RPC38- DSK au FMI, pour quoi faire ?

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DEBAT
 
REPERES POUR COMPRENDRE L’ECONOMIE CONTEMPORAINE
 
RPC 38 – octobre 2007
 
Dominique Strauss-Kahn au FMI,
Pour quoi faire ?
 
 
A l’issue d’un précédent congrès, au mois de septembre dernier, François Hollande déclarait que le parti Socialiste n’avait pas de problème avec le « marché » mais seulement avec la « mondialisation ». Quelques temps plus tard, on apprenait (mais les initiés le savaient depuis un certain temps) que Dominique Strauss-Kahn, le champion de la sociale-démocratie, faisait acte de candidature à la direction du Fonds Monétaire International (FMI), outil essentiel au développement de la mondialisation libérale, financière d’abord. On s’apercevait alors que tous les pays de l’Europe, globalement libérale, et les USA soutenaient sa candidature. Elle était même, au nom de ses compétences, fortement appuyé par le président Sarkozy, dont un conseiller privilégié avait été Michel Camdessus, lui-même ancien président du FMI. Rappelons, pour que le tableau soit complet, que Pascal Lamy, lui aussi proche du Parti Socialiste, ancien collaborateur de Jacques Delors, est depuis mai 2005, Directeur Général de l’Organisation Mondiale du Commerce, autre outil fondamental de la mondialisation libérale. Certes, l’un comme l’autre disent vouloir transformer ces institutions au profit des pays émergents. Est-ce crédible ? Des évolutions sont-elles possibles ? Suffit-il que des socialistes français prennent les commandes de la mondialisation libérale pour qu’elle puisse évoluer dans une perspective tant soit peu socialiste, voire simplement sociale ? On ne demanderait qu’à en être convaincu !
 
 TOUS NOS TEXTES SONT ACCESSIBLES SUR     http://economie-liger.over-blog.com
 
Depuis que la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la direction du FMI mobilise les européens et les USA, les média ont donné la parole à maintes personnalités, dont l’intéressé, qui chacun à son tour, a donné des informations sur cette institution, ses missions et ses mérites. Soucieux de présenter cette nomination comme un succès, comme un honneur même, l’intéressé, son Parti, Sarkozy et bien d’autres, n’ont généralement fourni qu’une information incomplète mettant l’accent sur la nécessité de reconstruire le FMI et sur l’apparente unanimité, ou presque, réalisée autours du candidat, à l’exception notable de la Russie qui poussait un candidat d’Europe Orientale, Joseph Tosovsky, ancien gouverneur de la Banque Centrale Tchèque. Personne n’a , pas même le candidat sur son blog, expliqué comment pouvait être rénové le FMI, compte tenu de son organisation actuelle. Seul le « Financial Times »a, le 28 août 2007, critiqué la candidature de DSK. D’où l’intérêt de rassembler un ensemble d’informations cohérentes qui permettent d’évaluer les chances d’une telle rénovation et de faire quelques hypothèses sur les motifs d’une telle désignation.
 
1 – La naissance du Fonds Monétaire International.
 
On rapporte généralement, et à juste titre, la création du FMI aux accords de Bretton Woods (USA), en 1944. On dit que les alliés, en fait les américains et les anglais essentiellement, voulaient mettre en place une organisation financière mondiale qui puisse assurer la stabilité des changes et donc prévenir le retour de crises importantes. Cette version des faits n’est pas fausse mais seulement très incomplète. Dès 1941, les américains se souciaient de mettre en place, pour l’après-guerre, une organisation financière qui assure cette stabilité en garantissant la suprématie d’un dollar convertible en or. C’était une façon de transformer leur aide aux alliés pendant et au lendemain de la guerre en un leadership profitable et durable. Les anglais dont le chef de file en matière de politique économique et surtout financière était alors John Meynard Keynes redoutaient ce leadership, sachant qu’ils sortiraient de la guerre très endettés envers les USA. Keynes fut, dès 1942, l’homme de toutes les négociations à ce sujet. Il avait une vision très différente de celle des américains. Il voulait d’abord que l’Empire britannique conserve son autonomie de gestion financière. Il était aussi opposé au principe de la convertibilité or des monnaies. Les américains le connaissait bien et lui-même connaissait bien son interlocuteur américain, White, un lituanien naturalisé. Pour approfondir cette question, voir, par exemple, le livre d’Alain Minc, « les vies de John M. Keynes », Grasset, 2006.
 
Keynes ne voulait pas d’un dollar convertible comme étalon du système financier mondial. Il défendait le projet d’un établissement financier international qui aurait créé sa propre monnaie, le Bancor, et joué le rôle d’une banque de compensation au profit de l’ensemble des banques centrales. Les américains qui avaient, de leur coté, prévu la création de ce qui devint le FMI et la Banque Mondiale de Développement étaient évidemment opposés au projet de Keynes. En 1944, les américains, sentant proche la fin de la guerre, veulent conclure. Ils convoquent une conférence interalliée pour mettre en œuvre leur solution. Keynes étant alors très malade, ils acceptent de ne pas tenir la conférence à Washington, siège actuelle du FMI, mais dans une petite ville, Atlantic City, pour la conférence préliminaire, puis, Bretton Woods, dans le New-Hampshire, pour la conférence finale. Ils mettent en place deux commissions, la première chargée de créer le FMI, présidée par un américain, et la seconde, chargée de mettre en place la Banque Mondiale de Développement, présidée par Keynes ainsi écarté de la mise en place du FMI auquel les américains le savaient opposé depuis 1942.
 
Ce retour sur l’origine controversée du FMI ne suggère-t-il pas, dans la perspective de sa rénovation, de reposer la question de la place du dollar dans l’économie mondialisée, de celle des USA , alors créditeurs, maintenant débiteurs, pour enfin ré-examiner le projet de Keynes .
 
2 – Les missions du FMI.
        
      2.1 - De 1944 à 1976.
 
La mission initiale du FMI fut d’abord d’assurer la stabilité du système monétaire international en se donnant les moyens d’aider par des prêts les Etats en difficulté à maintenir le cours de leur monnaie. Toutes les monnaies étaient, dès l’origine, caractérisée par un niveau, réputé constant, de convertibilité en dollars. Le dollar, lui-même, était convertible en or (système du gold echange standard). Les monnaies pouvaient fluctuer de plus ou moins 1%. Les Etats devaient veiller à l’équilibre de leurs balances des paiements. S’ils sortaient de cette marge de fluctuation, ils devaient dévaluer ou ré-évaluer. Si la marge de fluctuation dépassait 10%, les réajustements étaient subordonnés à l’accord du FMI.
 
       2.2 - De 1976 à maintenant.
 
Les besoins en dollars pour assurer la convertibilité des monnaies s’avérèrent rapidement très importants. Vers la fin des années 50, l’accroissement du déficit des Etats-Unis permit de disposer d’un meilleur approvisionnement en dollars. Une dizaine d’années plus tard, de nombreux détenteurs de dollars, inquiets peut-être de la quantité de monnaie émise par les USA, commencèrent à demander la conversion en or des dollars qu’ils détenaient. La situation devenait dangereuse.
 
 Le FMI créa alors sa propre monnaie, les Droits de tirage spéciaux (DTS), convertible or, définie à partir d’un panier de cinq monnaies solides dont le dollar évidémment. Cette monnaie existe toujours mais ne sert que rarement. Pour éviter l’auto-déstruction du système de Bretton Woods, les membres du FMI signèrent alors, en 1976, les accords de la Jamaïque, qui permirent aux monnaies de fluctuer librement. C’était la fin  du FMI, stabilisateur du système international de changes . Il fallait redéfinir ses missions.
 
Depuis cette date, le FMI s’est octroyé, parce qu’il avait des ressources, la mission d’aider les Etats en difficultés en leur prêtant des fonds pour sortir de crises locales, dans des conditions, dites du Consensus de Washington, lequel visait à faciliter le commerce international, dans le cadre d’un libre échange généralisée. Pour obtenir des fonds, un Etat en difficulté devait accepter de remplir un certain nombre de conditions telles que la libre circulation des capitaux, les privatisations massives, la réduction des services publics et des aides de toutes nature…Quand on y regarde de près, on s’aperçoit que l’aide financière du FMI permettait, en fait, aux Etats en difficultés de rembourser d’abord les emprunts contractés auprès des banques privées, comme ce fut le cas au Mexique, en 1994. Le FMI était là pour exporter le libéralisme américain, un libéralisme à usage externe que les américains eux-mêmes ne respectaient pas toujours. Il faut lire à ce sujet les ouvrages de Joseph Stiglitz, plus spécialement « La Grande Désillusion », Fayard 2002, qui fut président du conseil des conseillers économiques de Bill Clinton, vice-président de la banque mondiale, et prix Nobel d’économie.
 
 La mise en œuvre de cette politique fut, pour une large part, l’affaire du français Michel Camdessus, président du FMI pendant 13 ans, à ce titre responsable, en Indonésie par exemple, en 1997, de massacres, le gouvernement ayant, sur ses recommandations, supprimé les subventions aux produits alimentaires. Voir le chapitre 4 de la « Grande Désillusion » dont le sous-titre est « comment la politique du FMI a mené le monde au bord de l’effondrement général ». Cela n’a pas empêché Sarkozy, alors ministre de l’économie, de lui payer une étude, dont les préconisations furent publiées sous le titre « le Sursaut », Documentation française, septembre 2004. recueil de préconisations que nous subissons maintenant et qui reprennent, à usage des français, les prescriptions du consensus de Washington.
 
     2.3 – La situation actuelle de la mission du FMI.
 
Les crises asiatiques et sud-américaines sont maintenant terminées. Chaque Etat concerné a trouvé ses remèdes. En Asie, l’heure est au développement rapide. Les Etats, jadis débiteurs du FMI, se sont développés et sont même, pour un certain nombre, devenu Créditeurs. N’évoquons pas ici le cas de la Chine qui s’est passée du FMI (mais pas des conseils avisés de Joseph Stidglitz). Le FMI perd ses clients. Il se cherchent de nouvelles raisons d’être. Les USA et le FMI se sont longtemps opposés au projet japonais par exemple de création de fonds régionaux de développement. Le question est maintenant dépassée. Que voudra-t-on faire de cet organisme ? Pour répondre à la question, il paraît utile de revenir sur l’organisation et les ressources du FMI.
 
Dernière Heure : Notre envoi était commencé lorsque nous apprenions que la revue « REBELLION » annonçait la signature d’un accord entre sept pays d’Amérique du Sud pour préparer la mise en place d’un organisme qui remplacerait, pour eux, le FMI et la Banque Mondiale. Affaire à suivre.
 
09-10-2007
Ministros de Sudamérica aprueban acta fundacional de Banco del Sur
 
Reuters
 
Los ministros a cargo de la economía de siete países sudamericanos concluyeron el lunes en Río de Janeiro la redacción de un acta fundacional del Banco del Sur, pero sin un acuerdo sobre el capital que tendrá la nueva institución y la forma de aportes de sus miembros.

Los ministros de Argentina, Brasil, Venezuela, Bolivia, Paraguay, Uruguay y Ecuador "revisaron y arribaron a una propuesta consensuada del acta fundacional del Banco del Sur," indicó una declaración leída al término del encuentro.

La declaración indicó que los presidentes de esos países considerarán el acta propuesta y también una invitación de Venezuela para su firma el 3 de noviembre en Caracas.

Pero en una conferencia de prensa, el ministro de Hacienda de Brasil, Guido Mantega dijo que aún no se alcanzó un acuerdo sobre cuál será el capital del banco y cómo será la forma de los aportes de los socios.

La declaración ministerial indicó que "la nueva institución será un banco de desarrollo con carácter sudamericano, con un rol central en el marco de una nueva arquitectura financiera regional."

Los ministros indicaron que esperan que el banco contribuya a elevar la disponibilidad de liquidez y a revitalizar la inversión en la región, así como al desarrollo de su infraestructura.

Técnicos continuarán discutiendo desde el martes en Río los estatutos que regirán el funcionamiento del Banco del Sur, un proyecto impulsado por el presidente venezolano Hugo Chávez.

Anteriormente algunas fuentes han estimado que el banco tendría un capital superior a 7.000 millones de dólares y que los países miembros concretarían su aporte conforme a su peso económico, dentro de una banda que contendría un piso para los socios de menor desarrollo y un techo para los mayores.
 
 
 
3 – Organisation et ressources du FMI.
 
Le FMI regroupe, en 2007, 185 Etats. Chaque Etat adhérent a dû apporter sa « quote part », proportionnelle à sa richesse mesurée en terme de PNB, produit national brut. A l’origine, la quote part était apportée, moitié en or, moitié en devise nationale. Le FMI dispose donc de réserves d’or importantes. Les principales contributions sont celles des USA(16,8%), du japon(6,3%), de l’Allemagne(6,1%), de la France et du Royaume Uni (5% chacun), de l’Italie et de l’Arabie Saoudite(3,3 chacun), du Canada et de la Chine(3%),de la Russie(2,8%). On voit que les dix principaux contributeurs apportent plus de 50% des fonds. Les 175 autre Etats membres, dont l’Inde et le Brésil, apportent le reste.
 
Outre les contributions de ses membres, le FMI s’est autorisé à emprunter si la nécessité s’en faisait sentir.
 
La gestion du FMI est confiée à un conseil d’administration de 24 membres. Huit Etats ont un administrateurs permanents, USA, UK, France, Allemagne, Japon, Chine, Russie, Arabie Saoudite. Les 16 autres administrateurs sont élus par les représentants des 177 Etats restant. Les droits de vote sont égaux aux contributions. Les USA disposent donc de 16,8% des voix. Or les statuts disposent que la majorité requise pour prendre une décision est de 85% des voix. Conclusion, les USA disposent d’un droit de veto. L’UE en disposerait aussi, si les Etats membres parvenaient à s’exprimer ensemble mais le système rend pratiquement cette éventualité impossible, sauf cas particuliers. Dans ces conditions, aussi longtemps que les statuts actuels du FMI n’auront pas évolué, le patron du FMI, DSK maintenant ne peut rien faire sans l’accord des   USA. On comprend que le Consensus de Washington, élaboré aux USA, par les responsables de la Réserve fédérale, soit devenu sans problème la politique officielle du FMI, spécialement sous le règne de Michel Camdessus.
 
Le directeur du FMI est, selon une règle non écrite, un européen que l’Europe se choisit en veillant à ce que son candidat soit acceptable pour les américains. Entre 1946 et 2007, il y eut 10 directeurs généraux du FMI, dont une américaine (pendant deux mois en 2004) et quatre français, Pierre-Paul Schweitzer, de 1963 à 1973, Jacques de Larosière  1987 à 1987, Michel Camdessus de 1987 à 2000, puis DSK en 2007. Les français ont donc assuré la présidence pendant 32 ans sur 61 années de vie de l’Institution. On peut se poser la question : Encore un français, pourquoi ? Rien ne permet au regard des demandes pressantes des pays émergents de justifier, encore une fois, l’attribution de la place à un français la, si ce n’est le désir du président Butch de renforcer ses liens avec Sarkozy,…. à moins que l’on ne nous apporte une autre explication que personne , à ce jour, n’a encore donnée, ni le Parti socialiste, ni l’intéressé. Certes DSK a critiqué le mode de désignation du directeur, dont il profite, devant les administrateurs du fonds(propos rapportés par United Presse, le 21/9/2007. Il n’en n’a pas moins recherché le poste.
 
En guise de conclusion, quelques réflexions.
 
Dire aujourd’hui qu’il faut faire plus de place aux pays émergents, c’est redistribuer le pouvoir dans l’Institution, c’est à dire redonner aux Etats la représentation qui permet une expression libre, indépendamment des apports initiaux. C’est supprimer le droit de veto des USA. C’est modifier la majorité qualifiée en la diminuant notablement. C’est aussi retrouver des ressources car le FMI vivait largement des intérêts des sommes prêtées. Or les intérêts disparaissent avec les prêts. La gestion du FMI serait aujourd’hui déficitaire. Si des Etats jusqu’alors membres créent, comme on vient de l’évoquer, leur propre fonds monétaires, on peut penser que ces Etats se retireront du FMI, emportant leur mise initiale, pas très élevée, il est vrai. Alors, un FMI déficitaire, un FMI prenant l’eau ! Pour quoi faire ?
 
La réponse ne serait-elle pas celle de KEYNES, faire du FMI, un établissement financier international, à vocation mondiale, capable d’assurer la compensation entre les besoins et possibilités de ses membres. Est-ce bien utile ? Les Banques centrales, dont la Réserve Fédérale américaine, accepteraient-elles une super puissance financière qu’elle ne contrôlerait pas ? Peu probable. Les pays émergents ont peut-être de nouveaux besoins. Lesquels ? Le FMI peut-il prendre en compte des besoins spécifiques, environnementaux par exemple ? Peut-être. Reste à les définir. Mais, on vient de le voir, le temps presse, d’autant que les partants potentiels ont de sérieux différents politiques avec les USA.
 
Pourquoi DSK a-t-il accepté un pareil mandat, si l’on met de coté, le simple intérêt personnel ? Pourquoi lui ou son parti n’ont-il pas expliqué ce que pourrait être une réforme du FMI qui ne soit pas qu’une machine de guerre du libéralisme américain ? Pourquoi n’a t-il pas laissé la place à un représentant des pays émergents, ce qui eut eu, même sans réforme de l’institution, une signification politique évidente ? Il est trop tôt pour conclure, sachant que la plupart des acteurs de cette affaire sont restés silencieux sur ce qui leur paraissait essentiel. En tout état de cause, ce n’est pas, du point de vue de la démocratie, une affaire exemplaire. 
 
La déclaration faite par DSK, le 8 octobre, à ses amis, reprise par les radios, le 9, éclaire son projet : A la question de savoir s’il serait candidat aux élections présidentielles de 2012, il répondit qu’il partait jusqu’à ce qu’on lui demande de revenir mais qu’il ne désintéressait pas de cette échéance. On peut penser qu’il compte sur ses nouvelles fonctions à la direction du FMI pour confirmer ses prétentions aux prochaines élections présidentielles. Il prévoit sans doute une victoire des démocrates aux élections présidentielles américaines de 2008, ce qui pourrait lui permettre d’amorcer une réforme du FMI, avec le soutien éventuelle d’Hillary Clinton ! Du même coup, il n’aurait à prendre parti ni sur la question du nouveau traité européen que Sarkozy veut faire voter, et qui lui convient probablement, ni sur la rénovation idéologique du Parti socialiste, persuadé d’ailleurs que la rénovation du PS consiste essentiellement à laisser le Parti Socialiste venir sur ses propres positions sociales-démocrates. Il suffit de suivre ce qu’il écrit sur son blog pour s’en persuader. Reste à savoir si cette stratégie ne sert pas Sarkozy plus que DSK !
De toutes façons, si les choses ne se passaient pas comme on le prévoit, et je ne pense pas que ce schéma se réalise, il pourrait toujours rester le patron du FMI, à 500000 dollars par an, la sanction ne serait pas trop coûteuse.
 
 
Depuis cette date, le FMI s’est octroyé, parce qu’il avait des ressources, la mission d’aider les Etats en difficultés en leur prêtant des fonds pour sortir de crises locales, dans des conditions, dites du Consensus de Washington, lequel visait à faciliter le commerce international, dans le cadre d’un libre échange généralisée. Pour obtenir des fonds, un Etat en difficulté devait accepter de remplir un certain nombre de conditions telles que la libre circulation des capitaux, les privatisations massives, la réduction des services publics et des aides de toutes nature…Quand on y regarde de près, on s’aperçoit que l’aide financière du FMI permettait, en fait, aux Etats en difficultés de rembourser d’abord les emprunts contractés auprès des banques privées, comme ce fut le cas au Mexique, en 1994. Le FMI était là pour exporter le libéralisme américain, un libéralisme à usage externe que les américains eux-mêmes ne respectaient pas toujours. Il faut lire à ce sujet les ouvrages de Joseph Stiglitz, plus spécialement « La Grande Désillusion », Fayard 2002, qui fut président du conseil des conseillers économiques de Bill Clinton, vice-président de la banque mondiale, et prix Nobel d’économie.
 
 La mise en œuvre de cette politique fut, pour une large part, l’affaire du français Michel Camdessus, président du FMI pendant 13 ans, à ce titre responsable, en Indonésie par exemple, en 1997, de massacres, le gouvernement ayant, sur ses recommandations, supprimé les subventions aux produits alimentaires. Voir le chapitre 4 de la « Grande Désillusion » dont le sous-titre est « comment la politique du FMI a mené le monde au bord de l’effondrement général ». Cela n’a pas empêché Sarkozy, alors ministre de l’économie, de lui payer une étude, dont les préconisations furent publiées sous le titre « le Sursaut », Documentation française, septembre 2004. recueil de préconisations que nous subissons maintenant et qui reprennent, à usage des français, les prescriptions du consensus de Washington.
 
     2.3 – La situation actuelle de la mission du FMI.
 
Les crises asiatiques et sud-américaines sont maintenant terminées. Chaque Etat concerné a trouvé ses remèdes. En Asie, l’heure est au développement rapide. Les Etats, jadis débiteurs du FMI, se sont développés et sont même, pour un certain nombre, devenu Créditeurs. N’évoquons pas ici le cas de la Chine qui s’est passée du FMI (mais pas des conseils avisés de Joseph Stidglitz). Le FMI perd ses clients. Il se cherchent de nouvelles raisons d’être. Les USA et le FMI se sont longtemps opposés au projet japonais par exemple de création de fonds régionaux de développement. Le question est maintenant dépassée. Que voudra-t-on faire de cet organisme ? Pour répondre à la question, il paraît utile de revenir sur l’organisation et les ressources du FMI.
 
Dernière Heure : Notre envoi était commencé lorsque nous apprenions que la revue « REBELLION » annonçait la signature d’un accord entre sept pays d’Amérique du Sud pour préparer la mise en place d’un organisme qui remplacerait, pour eux, le FMI et la Banque Mondiale. Affaire à suivre.
 
09-10-2007
Ministros de Sudamérica aprueban acta fundacional de Banco del Sur
 
Reuters
 
Los ministros a cargo de la economía de siete países sudamericanos concluyeron el lunes en Río de Janeiro la redacción de un acta fundacional del Banco del Sur, pero sin un acuerdo sobre el capital que tendrá la nueva institución y la forma de aportes de sus miembros.

Los ministros de Argentina, Brasil, Venezuela, Bolivia, Paraguay, Uruguay y Ecuador "revisaron y arribaron a una propuesta consensuada del acta fundacional del Banco del Sur," indicó una declaración leída al término del encuentro.

La declaración indicó que los presidentes de esos países considerarán el acta propuesta y también una invitación de Venezuela para su firma el 3 de noviembre en Caracas.

Pero en una conferencia de prensa, el ministro de Hacienda de Brasil, Guido Mantega dijo que aún no se alcanzó un acuerdo sobre cuál será el capital del banco y cómo será la forma de los aportes de los socios.

La declaración ministerial indicó que "la nueva institución será un banco de desarrollo con carácter sudamericano, con un rol central en el marco de una nueva arquitectura financiera regional."

Los ministros indicaron que esperan que el banco contribuya a elevar la disponibilidad de liquidez y a revitalizar la inversión en la región, así como al desarrollo de su infraestructura.

Técnicos continuarán discutiendo desde el martes en Río los estatutos que regirán el funcionamiento del Banco del Sur, un proyecto impulsado por el presidente venezolano Hugo Chávez.

Anteriormente algunas fuentes han estimado que el banco tendría un capital superior a 7.000 millones de dólares y que los países miembros concretarían su aporte conforme a su peso económico, dentro de una banda que contendría un piso para los socios de menor desarrollo y un techo para los mayores.
 
 
 
3 – Organisation et ressources du FMI.
 
Le FMI regroupe, en 2007, 185 Etats. Chaque Etat adhérent a dû apporter sa « quote part », proportionnelle à sa richesse mesurée en terme de PNB, produit national brut. A l’origine, la quote part était apportée, moitié en or, moitié en devise nationale. Le FMI dispose donc de réserves d’or importantes. Les principales contributions sont celles des USA(16,8%), du japon(6,3%), de l’Allemagne(6,1%), de la France et du Royaume Uni (5% chacun), de l’Italie et de l’Arabie Saoudite(3,3 chacun), du Canada et de la Chine(3%),de la Russie(2,8%). On voit que les dix principaux contributeurs apportent plus de 50% des fonds. Les 175 autre Etats membres, dont l’Inde et le Brésil, apportent le reste.
 
Outre les contributions de ses membres, le FMI s’est autorisé à emprunter si la nécessité s’en faisait sentir.
 
La gestion du FMI est confiée à un conseil d’administration de 24 membres. Huit Etats ont un administrateurs permanents, USA, UK, France, Allemagne, Japon, Chine, Russie, Arabie Saoudite. Les 16 autres administrateurs sont élus par les représentants des 177 Etats restant. Les droits de vote sont égaux aux contributions. Les USA disposent donc de 16,8% des voix. Or les statuts disposent que la majorité requise pour prendre une décision est de 85% des voix. Conclusion, les USA disposent d’un droit de veto. L’UE en disposerait aussi, si les Etats membres parvenaient à s’exprimer ensemble mais le système rend pratiquement cette éventualité impossible, sauf cas particuliers. Dans ces conditions, aussi longtemps que les statuts actuels du FMI n’auront pas évolué, le patron du FMI, DSK maintenant ne peut rien faire sans l’accord des   USA. On comprend que le Consensus de Washington, élaboré aux USA, par les responsables de la Réserve fédérale, soit devenu sans problème la politique officielle du FMI, spécialement sous le règne de Michel Camdessus.
 
Le directeur du FMI est, selon une règle non écrite, un européen que l’Europe se choisit en veillant à ce que son candidat soit acceptable pour les américains. Entre 1946 et 2007, il y eut 10 directeurs généraux du FMI, dont une américaine (pendant deux mois en 2004) et quatre français, Pierre-Paul Schweitzer, de 1963 à 1973, Jacques de Larosière  1987 à 1987, Michel Camdessus de 1987 à 2000, puis DSK en 2007. Les français ont donc assuré la présidence pendant 32 ans sur 61 années de vie de l’Institution. On peut se poser la question : Encore un français, pourquoi ? Rien ne permet au regard des demandes pressantes des pays émergents de justifier, encore une fois, l’attribution de la place à un français la, si ce n’est le désir du président Butch de renforcer ses liens avec Sarkozy,…. à moins que l’on ne nous apporte une autre explication que personne , à ce jour, n’a encore donnée, ni le Parti socialiste, ni l’intéressé. Certes DSK a critiqué le mode de désignation du directeur, dont il profite, devant les administrateurs du fonds(propos rapportés par United Presse, le 21/9/2007. Il n’en n’a pas moins recherché le poste.
 
En guise de conclusion, quelques réflexions.
 
Dire aujourd’hui qu’il faut faire plus de place aux pays émergents, c’est redistribuer le pouvoir dans l’Institution, c’est à dire redonner aux Etats la représentation qui permet une expression libre, indépendamment des apports initiaux. C’est supprimer le droit de veto des USA. C’est modifier la majorité qualifiée en la diminuant notablement. C’est aussi retrouver des ressources car le FMI vivait largement des intérêts des sommes prêtées. Or les intérêts disparaissent avec les prêts. La gestion du FMI serait aujourd’hui déficitaire. Si des Etats jusqu’alors membres créent, comme on vient de l’évoquer, leur propre fonds monétaire, on peut penser que ces Etats se retireront du FMI, emportant leur mise initiale, pas très élevée, il est vrai. Alors, un FMI déficitaire, un FMI prenant l’eau ! Pour quoi faire ?
 
La réponse ne serait-elle pas celle de KEYNES, faire du FMI, un établissement financier international, à vocation mondiale, capable d’assurer la compensation entre les besoins et possibilités de ses membres. Est-ce bien utile ? Les Banques centrales, dont la Réserve Fédérale américaine, accepteraient-elles une super puissance financière qu’elle ne contrôlerait pas ? Peu probable. Les pays émergents ont peut-être de nouveaux besoins. Lesquels ? Le FMI peut-il prendre en compte des besoins spécifiques, environnementaux par exemple ? Peut-être. Reste à les définir. Mais, on vient de le voir, le temps presse, d’autant que les partants potentiels ont de sérieux différents politiques avec les USA.
 
Pourquoi DSK a-t-il accepté un pareil mandat, si l’on met de coté, le simple intérêt personnel ? Pourquoi lui ou son parti n’ont-il pas expliqué ce que pourrait être une réforme du FMI qui ne soit pas qu’une machine de guerre du libéralisme américain ? Pourquoi n’a t-il pas laissé la place à un représentant des pays émergents, ce qui eut eu, même sans réforme de l’institution, une signification politique évidente ? Il est trop tôt pour conclure, sachant que la plupart des acteurs de cette affaire sont restés silencieux sur ce qui leur paraissait essentiel. En tout état de cause, ce n’est pas, du point de vue de la démocratie, une affaire exemplaire. 
 
La déclaration faite par DSK, le 8 octobre de ce mois, à ses amis, reprise par les radios, le 9, éclaire son projet : A la question de savoir s’il serait candidat aux élections présidentielles de 2012, il répondit qu’il partait jusqu’à ce qu’on lui demande de revenir mais qu’il ne désintéressait pas de cette échéance. On peut penser qu’il compte sur ses nouvelles fonctions à la direction du FMI pour confirmer ses prétentions aux prochaines élections présidentielles. Il prévoit sans doute une victoire des démocrates aux élections présidentielles américaines de 2008, ce qui pourrait lui permettre d’amorcer une réforme du FMI, avec le soutien éventuelle d’Hillary Clinton ! Du même coup, il n’aurait à prendre parti ni sur la question du nouveau traité européen que Sarkozy veut faire voter, et qui lui convient probablement, ni sur la rénovation idéologique du Parti socialiste, persuadé d’ailleurs que la rénovation du PS consiste essentiellement à l laisser le Parti Socialiste venir sur ses propres positions sociales-démocrates. Il suffit de suivre ce qu’il écrit sur son blog pour s’en persuader. Reste à savoir si cette stratégie ne sert pas Sarkozy plus que DSK !
De toutes façons, si les choses ne se passaient pas comme on le prévoit, et je ne pense pas que ce schéma se réalise, il pourrait toujours rester le patron du FMI, à 500000 dollars par an, la sanction ne serait pas trop coûteuse.

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Vincent 04/11/2007 11:22

Ton article pose surtour la question. Le FMI a-t-il toujours une légétimité?http://economie-et-societe.over-blog.fr/