RPC17 - Point de vue lituanien, développement local et centralisation

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« REPERES POUR COMPRENDRE L’ECONOMIE »

( Envoi N°17 – septembre 2004 )



LA CENTRALISATION DU POUVOIR DANS L’UNION EUROPEENNE ET LE DEVELOPPEMENT LOCAL
POINT DE VUE DE MINDAUGAS DAKPUS
PROFESSEUR D’ECONOMIE A L’UNIVERSITE DE KAUNAS (LITUANIE)


Nous avons élu nos députés au Parlement de Strasbourg au mois de juin dernier. Nous savons maintenant que le traité de constitution de l’Europe fera l’objet d’un référendum. La direction du Parti Socialiste applaudit. Elle l’avait demandé. Le Président Chirac lui fait une concession calculée, tant les avis, au sein de la Gauche sont divers. Peu de gens disposent du texte, 450 pages, dit-on, traitant de l’organisation de l’Union mais aussi d’autres sujets qui n’ont pas leur place dans un tel document, le choix du marché, du tout libéral, comme moteur de l’Europe, par exemple. Une Europe qui prendrait maintenant, en matière de développement, les directions que voudront bien imposer les grands organismes internationaux comme le FMI, la Banque Mondiale, l’OCDE et l’OMC. Une réponse positive au référendum serait acceptable si le texte de la constitution était facilement révisable. Il semble que ce ne soit pas le cas. Le débat est loin d’être clos. Nous y reviendrons. Nous n’y reviendrons pas pour passer insensiblement du champ de l’économie à celui du politique, dans une perspective engagée. Nous y reviendrons parce que nous pensons que les choix économiques qui sous tendent le texte du projet de Constitution nous paraissent erronés, dépassés tant au plan théorique qu’au plan de la réalité quotidienne. La réalisation des objectifs de la République, Liberté, Egalité, Fraternité, ne passe pas par la reconnaissance du Marché comme « moteur de l’histoire » . L’expérience du Marché, deux siècles durant, nous a beaucoup appris, certes. Retenons ce qui est utile mais n’hésitons pas à chercher des solutions ailleurs

Nous avons demandé à Mindaugas DAKPUS, économiste lituanien, professeur à l’Université de Kaunas, de nous dire comment la mise en place de l’Union Européenne, à laquelle la Lituanie a adhéré le premier mai dernier, était ressentie dans les PECO, en Lituanie plus spécialement. Le texte qui suit montre combien les approches peuvent être différentes et même contradictoires. Il montre aussi quel peut être le poids de l’histoire. Il montre enfin que l’économie, dans la construction européenne, tient, de fait, une place centrale au point d’ignorer l’histoire et la politique. Mindaugas DAKPUS revendique le droit à la diversité au sein de l’Union en matière de développement économique mais craint que le gouvernement de l’Union ne soit que le porte-parole de quelques grands Etats, soucieux, d’abord, d’améliorer leurs positions économiques chez les nouveaux adhérents. Qui peut garantir que ses craintes sont vaines ? Reste que la discussion est loin d’être close, notre interlocuteur considérant, a priori, que les systèmes en place en Europe de l’Ouest sont loin d’être complètement libéraux. Il estime que le libéralisme pourrait assurer, sans l’Europe, le développement des pays émergents, ce qui n’est pas tout à fait conforme à ce que l’on peut constater depuis de nombreuses années. Un prochain texte sur les conditions de passage de la Chine à l’OMC permettra de s’interroger sur ce point.

Notre correspondant revendique le droit au Développement Local pour chacun des nouveaux arrivants, c’est à dire le droit de choisir librement ses modalités de Développement. Nous pouvons le suivre sur ce terrain et même l’appuyer fortement, sachant que cette revendication va à l’encontre du projet de constitution européenne qui ferait du « marché » le moteur du développement.

RCP 18 reprendra le texte figurant dans RCP 12 à propos d’une indispensable réforme de l’entreprise, que je considère comme le grand progrès à accomplir en ce vingt et unième siècle. L’actualité des entreprises françaises incite vivement à revenir sur cette question. Les projets de délocalisation d’entreprises parfaitement rentables dans leurs conditions actuelles de fonctionnement font l’actualité, les tenants du capital, sous toutes ses formes recherchant la rentabilité financière maximale même si cette rentabilité réduit au chômage de nombreux salariés sans que ceux-ci ne puissent en quoi que ce soit intervenir dans un débat qui pourtant les concerne fortement.


1- Le point de vue de Mindaugas DAKPUS.

« La Lituanie est devenue l’un des vingt cinq membres de l’Union Européenne (au premier mai 2004). C’est une constatation. Que l’on en soit heureux ou mécontent, mieux vaut (maintenant) sur l’avenir de l’Union Européenne et faire notre possible pour qu’elle suscite la création des conditions les plus favorables pour l’épanouissement de tous, soit dans le cadre de l’Union, soit dans son très proche voisinage, sans aller peut-être jusqu’à une véritable union politique. Pour l’instant ce n’est que le début d’une longue voie. Pour qu’elle n’arrive pas dans une impasse, il faut analyser les risques et les supprimer. »

« Dans le cadre de notre discussion sur le développement, je voudrais distinguer quelques risques auxquels nous sommes confrontés au sein de l’Union élargie, risques propres aux « anciens », risques propres aux »nouveaux nés ». Ils sont, bien sûr, liés, ce qui, pour les premiers, est risque, devenant contrainte, à l’origine de changements non désirables pour les autres. »

« Les anciens ont déjà exprimé des craintes :

1 – que les pauvres européens des PECO(ex-Europe de l’Est) envahissent leurs riches voisins et privent(ainsi) les aborigènes de leur travail,
2 - que les acteurs économiques des PECO emploient, en matière de concurrence, des méthodes « injustes », soit au niveau des entreprises, soit au niveau des gouvernements, en particulier par des avantages fiscaux, afin d’attirer les investissements des riches, ce qui impliquerait indirectement l’augmentation de leurs taux de chômage,
3 - que les « anciens » aient le souci d’imposer aux nouveaux pays membres des augmentations d’impôts et de charges sociales. »

« L’Union s’est créée pour assurer, d’abord sur le plan militaire et politique, la stabilité et la sécurité des peuples européens. On conserve la même tradition pour l’élargissement de l’Union, sauf qu’on parle maintenant plus de sécurité et de stabilité économique que militaire : L’élargissement de l’union est destiné à élargir le « marché » pour développer des avantages concurrentiels (en profitant) des effets d’échelle. L’importance de la sécurité, d’un point de vue militaire, passe au second plan. »

« Ce projet est finalement partagé par tous, anciens et nouveaux. Majoritairement, les PECO sont très intéressés par la question de la sécurité, mais ils veulent en même temps, garder leur indépendance, leur identité, limitées sous le régime soviétique. C’est leur première aspiration non-économique. »

« Au contraire, la première préoccupation des « anciens » est celle de la stabilité et de la sécurité économique. Bien que l’élargissement de l’Union accroisse les dimensions du marché potentiel, pour un certain temps encore, les « nouveaux » deviennent »un mal de tête » pour les grands pays. Mais ce mal est moins grand que ce qu’il serait sans l’Union. Je m’explique. Le mouvement de libéralisation économique progresse à travers le monde entier, pas seulement en France, pas seulement à cause du retour au pouvoir des « droites ». A cause de la libéralisation dans le monde entier, les conditions économiques deviennent égales pour tous(NDLR : C’est la théorie. On ne peut certainement pas dire que la libéralisation profite de la même façon à tous. Il contribue pour beaucoup à enrichir les plus riches. Voire les travaux de Joseph Stiglitz . Même les pays émergents ou en voie de développement obtiennent des conditions d’activités identiques à tous les autres. Ceci signifie que les pays d’Europe Centrale et Orientale peuvent profiter de cette libéralisation sans accéder à l’union politique avec l’’UE. La prospérité économique des pays émergents peut être assurée même en dehors de l’Union Européenne, si les pays riches ne nous empêchent pas de nous développer par nos propres moyens, à notre façon et à notre rythme.(NDLR: C’est la revendication du droit au développement Local). Finalement, on comprend que l’Union est d’abord nécessaire aux grands pays (je mets ici l’accent sur les deux premiers, la France et l’Allemagne) qui voudraient d’abord, à travers l’Union, contrôler les nouveaux venus. La question des avantages d’un marché plus grand ne vient qu’ensuite, contrairement à ce qui est souvent proclamé.”

“ On constate donc, dès le départ, des contradictions dans les objectifs et par conséquent des divergences dans le choix des modes de développement”;

“Dans l’Union, on peut imposer aux membres de changer leurs lois et d’unifier leurs systèmes économiques et sociaux, à partir de systèmes (dits) exemplaires. La pression financière joue ici un rôle essentiel et va presque jusqu’au chantage financier. Même si pour les PECO, les subventions sont imortantes, la pression finançière peut avoir un impact négatif, de méfiance, parce que ces comportements ressemblent aux méthode du gouvernement central soviétique: Nous nous en souvenons encore très bien. Ces méthodes sont complétées par des pressions morales et politiques très directes. Les PECO, candidats à l’entrée dans l’UE qui ont soutenu l’invasion des Etats-Unis en Irak ont été sermonnés par une très haute personnalité que nous connaissons bien(NDLR:Chirac). On leur a demandé, diplomatiquement, de se taire, surtout à la veille de l’élargissement. Ceci démontre l’existence de relations inégales au sein de l’Europe, une relation de dominant à dominé(acteur humilis). N’y a-t-il pas là l’expression du dédain de la part des anciens? Que ce sentiment soit vrai ou faux, il a été exprimé par les représentants de certains pays.”

“ En ce qui concerne une partie des pays qui ont soutenu l’invasion, il faudrait tout de même se souvenir que les pays d’Europe(occidentale) sont restés inconscients devant les agressions fascistes et communistes, une sorte de trahison des pays européens pour garantir leur tranquilité. Les lituaniens se souviennent de la position plus claire des américains contre l’occupation des pays baltes et des autres pays de l’Europe de l’est, ex-soviétique, et pour leur combat en vue de retrouver l’indépendance. J’ai fait ces quelques remarques pour aider à mieux comprendre certaines décisions qui, même “débiles” ont leur propre logique et des fondements dans une longue histoire.”

“Maintenant les pressions passent par des pressions économiques, surtout lorsque l’on veut faire adopter une harmonisation fiscale, sous le prétexte de créer les conditions d’une juste concurrence. La justesse, en économie est une notion toute relative. Pour les pays qui ont créé un système économique centralisé avec une politique de répartition des revenus par l’intermédiaire du budget de l’Etat (NDLR: il s’agit de nos systèmes de Sécurité Sociale fonctionant par répartition), la justesse concurrentielle se base sur leur conviction de disposer du meilleur système. Vouloir changer ces systèmes, c’est presque attenter aux valeurs de la démocratie. Les nouveaux pays membres n’ont pas pour objectif de casser de telles valeurs chez ceux qui sont convaincus de leurs avantages. Mais ce sont plutôt, chez eux, les acteurs de la société(NDLR:les entreprises) qui ne partagent pas les valeurs imposées par l’Etat. Je parle surtout ici des entreprises qui veulent se déplacer pour gagner davantage, ou des consommateurs qui souhaitent manger au”Macdo” au lieu de se nourrir dans des restaurants”à la française”.

“ Pourquoi aborder ces questions? Parce que le développement a une définition plus qualitative que la croissance, qui permet d’évaluer des situations concrètes et qui devrait impliquer la possibilité pour chacun de réaliser des objectifs de territoire, à son rythme propre. La solution serait de proposer à chaque territoire d’évaluer ses besoins et de leur donner plus de responsabilité(principaux de l’expression des libertés nationales en matière d’économie (NDLR: C’est toute la question de la mise en oeuvre du principe de subsidiarité). Mais, en fait , l’Union prévoit une plus grande centralisation des leviers, et, plus de outils de gestion du detin des membres. Je parle ici de la centralisation prévue des systèmes fiscaux(NDLR: Mieux vaudrait parler d’harmonisation plutôt que de centralisation) et de la politique étrangère. Bien sûr, l’Union prévoit qu’une partie des pouvoirs soit maintenue au niveau des Etats. Mais dans quelles conditions la loi de tel ou tel petit pays pourrat-elle devenir la loi de tous? On peut dire qu’en démocratie la loi de la majorité s’impose. Mais que se passera-t-il lorque cette majorité, au niveau européen, sera minorité au niveau des Etats Indépendants ?”

“ je ne donne pas ici de réponses. Je pose seulement des questions qui seront examinées au niveau intergouvernemental. De toute façon, la question de la répartition des pouvoirs est une question cruciale pour créer un système social motivant et efficace, que l’on se place au niveau de l’entreprise(management participatif), aux niveaux localet national, au niveau national et supranational. Le dernier niveau de centralisation est très important parce qu’il peut conditionner une centralisation du système de pensée et des décisions en matière de choix de modes de développement. Peut-être faudrait-il conserver plus de liberté d’action et maintenir plusieurs modes de développement sur le territoire de l’UE. Laisser aussi plus de pouvoir aux régions pour limiter le volume des problèmes remontant au niveau national.”

2- Quelques commentaires concernant le texte précédent :

Le texte de Mindaugas Dakpus surprendra sans doute plus d’un lecteur. En invitant un économiste lituanien à s’exprimer, en toute liberté, sur les conditions de mise en place de l’UE, à vingt-cinq adhérents, on allait à peu près surement découvrir une approche qu n’est pas la notre. C’est tout l’intérêt d’un débat qui ne débouche pas sur un refus de l’Europe mais sur de fortes revendications actuellement insatisfaites. Mindaugas Dakpus ne propose pas de renoncer à l’UE ou de repousser le projet de constitution. La question n’est pas ici de savoir si l’on doit voter oui ou non, à propos du projet de constitution européenne, mais de comprendre des situations concrètes dont il faudra bien, avec ou sans constitution, tenir compte.

21 - Un retour sur l’histoire des pays baltes peut éclairer le débat. L’histoire des Pays Baltes, et plus spécialement celle de la Lituanie, n’est pas la notre. Elle a été marquée, au Moyen Age et jusqu’à la fin du seizième siécle, par une lutte permanente pour s’affranchir, avec succès d’ailleurs, de ses grands voisins, et d’abord du poids du monde germanique incarné par les Chevaliers Teutoniques qui seront finalement écrasés par une coalition, Russie, Pologne, Lituanie, à la bataille de Tannenberg, en, 1410. Puis le vent tourne. En 1569, l’Union de Lublin met fin à l’autonomie de la Lituanie qui n’est plus qu’une partie de la Pologne. En 1795, les russes l’annexent. Elle résistera, se soulèvera à plusieurs reprises mais ne retrouvera son indépendance qu’à la fin de la première guerre mondiale, en 1920. En 1918, les puissances occidentales avaient, de fait, confié à l’Armée Allemande du général Von der Goltz le soin d’écarter l’Armée rouge et d’aider les lituaniens à se relever de la guerre (les allemands reconstruisent Kaunas, la seconde ville du pays qui deviendra la capitale après 1920). En 1920, l’indépendance des pays baltes est enfin reconnue. Vilnius, la première ville de Lituanie, est donnée à la Pologne, l’ennemi traditionnel. En 1939, le pacte germano-soviétique qui lie deux de ses grands adversaires traditionnels, permet aux russes de ré-envahir les pays baltes avant que l’offensive allemande vers l’Est ne permette de les libérer ! En 1944, les pays baltes entrent offiiciellement dans le nouvel empire soviétique. C’est le résultat des accords de Yalta signés par la Russie, les USA et l’Angleterre. Ce sont ces accords et non la “trahison” des européens de l’Ouest qui expliquent la mainmise des soviétiques sur les pays baltes. Mais jusqu’en 1953, et même encore plus tard, des lituaniens résisteront, les armes à la main, au plus profond de leurs forêts. L’occident s’en est désintéressé. Beaucoup de lituaniens nous l’ont amèrement reproché. Leurs reproches sont compréhensibles mais que pouvions nous faire ? La question reste ouverte.

On comprend bien que les lituaniens ne puissent avoir nos motivations pour adhérer à l’Union Européenne. Nos pays d’Europe de l’Ouest sont indépendants depuis de longues années. Les pays baltes n’ont profité d’une totale indépendance que pendant moins de vingt ans dans les deux derniers siècles. A peine viennent-ils de se libérer du poids de l’appareil soviétique qu’ils doivent ou devraient adopter une masse de textes préparés fort loin, à Bruxelles, à une époque ou eux-mêmes étaient bien loin d’adhérer. De quels pouvoirs disposeront-ils pour affirmer néanmoins leur indépendance fraichement retrouvée ? Un invitation à réengager le débat sur le principe de subsidiarité et sur son application dans le contexte des PECO.

L’ histoire tourmentée de l’Europe de l’Est et plus spécialement de la lituanie a généré depuis plus de deux siècles une émigration importante vers les USA; 800 000 imigrés aux USA au début du vingtième siècle, plus d’un million sans doute aujourd’hui alors que la population actelle de la Lituanie est de l’ordre de quatre millions. Ces émigrés sont très entreprenants. En 1879, un premier journal lituanien parait à Naw-York, la”Gazeta Lietuviska” . La même année seulement paraissait à Koenigsberg (kaliningrad) le premier journal lituanien réellement nationaliste, le “Keleivis” de Frédéric Kurschatt. En 1914, les lituaniens des USA organise un Congrès à Chicago et jettent les bases d’une représentation nationale provisoire. Le premier novembre 1916, une “journée lituanienne” est organisée aux USA, sous le patronage du Président Wilson lui-même pour aider la Lituanie à se relever de la guerre. Ces brefs rappels pemettent de comprendre pourquoi l’influence des USA est aujourd’hui encore très forte en Lituanie au point que les Lituaniens ont, depuis 1993, lié leur monnaie au dollar par un accord, dit de “caisse d’émission”, “Currency Board”, pour employer le terme consacré. Une parité de quatre litas pour un dollar a été décidée, la Lituanie renonçant à créer de la monnaie hors des limites retenues par l’accord ou à émettre des bons du Trésor.

Ces quelques notes permettent de comprendre l’influence des USA en Lituanie, et donc l’attachement relatif du pays au “tout libéral”, comme aux USA et non comme en Europe Occidentale. Dans une telle perspective, il est fatal que notre partenaire écrive que, de toutes façons, la libéralisation de l’économie mondiale, donne aux pays émergents de l’Est-Européen la possibilité de se développer sans adhérer obligatoirement à l’UE. Mais alors, à quoi sert l’Union Européenne ? C’est la question de fond posée à travers le texte de Mindaugas Dakpus ? Il suffirait de suivre les prescriptions de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International, de l’OCDE, de l’OMC, pour que se résolvent tous les problèmes posés par le Développement. L’histoire contemporaire montre pourtant qu’il n’en n’est rien. Plutôt que d’argumenter sur cette question, je renverrai aux deux livres publiés récemment sous la signature de Joseph Stiglitz, “la grande Désillusion” et “Quand le Capitalisme Perd la Tête” qui montrent en quoi le Capitalisme est impuissant face aux problèmes de la pauvreté et des inégalités par exemple. L’auteur a été le Président du comité des experts économiques de Bill Clinton, puis vice-président du FMI et de la Banque mondiale. Reste qu’un nombre significatif de dirigeants européens de toutes obédiences n’ont sans doute pas eu le temps de méditer le contenu de telles ouvrages et poussent l’UE dans cette voie”sans issue”, qu’ils investissent la Commission de Bruxelles d’un pouvoir quasiment absolu en matière de concurrence ou qu’ils veuillen, à travers le projet de constitution européenne, reconnaitre au libéralisme un rôle et des vertus qu’il n’a pas.

Resterait enfin, dans la ligne des observations faites par notre interlocuteur, à s’interroger sur la façon dont un adhérent nouveau à l’UE peut revenir sur le “Currency Board” qui lie sa monnaie au dollar, à moins d’admettre que le dollar reste, de fait , la monnaie de l’un des pays de l’Union, ce qui ne parait pas envisageable. Le débat pourrait être relancé sur cette question. Quelles sont, à ce sujet, les intentions ou les engagements du gouvernement lituaniens?


Conclusions ?... Pas de conclusions: L’important est de prendre conscience que la construction de l’europe par des technocrates, voire par des gouvernements, la construction d’une union européenne par le haut, laisse de coté nombre de problemes en considérant qu’ils évolueront d’eux-mêmes. Peut-être mais rien n’est certain. Les USA sont passés par une guerre de sécession. Evitons, si possible, une future guerre de sécession en Europe, en développant échanges et débats, en particulie sur l’ensemble des points que soulève Mindaugas Dakpus. Que l’on vote oui ou non au réferendum, ces points devront être traités, des réponses devront être apportées.



En préparation,
- Retour sur une nouvelle conception de l’entreprise.
- Les conséquences du passage de la chine à l’OMC.

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