La Chine de 2007 vue par son premier ministre Wen Jiabao dans son rapport du 5 mars 2008 au Parlement

Publié le par liger

 RPC42 (SUITE)

 On a constaté, à la suite du tremblement de terre de mai 2008 que les écoles n'avaient pas ou mal résisté. Il y a sans doute un lien entre la construction au cours des cinq dernières années de 22000 établissements primaires et secondaires et la mort de nombreux écoliers. La qualité des moyens n'a peut-être pas été à la hauteur du projet. Qu'on se souvienne de la malheureuse expérience française des CES PAILLERON, si dangereux qu'on fini par les détruire tous.

3- Apports complémentaires.

 

 (14)  « La protection de l’environnement reconnu comme une contrainte essentielle passe par l’arrêt d’usines anciennes, la construction d’usines de dépollution, la création de taxes, l’amélioration des techniques de construction  dans le bâtiment et dans les dispositifs de chauffage des habitations. On poursuivra la dépollution d’un certain nombre de lacs. On protègera les sources. On améliorera la capacité à faire face aux changements climatiques »

Il faudra que les générations futures persévèrent dans l’économie des ressources et la protection de l’environnement pour rendre à notre pays des montagnes boisées, des eaux limpides et un ciel pur (ce qui prend son sens quand on a vu ce qu’est le ciel de Pékin) »

 

(16) « Développer l’éducation avec effort sur les zones rurales et les migrants provenant des dites zones.

Développer le système de soins. L’étendre à 50% des villes, au moins, enmettant en œuvre le système d’assurance maladie en cours d’expérimentation »

 

(17) «  Renforcer le contrôle démographique et le planning familial en donnant des avantages sociaux aux familles qui s’inscriront dans des centres de planning (ce qui semble vouloir dire que beaucoup de chinois, dans l’intérieur surtout appliquaient mal les  directives  du pouvoir central, mais reste à voir si les derniers tremblements de terre ne conduiront pas le gouvernement à assouplir sa position. Ce n’est pas évident)Poursuivre une politique dynamique en matière d’emploi : création d’entreprises, formation professionnelle…encourager les ruraux à émigrer vers les villes…améliorer les services à l’emploi. Pour les entreprises, signer avec leurs salariés des contrats de travail comme le prévoit la législation et les honorer ( !)…renforcer les services chargés de l’application du droit du travail…poursuivre la réforme du système de répartition des revenus pour que les revenus des salariés représentent une plus grande part des revenus de la nation »

18) « Développer le système de protection sociale intégrant la fourniture de logements...continuer à faire jouer au gouvernement et au marché leur rôle respectif...le gouvernement planifie la construction des logements et assure la fourniture adéquate des terrains...perfectionner le système de HLM »

(20) « Multiplier les contrôles concernant l'intégrité des fonctionnaires, lutter contre la corruption...mettre en place des règles strictes concernant la gestion des finances publiques...mettre à l'honneur l'esprit de labeur et de sobriété ; Lutter résolument contre le gaspillage et le goût du luxe »

(21) «.. relatif, en particulier à Taïwan,...La réunification des deux rives du détroit de Taïwan est une nécessité historique inéluctable pour le peuple chinois »

Difficile de conclure de façon péremptoire, d'autant qu'il s'agit d'une information très officielle ! Ressort néanmoins de ce rapport l'impression que, si le gouvernement chinois se réjouit du succès de son industrie et de sa croissance rapide, il est en même temps conscient d'une situation intérieure déséquilibrée, au profit de sa nouvelle classe moyenne mais au détriment de l'énorme Chine rurale comme il et inquiet de l'énorme masse de créances qu'il détient sur les USA. L'évolution de la Chine rurale est au cœur de ses préoccupations, plus que l'encerclement de son territoire par les USA, (bases du Kirghistan, et même une base française en Aie Centrale au nom d'un déploiement ordonné par l'OTAN !) Il lui faut impérativement enrichir, aussi, les populations rurales, de loin les plus nombreuses, leur donner de nouveaux outils de travail, améliorer sans cesse leur environnement (voir les forêts d'éoliennes dans les provinces de l'Ouest) mis en péril par un développement industriel très sinon trop rapide.

L'eau et les céréales sont au cœur des projets que forme le gouvernement. Et l'avenir passe par l'école et la protection sociale.

Dans le même temps, on comprend bien, et le rapport est très net à ce sujet, que le gouvernement de la RPC rencontre beaucoup de difficultés du fait de son administration, lourde, bureaucratique, souvent corrompue.

Le document met en évidence les difficultés du gouvernement de masses humaines que l'Occident ne connaît pas. La Chine, c'est six à sept fois les USA. Nous n'en n'avons pas l'expérience et l'on ne peut sans doute pas extrapoler ce que nos avons appris dans nos pays. Si le quota de députés par rapport à la population était en Chine ce qu'il est en France, le parlement chinois compterait 10 000 députés au moins. Qu'on imagine la séance des questions au gouvernement !

Enfin, pour ceux qui s'interrogent sur le sens de l'évolution que connaît la Chine, qu'on nommait naguère « empire du milieu », on sent bien à travers tout le rapport que cette évolution, est tributaire de trois traditions, la tradition Ming, la tradition marxiste et les acquis de l'économie de marché. C'est l'ouverture à l'extérieur des frontières dont la nécessité est plusieurs fois rappelée dans le rapport et le développement du commerce international, avec les USA en particulier, qui constituent la motivation profonde de l'adhésion de la Chine à l'OMC, ce qui n'en fait pas pour autant un bon élève du FMI. A la fin du siècle dernier, loin de se rallier, comme l'aurait souhaité Michel Candessus, alors patron du FMI, au consensus de Washington, le gouvernement chinois avait invité Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie et américain, pour l'aider à concevoir une voie originale, différente de celle que proposait le Fmi, celle qu'il emprunte encore. Son adhésion à l'OMC ne l'empêche d'ailleurs pas de refuser la libre circulation des capitaux, enfant chéri du FMI.

Compte tenu du chemin qui lui reste à parcourir pour répondre aux besoins de toute sa population, bien malin qui pourrait prévoir le résultat de cette triple intégration. Rien ne permet d'affirmer qu'en s'éveillant, la Chine choisira de s'américaniser. Au contraire sans doute. Mais les risques sont multiples. On ne peut souhaiter, me semble-t-il, qu'une évolution autonome qui en ferait nécessairement l'une des premières puissances mondiales. Un hypothétique ralliement au néo-libéralisme l'empêcherait sans doute, pour longtemps, de réduire la pauvreté et les inégalités, deux des grands problèmes de la Chine actuelle. La Chine n'a jamais été une puissance coloniale. Elle n'a mené que fort peu de frontières. Souhaitons que nul ne la contraigne à sortir de ses frontières, et surtout pas à propos de Taïwan.

 

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