RPC10 - Nouvelle présentation du débat

Publié le par liger

« REPERES POUR COMPRENDRE L’ECONOMIE »

( Envoi N°10 – octobre 2003 )


A L’ATTENTION DES PARTICIPANTS : TOUS LES DOCUMENTS DIFFUSES DANS LE CADRE DE CE DEBAT SONT ACCESSIBLES SUR LE SITE DU CLUB DES CONSULTANTS DE L’ESSONNE QUE JE REMERCIE.

SITE : www.conseils91.com
Cliquer sur « Débat »

Les participations, en réponse à mes propres textes, n’ont pas fait l’objet de modifications et n’engagent pas l’animateur.

Nouvelle présentation du débat


L’année universitaire 2003/2004 commence. Il me semble nécessaire de présenter à nouveau le débat intitulé, « Repères pour comprendre l’économie comtemporaine ». Il y a un an que cette opération a été initialisée. L’objectif initial était d’apporter aux étudiants du DESS « Aménagement, animation, Développement local » de l’Université de Paris 7. Je m’adresse à eux, tout particulièrement aujourd’hui et je les invite à réagir, ne fut-ce que brièvement. Les questions posées seront sans doute d’un intérêt assez général. Toutes, je l’espère recevront des réponses : La plupart d’entre vous n’a pas étudié l’économie au cours de votre cursus universitaire Une série de « repères » vous serait toutefois très utile pour entrer, au niveau local, dans le monde de l’économie. Le volume des cours ne permettait pas d’aller très loin. Vous devez, certes, disposer d’ outils pour assumer les fonctions d’agents de développement, ou des emplois voisins. Il me paraît aussi très utile de vous aider à développer votre capacité à déchiffrer ce qui fait l’actualité, à travers les média, les programmes, les textes officiels : Comprendre la réforme des retraites, du financement du chômage, les objectifs de la politique fiscale, l’intérêt des mesures récentes sur la création d’entreprise….Discerner au delà des lois, des réformes, des comptes-rendus médiatiques, l’arrière-plan idéologique.

Notre objestif est peut-être ambitieux mais les enjeux sont importants. Accessoirement, l’entreprise visait à mettre les participants en relation avec des interlocuteurs lointains. Déjà nos textes sont lus, et discutés dans certains cas, en Angleterre , en Lituanie et même au Pérou. L’ouverture, à l’heure où se construit l’Europe, est importante. On observe dans les pays de l’Europe de l’Est, des approches qui ne sont pas les notres et qui montrent combien la façon de concevoir l’économie peut être tributaire de l’histoire et de la géographie. Comment comprendre la méfiance des pays de l’Europe Orientale à l’égard des initiatives franco-allemandes actuelles sans garder en mémoire les difficiles relations entre l’URSS et ces pays ? Comment parler de Dévelopement Local à des cadres formés dans les universités russes ? On pourrait multiplier les exemples.

1 – De quoi a-t-on parlé au cours de l’année passée ?

Que trouverez-vous dans les neuf premières fiches diffusées ? Pour l’essentiel une série de définitions que l’on pourrait qualifier d’élémentaires, très ou trop scolaire, peut-être : Marché, concurrence, capital, capitaliste, des notions qui paraissent simples mais qui ne le sont pas toujours. Vous trouverez, à leur sujet, un certain nombre de références, auteurs et textes, mais aussi, sites internet. On y trouve souvent tout ce qui est nécessaire, encore faut-il savoir où chercher. Vous y trouverez aussi des éléments de synthèse partielle, à coté de paragraphes plus engagés qui traduisent l’impatience qu’on peut ressentir lorsqu’on mesure l’écart séparant les certitudes souvent affichées dans le discours et les incertitudes qui continuent de planer sur la réflexion des économistes. Je renverrai ici à l’opposition manifeste que chacun peut constater entre le discours libéral qui sous-tend la plupart des initiatives législatives actuelles et les mises en garde déterminées de Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, ancien Président du Comité des conseils économiques de Bill Clinton, ancien vice-président de la Banque Mondiale puis du F.M.I..Voir, Chez Fayard,sortien2003, « Quand le capitalisme perd la tête ».

Vous trouverez enfin une première participation d’un économiste lituanien qui présente ses réflexion sur ce qui pourrait être une économie de la « Déflation », l’inflation liée à une croissance plus ou moins contrôlée, étant considérée comme le mal absolu. Cette approche apparemment paradoxale, porte sur un thême qui paraît intéresser de nombreux économistes. On peut la refuser parce qu’elle implique une pression très forte sur les systèmes sociaux et spécialement les salaires considérés globalement comme générateurs d’inflation. Elle mérite cependant une attention spéciale car elle pose la question d’un progrès sans croissance du PIB, promu par l’innovation et la formation. Et cette question est sans doute essentielle. Pour le reste, chacun peut observer que nous sommes déjà, en France, dans un cycle dominé par un débaut de déflation et par le chômage.

Vous trouverez aussi, diffusé en novembre (RCP9), une mise au point sur la question des retraites. Je ne suis pas revenu sur les questions largement et publiquement débattues au printemps 2003. J’ai voulu mettre en évidence quelques points restés dans l’ombre, des points essentiels mais sur les quels force est de constater un large silence. Nous avons d’ailleurs interrogé à leur sujet un responsable du Parti socialiste en charge des questions économiques et sociales. Nous attendons sa prise de position. Nos questions portaient sur la validité de prévisions économiques à l’horizon 2040 sachant que chacun peut constater que les économistes ne savent pas faire de prévisions, question abordée dans le débat l’an dernier, sur l’absence de politique démographique, et par conséquent dans l’oubli total des phénomènes migratoires, sur la prise compte dans les calculs d’un taux de chômage que l’on devrait maintenir à 9% ! Nous reviendrons sur cette question. Mais comment ne pas s’étonner qu’un débat politico-économique de première importance occupe le pays pendant trois mois sans que l’on ne dise jamais que les responsables, d’horizons variés, ont accepté sans le dire publiquement, qu’un tel taux a été envisagé, sinon retenu ?

2 - Quelles seront les question évoquées dans les mois qui viennent ?

Je traiterai d’abord de la question posée par le titre même de mon cours, «Croissance et Développement ». Deux termes apparemment voisins mais pourtant porteurs de réalités différentes. Deux réalités qui peuvent s’avérer contradictoires. Je renvoie ici au livre de Diana Hochraich, « Mondialisation contre développement ». La croissance peut en effet enrichir les apporteurs de capitaux, en particulier les fonds de pension (retour à la question des retraites) tout en interdisant tout développement du pays concerné. On pourrait parler de confiscation de la croissance. On pourrait aussi, en généralisant le propos, faire référence à cette « armée de réserve » que constitue une partie de la classe ouvrière, dont parlait Karl Marx.

J’aborderai ensuite la question du Développement Local dont je pense qu’il devrait être un outil privilégié des pays émergents, dont les pays d’Europe Orientale. Mais l’affaire est mal engagée, d’autant qu’il se présente peut-être comme l’un des moyens de contourner le blocage du développement imposé par les financiers de la croissance. Belle matière à débat. Comment peut-on et veut-on faire avancer cette question ?

Nous nous efforcerons ensuite de suivre l’évolution des questions économiques telles que l’actualité nous l’imposera, en esseyant de discerner les soubassements théoriques, voire idéologiques du discours politiques.

Enfin, dès maintenant, nous débattrons des questions que vous voudrez bien posées sachant qu’il n’y a pas de questions sans intérêt, dès lors qu’elles se posent. L’éachange engagé avec nos amis lituaniens n’est par ailleurs pas clos.


A bientôt,


Bernard LIGER



Publié dans economie

Commenter cet article