs devenus acteurs accepteront-ils de jouer le jeu proposé ou bien s?en remettront-ils, à nouveau, à de providentiels élus ? La Démocratie profitera-t-elle de cette opportunité pour progresser ? L?expérience vaut d?être tentée.
 
       23Une France, fière de ses traditions, qui se présentera à nouveau comme promotrice d?une Europe en devenir, sans complexe, mais, comme le dit la candidate, une « Europe de la preuve » qui passera par le lancement d?un certain nombre de grands projets communautaires (moteurs d?une relance de l?économie, via la recherche). Les champs d?application ne manquent pas, notamment dans le domaine de l?énergie et de l?environnement. Une Europe qui saura protéger ses ressortissants des concurrences anormales, pour ce qui concerne l?extérieur, et qui aidera les Etats de l?Union les plus en retard à le combler sans passer par des pratiques de dumping social et fiscal.
 
Il suffirait de procéder avec les pays de l?Europe de l?Est comme on l?a fait avec le Portugal, l?Espagne, l?Irlande, sous réserve de donner au budget européen la dimension qui convient . La candidate, sur ce point, a été très explicite au cours de ses interventions. C?est d?une certaine façon, un retour aux sources et la certitude de ne pas voir revenir un projet de constitution dont les français n?ont pas voulu, dont nous n?avons pas voulu avec une motivation claire qui n?avait rien à voir avec une simple réaction de rejet à l?égard de Chirac ;.
 
     24 ? La France proposera un nouveau référendum européen, sur un texte différent de celui de 2004, un texte lisible, clair, qui ne traiterait pas des politiques de l?Union. Le projet paraît d?une réalisation complexe. Peut-être. Mais il rencontrerait sans doute, soumis partout à référendum, si possible en même temps, un assentiment fort des peuples. Soumis aux parlements, comme cela a déjà été le cas, dans les conditions que l?on a connues, il n?aurait été que le produit de ces aristocraties européennes qui ne feront jamais l?Europe, qui ne pourront jamais faire qu?un vaste marché libre aux limites incertaines mais aux profits assurés.
 
    25 ? La question de l?environnement sous tous ses aspects est, plus qu?il n?y paraît peut-être, au centre du projet de Ségolène Royal. L?effort de recherche et de développement qu?il suppose garantit une offre renouvelée (contrairement à ce que prétend l?économiste patenté de France-inter) car la sauvegarde de la planète suppose un renouvellement de beaucoup des produits   aujourd?hui proposés au consommateur.
 
    26 ? Le projet de Ségolène Royal prend en compte la question des banlieues dans tous ses aspects. La particularité du projet socialiste tel qu?elle l?exprime est de considérer que les jeunes concernés portent une patrie notable   de notre avenir. Ce ne sont pas des marginaux dont il conviendrait de se méfier. Or dans ce domaine, la question de la considération portée aux interlocuteurs est fondamentale. Déjà, sur le terrain, les méfaits de l?attitude adoptée par Sarkozy sont évidents, au point qu?il ne paraît plus en mesure de se rendre dans les quartiers réputés difficiles, bien que, jusqu?alors, Ministre de l?Intérieur disposant des forces de police. Depuis cinq ans, rien de fondamental n?a changé n?a changé. Ségolène Royal a pris conscience des risques qui croissent au fil des années. Elle paraît à l?évidence mieux placée que Sarkozy pour prendre les initiatives qui s?imposent. Les dernières élections syndicales dans la police nationale, en donnant une majorité aux syndicats dits de gauche, illustre le mal-être d?une police qui s?accommode mal du rôle de garde prétorienne du libéralisme et de son leader .
 
 
 
Ces six conclusions justifient largement le choix de SEGOLENE ROYAL. Portons la à la Présidence de la République puis reprenons les débats en cours, certain qu?elle considèrera son élection comme le commencement de quelque chose de nouveau et non comme le point final des débats amorcés au cours de la campagne.
 
DEBAT
 
REPERES POUR COMPRENDRE L?ECONOMIE CONTEMPORAINE
 
RPC 35 ? mars 2007
 
 
Maintenant, choisir !
 
(suite RPC33 :Questions à Ségolène Royal)
 
 
 TOUS NOS TEXTES SONT ACCESSIBLES SUR    www://economie-liger.over-blog.com
  
 
 Ségolène Royal ne nous a pas répondu directement?La candidate du Parti Socialiste a , cependant, apporté, à travers ses différentes interventions, des réponses aux   questions que nous posions( cf. en particulier,  le Monde du 6 mars 2007). Nous avons suffisamment d?éléments   pour effectuer un choix de second tour. Les choix de premier tour n?ont qu?une valeur indicative sur lesquels, en l?état de notre législation électorale, nous ne nous attarderons pas.
 
Bayrou veut rassurer. Il a   récupéré les intentions de vote de ceux qui, à gauche, auraient soutenu un candidat de gauche « raisonnable », c?est à dire pas trop engagé en faveur des classes les plus défavorisées et, notamment, de ceux qui, désespérant de la gauche, ralliaient les extrêmes. Ceux-là, dont un certain nombre de grands fonctionnaires, devront, de toutes façons se déterminer pour le second tour car Bayrou ne sera probablement pas au second tour.
 
En s?adressant   aux jeunes des quartiers difficiles, aux français en grandes difficultés, en les écoutant, Ségolène Royal a sans doute   effrayé une gauche bourgeoise, qui veut bien s?accommoder d?un changement managé par les classes moyennes, comme en 1789, mais qui se méfie de la trop grande place que voudraient ou souhaiteraient prendre les groupes sociaux les plus marginalisés, les plus pauvres, même s?ils représentent 10 à 20% de la population (addition des pauvres recensés selon les critères officiels, des étrangers en mal d?intégration, des « sans-papiers » , des « sans logements », et de beaucoup de ceux qui sont pauvres de leur trop grande précarité, indépendamment même de leurs revenus). Marx disait déjà qu?on ne fait pas la révolution avec le « lumpenproletariat » !
 
Que ceux de nos amis qui auraient opté pour cette gauche confortable reviennent parmi nous. La période est grave. Les menaces qui pèsent sur la démocratie et la planète sont bien là. Sarkozy veut être le Napoléon du 21ième siècle. Nous ne devons pas le laisser faire.
 
Pour nous, c?est clair : Choisir Ségolène Royal, en dépit de toutes les critiques. Son rival ne travaille que pour lui-même. Seul le pouvoir l?intéresse. Son discours en matière économique est incohérent, infondé, et se réfère à un libéralisme dépassé. Son échec dans le domaine des banlieues est patent. Son projet, sur le plan européen, consisterait à réimposer par la voie parlementaire le texte repoussé par la voie référendaire. Ce n?est pas le Président dont la France a besoin, surtout s?il s?agit de redonner à notre vieille nation un rôle d?avant-garde, celui qu?elle prit en 1789, au risque de se mettre à dos toutes les aristocraties européennes.
 
 
Les développements qui suivent expliquent, notre choix. Une décision aussi importante que l?élection qui nous est proposée doit s?appuyer sur un nombre limité de points essentiels : Une conception de l?économie et de ses rapports au politique, une façon de concevoir l?exercice de la Démocratie(réforme des institutions et du dialogue social), une façon de concevoir le rôle de la France en Europe et l?évolution des relations au sein de l?Europe, une façon de concevoir la place des préoccupations environnementales, une façon d?appréhender la question dite des banlieues. Cela suffit même si c?est incomplet. L?élection n?arrêtera pas le débat. Le  « débat participatif » doit se poursuivre, après les élections, dans tous les cas. Il se poursuivra probablement avec Ségolène Royal. Il se poursuivra, avec Sarkozy, au bout des matraques. Un délégué du syndicat Alliance, ami se Sarkozy expliquait, à l?émission de Calvi, le 28 mars, à 18 heures, que la police devait réprimer, dans l?incident de la gare du Nord comme dans l?affaire de Clichy-sous-Bois, un fraudeur, des casseurs, et ces intellectuels qui soutiennent toute contestation » ! le propos de ce fidèle sarkozien est particulièrement clair.
 
(NDLR : Qui a suscité les casseurs dans la gare du nord, un long moment, certains disent deux heures, après l?incident provoqué par le fraudeur ?)
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1 ? Nos critères de choix :
 
Depuis de longues années, et notamment depuis la chute du « mur », nous constations que l?économie collectiviste, planifiée à la façon stalinienne, ne pouvait plus être considérée comme une alternative à une économie libérale dominée par le marché. Depuis la chute du « mur », le libéralisme s?est efforcé d?occuper tout l?espace disponible. Aujourd?hui, les USA eux-mêmes, reviennent   au protectionnisme le plus classique chaque fois qu?ils estiment que leurs intérêts sont menacés. La solution d?avenir ne pouvait donc être ni collectiviste,, ni libérale.
 
La fin du rêve soviétique ne signifiait pas le triomphe inconditionnel du marché. Pourtant, nombre de libéraux, dont Sarkozy, Parisot sa comparse,   s?accrochaient   farouchement, et s?accrochent encore, au mythe d?un marché, grand régulateur de l?économie, et, au delà, de la Politique. Que les USA ne considèrent plus le libéralisme que comme un produit pour sous-développés, ne les conduit pas à se remettre en cause, tant sont considérables les intérêts financiers en jeu. 
 
Le retentissement des travaux de Joseph Stiglitz, prix Nobel d?économie, qui fut un haut responsable des questions économiques auprès de Bill Clinton puis à la Banque Mondiale, est à cet égard remarquable. Il a en particulier fortement insisté sur le fait que le libéralisme économique ne savait   réduire ni la pauvreté, ni les inégalités sociales, que ce soit entre les nations ou à l?intérieur de chaque nation.
 
Sur le plan conceptuel, nos critères de choix, au regard des échéances, sont par conséquent   très clairs : Rejet des systèmes proposant une économie collectivisée, rejet du tout libéral et, notamment, du rôle imparti par les libéraux à un marché qui conduirait naturellement aux équilibres optimaux. Le marché demeure, certes, n?en déplaise à nos gauchistes, un acteur important de l?économie mais la collectivité doit l?orienter en lui assignant des objectifs démocratiquement définis et des contraintes qu?il doit respecter. Le pouvoir économique, celui de l?argent, ne doit jamais prendre le pas sur le pouvoir politique. A travers la collectivité, la participation des citoyens à la conception et au contrôle des décisions doit être la règle. Reste à en définir les modalités.
 
Lorsque la situation de l?économie ne répond plus aux besoins du pays, ce qui est actuellement le cas, la collectivité (l?Etat d?abord) doit la réorienter, sachant qu?il dispose de deux moteurs essentiels, la demande et l?offre. Jean-Marc Sylvestre, le très (trop) libéral économiste patenté de notre radio nationale-libérale, France-Inter, le lundi 19 mars, expliquait doctement que, dans une économie évoluée, la relance devait être une relance par l?offre, ce que proposerait Sarkozy, alors que dans un pays en développement la relance passerait par un accroissement de la demande, ce que proposerait , à tort, Ségolène Royal. Singulier raccourci qui confond keynésianisme et socialisme et qui prête à Sarkozy des intentions qu?il n?a en tout cas jamais exprimées de cette façon. Le programme de Sarkozy, c?est plutôt un énorme fourre-tout qui promet tout à tout le monde au hasard des questions qui lui sont posées
 
2 ? Rejeter la candidature de Sarkozy : Pourquoi ?
 
 Sarkozy se présente comme le champion d?un libéralisme à l?américaine ( à la Butch), dans une France qui referait cause commune avec les USA. D?où son voyage aux USA et sa rencontre ostentatoire avec Bush, l?homme pourtant désavoué par son peuple pour ses mensonges, son incapacité à comprendre la situation du Moyen-Orient et sa façon désastreuse de conduire, en Irak, mais aussi en Afghanistan, en Erythrée, et ailleurs, une guerre permanente contre tous ceux qui s?opposent à sa confiscation des champs pétrolifères, et, à la domination des US sur le monde entier. L?homme aussi qui refuse le libéralisme dès que les intérêts de ses hommes d?affaires et agriculteurs sont en jeu !
 
Sarkozy veut, au nom de l?équilibre de nos comptes nationaux, réduire notre couverture maladie (annonce d?une nouvelle franchise sur les remboursements de soins annoncée, donc charges supplémentaires pour les assurés sociaux), nos pensions de retraite,?mais offre une collaboration franche à un Président des USA qui a provoqué, pour son pays, un endettement massif, une forte désindustrialisation, et qui va lui faire perdre une guerre coloniale en dépit de toutes les mises en garde. De quoi susciter bien des questions. Rappelons que Sarkozy a fait appel pour le conseiller, dans un passé récent, à Michel Camdessus, ex-patron du FMI, démissionnaire pour cause de crises à répétition ( voir à ce sujet RPC    ). Appliquant aveuglément les règles définies par la Réserve fédérale des Etats-Unis, il avait imposé aux pays du Sud-Est asiatique et d?Amérique du Sud des contraintes déraisonnables qui ont provoqué de graves crises, en Indonésie notamment, crise payée par des centaines de milliers de morts ?
 
Lorsque Sarkozy propose aux salariés de travailler plus (plus de 35 heures) pour gagner plus. Il oublie qu?il ne suffit pas de fabriquer pour s?enrichir. Il faut pouvoir vendre. En fait, il s?agit d?un discours visant « les 35 heurs » considérées comme le mal absolu, alors même que la droite les a sauvegardées depuis cinq ans ! Il fallait bien qu?il propose quelque part un début de rupture ! Sa proposition n?a d?ailleurs rien ni de la rupture, ni d?une révolution. De Robien, ministre du travail sous Raffarin, puis des transports, avait inventé la semaine de quatre jours avant que Martine Aubry ne se fasse la championne des 35 heures. Travailler plus pour gagner plus, c?est possible depuis toujours mais , dans la bouche de Sarkozy, c?est un piège. Si dans quelques mois, les salariés se plaignent, il leur renverra la responsabilité de leur triste situation : Je vous avais proposé de travailler plus, vous ne m?avez pas écouté.
 
Pourquoi, au lieu de s?adresser aux salariés, n?a-t-il pas demandé à Laurence Parisot, Présidente du MEDEF, d?obtenir des patrons qu?ils proposent à leurs salariés de travailler 150 heures de plus par an, davantage même ? Les employeurs pouvaient le demander sans problème à leurs salariés ? Le résultat eut été le même. Les salariés eussent augmenté leurs revenus. Certes, en cas d?impossibilité, la responsabilité eut été portée par les patrons, ce qui correspond à la réalité de l?économie et du code du travail. Mieux valait, pour l?avenir, faire supporter le responsabilité de l?échec par les salariés eux-mêmes.
 
La question de faire ou de ne pas faire des heures supplémentaires (travailler plus) est, il faut le redire, une question qui concerne les employeurs et non les salariés. C?est la règle du Code du Travail. Il appartient à l?employeur de commander les heures supplémentaires. Le salarié qui aurait refuser d?exécuter ces heures supplémentaires se serait mis en situation en de licenciement. Si l?employeur dans ces conditions demandait à ses salariés de faire toutes les heures de travail qu?il est en droit, aujourd?hui, de leur demander dans le cadre de la durée annuelle du travail prévue par les textes, il pourrait leur apporter plus qu?un treizième mois de salaire, ce qu?il ne fait généralement pas.
 
L?employeur, en effet, n?augmente le nombre d?heures travaillées dans son entreprise que si son carnet de commandes se gonfle et non si ses salariés veulent gagner davantage. Le discours de Sarkozy n?a pas de sens, ni du point de vue de la théorie économique, ni du point de vue du Code du Travail. Pire, il renvoie aux salariés la responsabilité de l?éventuel échec de sa politique économique.
 
Ajoutons que si les employeur avaient, de façon   régulière, les charges de travail qui permettent de demander une telle quantité d?heures supplémentaires, ils auraient aussi la possibilité de recruter   de nouveaux salariés. Les heures travaillées coûtent alors moins cher que des heures supplémentaires. L?employeur y gagnait. Le chômage diminuait d?autant. Mais cela ne correspond pas à la réalité de l?économie.
 
Vendre davantage ne garantit d?ailleurs pas l?expansion de l?emploi et du pouvoir d?achat. Encore faut-il que le surplus de valeur ajoutée produite par le surcroît de travail soit effectivement employé à mieux rémunérer le salarié. Ce n?est pas toujours le cas. Le supplément de valeur ajoutée peut aller aux apporteurs de capitaux ou être investi hors frontière. Voir l?exemple d?une grande entreprise d?édition(le nom n?est pas cité pour éviter des représailles) qui vient de réorganiser ses services commerciaux : Réduction des primes de ses commerciaux et pour leur permettre, non de gagner davantage mais seulement de ne pas trop perdre, augmentation de la taille de leurs secteurs commerciaux, donc plus de travail, plus d?heures sur la route. En l?occurrence, travailler plus pour éviter de gagner moins, pas pour gagner plus.
 
Autres propositions de l?UMP pour gagner plus : Que les jeunes mères salariées renvoient à plus tard leur congé de maternité !? contre l?intérêt de l?enfant, contre celui de la santé de la mère. Que les salariés   puissent repousser comme ils le veulent l?âge de leur départ en retraite ?pour améliorer leurs   retraites ! Une pension majorée (voire) pour une   retraite plus courte.. et le pays compte plus de quatre millions de chômeurs ! C?est le projet de l?UMP.
 
 Conclusion : Rejeter la candidature de Sarkozy dont le discours économique n?est qu?un fatras de propositions peu cohérentes et qui, au demeurant, premier flic de France pendant des années, a complètement échoué en matière de sécurité. Rejeter un candidat qui promet sans rire de ramener en 4 ans le taux de chômage à 4%, de donner en deux ans un toit à tous ceux qui n?en n?ont pas et de relancer le projet européen en moins de trois mois ! Rejeter un candidat qui est ministre depuis cinq ans et promet de faire en cinq ans ce qu?il n?a pas fait au cours des cinq dernières années.
 
2 ? Choisir Ségolène Royal : Pourquoi ?
 
Nous ne sommes pas les porte-paroles de la candidate socialiste. Mais nous l?avons écoutée. Nous avons suivi les débats, tant sur son blog, que dans les nombreuses réunions de sa campagne, d?ailleurs encore inachevée. Nous aurions encore bien des questions à lui poser, certes, mais nous quelques conclusions s?imposent déjà qui justifient suffisamment notre choix :
 
        21 ? Les perspectives ouvertes s?inscrivent dans la ligne d?une économie de la régulation, position déjà exprimée dans le préambule du Projet Socialiste. Ni marxiste, ni libérale, deux positions qui ont rendu service mais qui ne sont plus d?actualité. En aucun cas, une position moyenne entre les deux précédentes. Une position qui redonne à l?Etat la maîtrise de l?avenir de la Nation, dans l?Europe, qu?elle peut contribuer à réorienter et à promouvoir dans un monde dont il faudra repenser l?évolution. L?économie de la régulation, ce n?est pas l?économie du Centre, c?est l?économie de l?avenir. L?accroissement du pouvoir des Régions, en matière économique, pouvoir déjà inscrit dans les textes, va dan
Par liger - Publié dans : élections présidentielles
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Mardi 16 janvier 2007
DEBAT

REPERES POUR COMPRENDRE L’ECONOMIE CONTEMPORAINE

Envoi 35 – Janvier 2007


A PARTIR DE CET ENVOI , TOUS NOS TEXTES SONT ACCESSIBLES SUR
www://economie-liger.over-blog.com

Le Droit au logement opposable : D’où ça vient ? Où ça va ?


L’association « Les Enfants de Don Quichotte a, le 26 décembre 2006, créé l’événement. Elle implantait, à Paris, le long du canal Saint-Martin, des tentes pour des « sans abris » et invitait des « bien logés » à venir y passer une nuits avec les SDF. Le 30 décembre, on dénombrait 250 tentes. Déjà, l’an passé, Médecins du Monde, avait distribué des tentes à des SDF, les implantant en bords de Seine, mais sans aller plus loin dans la politisation de la démarche. Il s’agissait de mettre en évidence le phénomène SDF. Cet hivers, l’acteur Jean-Baptiste Legrand et son association, « les enfants de Don Quichotte », ont imposé la question du logement comme enjeu fort pour l’élection présidentielle de 2007, obtenant du Président Chirac, à l’occasion de la cérémonie des vœux traditionnelles, à l’Elysée, la promesse d’une loi reconnaissant un droit « opposable » au logement, avant la fin de la fin de la législature en cours, une loi qui ne règlerait pas tout .

Pourquoi Chirac a-t-il pris cette initiative alors que la question figurait au programme des socialistes d’abord, puis de Sarkozy ? Par grandeur d’âme ? On peut en douter. Pour gêner son successeur ? Sans doute, mais plus Sarkozy que Ségolème Royal. Les socialistes avaient inscrit de longue date le droit au logement opposable dans leur projet. Marie-Noëlle Lienemann a d’ailleurs, dans une émission récente, rappelé qu’elle avait suggéré à Lionel Jospin d’inscrire, en 2002, quelque chose du même genre dans son propre programme. Il n’en fit rien.

Que peut-on attendre d’une telle loi ? Nous n’en savons rien de précis à ce jour, sinon qu’elle s’inscrirait dans une longue série de lois, décrets et circulaires, des centaines, concernant, depuis des décennies, la question du logement, sans jamais y répondre complètement. Elle initierait une opération compliquée, dont il n’est pas possible d’énumérer toutes les conséquences.

Elle peut aussi, en polarisant l’attention du public sur les situations d’urgence, masquer la nécessité d’une vraie politique du logement pour le long terme, et, plus encore, la nécessité, d’une stratégie de développement urbain, actuellement inexistante. Faut-il rappeler que l’Ecosse est, à ce jour, le seul pays qui ait voté une telle loi ? Elle y était discutée depuis 1985, a été votée en 2003 et ne devrait produire tous ses effets que vers 2012. C’est dire la difficulté d’une telle opération.

Depuis plus d’un siècle, la France s’interroge sur la façon de loger ses pauvres et sur la place qu’on peut leur laisser dans nos villes, le plus loin possible des centres, là où le terrain n’est pas trop cher et où leur accumulation ne présente pas trop de risques pour les classes aisées et le pouvoir. Eloigner les pauvres, c’est améliorer l’image de nos villes (c’est bon pour le tourisme) et la sécurité (c’est bon pour le ministre de l’Intérieur)

Les pauvres, que le libéralisme ne parviendrait pas à enrichir, bien au contraire, resteraient , pour les moins pauvres, une menace permanente, à prévenir, à défaut de pouvoir l’ignorer. C’est au fond la philosophie de Sarkozy.

Dans quel cadre se situe l’initiative récente de Chirac pour le droit au logement opposable et quelle peut en être la signification ? On trouvera dans ce qui suit une liste à peine commentée de faits et de décisions (lois, décrets…) qui depuis la fin du XIXième siècle jalonnent notre histoire dans le domaine du logement des pauvres, ouvriers d’hier, précaires et exclus d’aujourd’hui. Cette liste, évidemment très incomplète, paraît cependant significative. Elle illustre les étapes d’une course au logement pour tous qui n’en finit pas de ne pas aboutir. Comme le souligne le slogan d’une certaine émission télévisée, »on a tout essayé »…. Et cela ne suffit toujours pas. Pourquoi ?

On a, dès la fin du XIXième siècle, essayé d’aider les ouvriers à construire leurs logements. Plus tard, on a essayé de limiter, voire de supprimer les charges de loyer. On a permis aux pouvoirs publics de réquisitionner des locaux inoccupés pour loger des « sans-abri ». On a aidé à financer des logements sociaux, individuels ou collectifs. On a industrialisé la fabrication de logements de masse (les grands ensembles) pour en réduire le coût. On a essayé de constituer un parc d’hébergements plus ou moins précaires pour répondre aux situations d’urgence. On a imposé aux collectivités locales la constitution d’un parc de logements sociaux égal à 20% au moins de leur parc total…On a tout essayé, pour finalement constater, au mois de décembre 2006, la montée d’une nouvelle vague de revendications spectaculaires.

Restait à faire du logement un droit opposable, qui permette à toute personne sans logement d’en obtenir un de l’Etat ou des collectivités territoriales par voie judiciaire. Chirac veut maintenant le faire. Voilà qui peut satisfaire l’électeur….et le demandeur de logement, si la loi est applicable et appliquée, et c’est là une tout autre affaire. Un retour sur le passé incite à la prudence. On ne peut, pour autant, s’opposer à l’inscription de ce droit dans les textes de la République, d’autant que les libéraux veillent. S’ils acceptent du bout des lèvres que l’Etat s’implique dans le domaine de l’hébergement d’urgence, ils restent persuadés que la question du logement relève du marché. Les tentes de Jean-Baptiste Legrand ne les persuaderont pas du contraire.

On regardera, dans ce qui suit, des faits et des textes d’abord, énumération significative, on l’espère, mais incomplète évidemment. On en tirera quelques conclusions qui permettront de suggérer une opinion sur l’initiative chiraquienne.

1 – DES FAITS ET DES TEXTES CONCERNANT LE LOGEMENT.

1.1 - AVANT LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

1ier décembre 1894 – La loi Siegfreid permet à l’Etat d’aider les ouvriers à devenir propriétaires.

1.2 - DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE A LA FIN DE LA SECONDE

1913 – Première construction de « logements bon marché », les HBM de La Rochelle.

1913/1925 – Création de 1008 sociétés pour la construction de logements HBM, dont 429 à statut coopératif.

1918 – Le gouvernement décide un moratoire sur les loyers. Il s’agit de faciliter la ré-insertion des anciens combattants.

1928 – Loi Loucheur : Le Gouvernement veut aider les gens à revenu modeste à construire leurs habitations. Cette loi favorisera l’apparition des « lotissements » de banlieue, dans des zones encore non urbanisées, construits avec les conseils d’architectes payés par l’Etat. On lui doit l’apparition de ces innombrables pavillons de banlieue en « meulière ».

1931 – Construction du LBM de Drancy qui sera en fait le premier grand ensemble, comme on les verra se multiplier dans les années 50 et plus. L’accueil du public est catastrophique. Les appartements ne trouveront pas preneurs. On y installera des Gendarmes mobiles. En 1941, ce premier grand ensemble devient le camp de concentration de Drancy.

1.3 – DE LA SECONDE GERRE MONDIALE A LA CREATION DES HLM (1950)

11 octobre 1945 – Le gouvernement du Général De Gaulle promulgue une ordonnance permettant aux préfets de réquisitionner des locaux vacants au profit de personnes « sans-abri ».

octobre 1946 – Marseilles : 76000 demandes de réquisitions ont été adressées à l’office municipal du logement, 2200 dossiers ont été constituées. Aucune réquisition n’a été décidée. Le Mouvement Populaire des Familles lance des opérations de squatterisation qui permettront de reloger, dans le Sud-Est, 1700 familles.

1ier décembre 1948 – Une loi, connue sous le nom de loi de 48, réglemente l’évolution des loyers des appartements anciens. Non rénovés, on ne peut en augmenter les loyers, quelle que soit l’inflation. En 1975, un rapport Nora montrera que cette loi a eu beaucoup d’effets négatifs, absence de rénovation, apparition des coûts de reprise à la charge des nouveaux locataires, renvoi des jeunes vers des logements neufs à coût élevé…

1949 – Le mouvement des squatters s’éteint, suite à de très nombreuses condamnations par les tribunaux.

1945/1952 – Bilan de la politique du logement :Les Allemands ont construit dans la période 1 919 646 logements, les Français, 337 796 !

1950 – Le ministre du logement, Claudius-Petit, fait voter une loi créant les HLM

1950 – Naissance du mouvement des Castors. Des gens modestes se regroupent pour construire des villages de pavillons, à leur usage.

1.4 – DE LA CREATION DES HLM AU « COUP DE GUEULE DE DE GAULLE » 1960….

1953 – Mise en place de l’aide sociale à l’hébergement.

15 avril 1953 – Codification de l’épargne-construction

18 avril 1953 – La loi Minjoz accorde une prime de 1000 francs/m2 pour la construction de surfaces habitables.

9 août 1953 – Création du 1%patronal pour le logement.

1953-1954 – Lancement des premiers programmes de grands ensembles.

1954 – Inauguration officielle de « la Cité des Abeilles », village castor de 100 pavillons, à Quimper.

1954 - Appel de l’Abbé Pierre, un choc. Il installait depuis cinq ans des pauvres dans des constructions « sans permis ». Certains le soupçonneront d’avoir voulu monter une opération politique « subversive » ! Le Secrétariat d’Etat au logement estimait les besoins, cette année là, à partir d’une vaste enquête, à 2 000 660 logements dont 251 910 à Paris et 174 090 dans le reste de la région parisienne.

1958 – Création des ZUP, zones à urbaniser en priorité. Une ZUP ne devait pas compter plus de 1000 logements. On sait ce qu’il en advint. Voir la Cité des 4000 de la Courneuve et bien d’autres. Entre 1959 et 1969, 200 ZUP créées et 2 000 000 logements bâtis.

1960 – De Gaulle prennant conscience de la réalité catastrophique de l’urbanisme et du logement dans les ZUP, dit à Delouvrier « La région parisienne, c’est le bordel, mettez-moi un peu d’ordre là-dedans ».

1.4 – CONSTRUCTION DES ZUP ET DES VILLES NOUVELLES, JUSQU’EN 1981.

1960 – Plan d’aménagement et d’organisation générale de la région parisienne(P.A.D.O.G).

1961 – Création du district d’Ile de France.

1964 – Création des nouveaux départements de l’Ile de France.

1965 – Elaboration des Schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme(SDAU) pour toute la France.

1968 - …pourtant on estime encore qu’ « en région parisienne 2 900 000 personnes résident encore en hôtels meublés, ou en logement insalubre, ou dans un local dit en surpeuplement critique » (Christian Bachman dans « violences urbaines », p.197.

1971 – Plus de 500 000 mises en chantier.

1972 et 1973 – Plus de 550 000 mises en chantier par an. Ensuite les chiffres vont diminuer.

14 novembre 1974/ 30 juin 1975 – Deux lois introduisent l’appellation CHRS et renforcent le dispositif CHRS.

1.5 – A PARTIR DE L’ARRIVEE DES SOCIALISTES AU POUVOIR.

1982 – La loi Quillot donne officiellement aux sociétés de HLM deux possibilités d’accueil adaptées aux situations difficiles :

- Mise en place de baux glissants. Il s’agit de logements initialement attribués aux demandeurs, sous conditions, pour une durée limitée reconductible si les conditions sont remplies.
- Location à des associations qui pourront, sous leur responsabilité, y installer des personnes en situation difficile, pour la durée qui leur paraît nécessaire à la recherche d’une solution plus stable.

1984 – Madame Dufoix, Ministre de la Solidarité met en place un plan « pauvreté-précarité » qui va permettre de confier aux DDASS la responsabilité de répartir des moyens financiers donnés par l’Etat entre des associations prenant des initiatives dans ce domaine. Ce plan permettra de créer 38 000 places d’accueil, soit en centre d’hébergement, soit en hôtel, pour l’essentiel.

1990 – Devant les difficultés éprouvées par les plus pauvres pour accéder aux logements HLM, même dans des conditions financières plus faciles (les PLA), le gouvernement met en place les PLAI ou PLA d’Insertion, avec des conditions financières mieux adaptées aux plus démunis. Les municipalités, de toutes couleurs politiques, surtout lorsqu’elles ont des ZUP sur leurs territoires, n’apprécieront pas l’éventualité d’une arrivée de locataires encore plus démunis que les locataires habituels des HLM.

1991 – Création de l’aide au logement temporaire. Il s’agit d’apporter des ressources financières aux associations qui développent des capacités d’accueil de courte durée pour des personnes en grandes difficultés cumulant souvent de réelles difficultés d’insertion sociale, professionnelle ou comportementales à leurs difficultés de logement. Cette initiative permettra de créer 15 000 logements, studios, chambres…

1993 – Le Ministère du Logement ouvre une ligne budgétaire de 100MF pour contribuer à l’offre de structures d’hébergement d’urgence(hôtels sociaux…)

1994 – Devant les fortes difficultés de mise en place des PLAI, le gouvernement supprime l’appellation et la remplace par celle de « PLA très sociaux »- on ne peut qu’admirer l’imagination de nos fonctionnaires- qui seront eux-mêmes remplacés, en 1997, par des PLA à loyer minoré ».

Juillet 1994 – La loi 94-624 (art 21) impose aux préfets d’établir pour le 31 décembre 1994 un Plan Départemental pour l’hébergement d’urgence. Il s’agit de prévoir une place d’hébergement d’urgence pour 2000 habitants dans les communes ou groupement de communes allant de 10 000 à 100 000 habitants, ou d’une place pour 1000 habitants dans les communes ou groupements de communes de plus de 100 000 habitants. Mais ni la loi, ni les décrets d’application ne préciseront ce que devraient être ces hébergements d’urgence.

23 décembre 1994 – Trois décrets créent « les résidences sociales » à partir à partir de foyers de jeunes travailleurs ou de foyers pour travailleurs migrants. Leurs occupants auront droit à une APL majorée et bénéficieront d’une aide à l’insertion vers un logement moins social.

1994 – Devant l’urgence de certaines situations, les pouvoirs publics recourent, à Paris, à une loi de 1945 ( De Gaulle) qui permet la réquisition, pour cause d’ordre public, d’immeubles pour y installer 1000 logements. Les immeubles considérés seront rachetés par les sociétés de HLM et les locataires seront maintenus dans les lieux.

Juin 1995 – Le Plan PERISSOL prévoit de créer 10 000 logements qualifiés d’extrême urgence et 10 000 logements d’insertion. Mais il pouvait s’agir de place en CHRS rénovées.

1997 – Création du 115 que l’on peut solliciter chaque fois que se pose un problème de logement d’urgence.

1997 – Création des « maisons-relais », pour des familles inadaptées aux logements ordinaires.

1999 – Les PLUS remplacent les PLA !!! Obligation est faite à tout promoteur de HLM, public ou privé, de proposer une gamme de logements diversifiés. 30% du total devraient être attribués pour un loyer inférieur aux loyers habituels à des ménages dont le plafond de ressources n’atteindrait pas 60% du plafond habituellement pris en considération pour attribution d’un logement HLM.

14 décembre 2000 – La loi Solidarité et Rénovation Urbaine oblige, entre autre, car elle contient de nombreuses mesures, les communes de plus de 3500 habitants ou appartenant à des groupements de communes de plus de 50 000 habitants à disposer de 20% au moins de logements sociaux, sauf à payer une amende de 150 euros par logement manquant. On rappelle que Neuilly, ville dont le maire est un candidat à la Présidence de la République qui vient d’inscrire, tardivement il est vrai, dans son programme, le droit au logement opposable, ne dispose d’aucun logement social.


1.6 – LE SECON MANDAT DE CHIRAC

Octobre 2002 – Présentation au chef de l’Etat du rapport 2002 du « Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées. Il a pour titre « Vers un droit au logement opposable ». Le rapport indique que 3 millions de personnes seraient victimes du « mal-logement ».


Décembre 2003 – Le rapport 2003 du « Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées » préconise à nouveau le vote d’une loi reconnaissant le « droit au logement opposable ».

28 octobre 2005 – Présentation d’un projet de loi sur le logement qui prend acte de la gravité de la situation. Il rappelle que 363 000 mises en chantier ont eu lieu en 2003. mais il s’agit de tout type de logement, un quart au mieux étant des logements sociaux. Il indique que près de 400 000 mises en chantier devait avoir lieu en 2004 et qu’il faut prévoir la réalisation de 500 000 appartement dans le locatif pour la période 2005-2009, ce qui représentent environ 2 000000 mises en chantier, toutes catégories confondues, pour la même période, soit 400 000 par an, comme en 2004.

13 juillet 2006 – Loi 2006-872, constituant « engagement national pour le logement ».

Eté 2005 – devant la multiplication des SDF, en région parisienne spécialement, l’ONG Médecins du Monde distribue aux SDF des tentes qui seront implantées pour de nombreux mois en bord de Seine.

16 décembre 2006 – Jean-Baptiste Legrand et son association « les enfants de Don Quichotte » implantent en quelques jours, à l’intention des SDF, plus de 150 tentes au bord du canal Saint-Martin (Paris) et invitent les « bien-logés » à venir passer une nuit avec les SDF, en signe de Solidarité.

31 décembre 2006, à l’occasion des vœux présidentiels, Chirac annonce qu’il fera voter une loi sur le droit au logement opposable avant la fin de la présente législature.

2 janvier 2007 – Un responsable de la Fondation Abbé Pierre évalue le nombre des personnes, en France, pauvres,mal logées ou sans logement, à près de 5 000000. On rappelle que le seuil de pauvreté en France est égal à 50% du revenu « médian », avec une évaluation, qui suivant les sources, varie entre 480 et 650 euros par mois. Le RMI vaut environ 440 euros. Tous les Rmistes, un peu plus de 1 200 000 personnes sont donc, a priori, déjà, au dessous du seuil de pauvreté. En réalité, le chiffre est au moins trois fois supérieur. Ce responsable ajoutait que 1 300 000 personnes étaient demandeurs de logements H.L.M. et que le nombre de « sans abri » était de l’ordre de 100 000.

9 janvier 2007 – J.L.Borloo, Ministre de la cohésion Sociale et sa ministre déléguée, Catherine Vautrin, annoncent un nouveau plan d’action renforcée qui devrait permettre d’apporter une solution pérenne aux besoins des SDF actuels. On créerait 27 000 nouvelles places d’hébergement. On construirait 160 000 logements sociaux, en 2007, et l’on porterait de 63 000 à 80 000 le nombre de logements très sociaux (ex-PLA d’insertion)


2 – QUE CONCLURE DE CETTE LONGUE ENUMERATION ?


- Depuis un siècle, on a tout essayé mais on n’a jamais réussi à combler un déficit en logements, spécialement sociaux, qui reste, à ce jour, supérieur à 1 000000, et, sans doute, même, au double. La loi du 28 octobre 2005 prévoit d’ailleurs la mise en chantier de 500000 logements sociaux dans la période 2005/2009.

- Entre 1945 et 1952, les français avaient construit 1 600 000 logements de moins que les allemands parce qu’ils avaient dû financer leurs guerres coloniales. En 1954, le déficit en logements sociaux était d’au moins 2.000 000. On est aujourd’hui devant un déficit sensiblement équivalent. Le France paie maintenant le retard accumulé pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie.

- On a pris un ensemble de mesures visant à créer des hébergements d’urgence ou à faibles loyers pour abriter ceux qui ne peuvent pas entrer, faute de revenus réguliers suffisants, dans des logements HLM. Ces mesures sont très insuffisantes puisque Borloo, lui-même, reconnaît aujourd’hui qu’il faut encore créer 27 000 places d’hébergement et 17 000 logements très sociaux !

- Beaucoup de décisions prises ne sont pas complètement appliquées, notamment l’obligation faite aux HLM de proposer 30% le leurs logements à des prix inférieurs aux prix normaux et celle faite aux communes de réaliser au moins 20% de leurs parc d’habitation en logements sociaux. Le système de pénalisation financière des récalcitrant, dont Sarkozy à Neuilly, n’est une solution ni efficace, ni juste.

- La possibilité de réquisitionner des locaux vacants est à peu près inutilisée. Marie-Noëlle Lienemann fut l’un des rares ministres, sinon le seul, à avoir osé l’utiliser.

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Il est probable que le vote dans la précipitation d’une loi pour un droit au logement opposable, pour souhaitable qu’elle soit au plan des principes, risque de ne pas beaucoup modifier la situation actuelle, en tout cas pas très vite. Outre la complexité de la mise en œuvre d’un tel principe, les élus qui en seraient responsable devraient disposer de capacités de logements disponibles dont ils ne disposent pas aujourd’hui. On peut penser que des gouvernements libéraux se limiteront à développer des capacités d’hébergement d’urgence, ce que Borloo vient effectivement d’annoncer, sans apporter de solutions aux problèmes de fond liés, pour une bonne part, à la pauvreté et à la précarité. Un récent sondage indiquait que beaucoup de français, qui n’étaient pas des marginaux, redoutaient de devenir SDF.

Le journal LIBERATION du vendredi 12 janvier reprenait une intervention de la Fondation Abbé Pierre et d’Emmaüs indiquant que le droit au logement opposable restera incantatoire faute d’un effort considérable de construction de logements . On n’en n’est pas là, à preuve les fait rapportés par le même journal à propos de la condamnation de la municipalité de Saint Rémy de Provence qui voulait préempter un terrain de 14000m2 pour construire de l’habitat. Le tribunal administratif a estimé que cette intention ne motivait pas la préemption et, en attendant le jugement au fond, a condamné la commune à payer une amende de 1000 euros au promoteur qui voulait acquérir ce terrain pour y construire 63 résidences de tourisme !

Conclusion : La proposition de Chirac ne règlera rien. C’est un artifice de campagne ! Les socialistes avaient prévu de mettre ce droit en place depuis plus d’un an. La proposition figure dans leur projet. Sarkozy, même s’il refuse de construire des logements sociaux dans la commune de Neuilly, dont il est maire, n’a pas cru pouvoir éviter de reprendre cette proposition. Chirac ne fait que reprendre la proposition, laissant d’ailleurs à son successeur le soin d’opérer la difficile mise en place.





Par liger - Publié dans : élections présidentielles
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