choisir un candidat: Ségolène, oui...

Publié le par liger

DEBAT
 
REPERES POUR COMPRENDRE L?ECONOMIE CONTEMPORAINE
 
RPC 35 ? mars 2007
 
 
Maintenant, choisir !
 
(suite RPC33 :Questions à Ségolène Royal)
 
 
 TOUS NOS TEXTES SONT ACCESSIBLES SUR    www://economie-liger.over-blog.com
  
 
 Ségolène Royal ne nous a pas répondu directement?La candidate du Parti Socialiste a , cependant, apporté, à travers ses différentes interventions, des réponses aux   questions que nous posions( cf. en particulier,  le Monde du 6 mars 2007). Nous avons suffisamment d?éléments   pour effectuer un choix de second tour. Les choix de premier tour n?ont qu?une valeur indicative sur lesquels, en l?état de notre législation électorale, nous ne nous attarderons pas.
 
Bayrou veut rassurer. Il a   récupéré les intentions de vote de ceux qui, à gauche, auraient soutenu un candidat de gauche « raisonnable », c?est à dire pas trop engagé en faveur des classes les plus défavorisées et, notamment, de ceux qui, désespérant de la gauche, ralliaient les extrêmes. Ceux-là, dont un certain nombre de grands fonctionnaires, devront, de toutes façons se déterminer pour le second tour car Bayrou ne sera probablement pas au second tour.
 
En s?adressant   aux jeunes des quartiers difficiles, aux français en grandes difficultés, en les écoutant, Ségolène Royal a sans doute   effrayé une gauche bourgeoise, qui veut bien s?accommoder d?un changement managé par les classes moyennes, comme en 1789, mais qui se méfie de la trop grande place que voudraient ou souhaiteraient prendre les groupes sociaux les plus marginalisés, les plus pauvres, même s?ils représentent 10 à 20% de la population (addition des pauvres recensés selon les critères officiels, des étrangers en mal d?intégration, des « sans-papiers » , des « sans logements », et de beaucoup de ceux qui sont pauvres de leur trop grande précarité, indépendamment même de leurs revenus). Marx disait déjà qu?on ne fait pas la révolution avec le « lumpenproletariat » !
 
Que ceux de nos amis qui auraient opté pour cette gauche confortable reviennent parmi nous. La période est grave. Les menaces qui pèsent sur la démocratie et la planète sont bien là. Sarkozy veut être le Napoléon du 21ième siècle. Nous ne devons pas le laisser faire.
 
Pour nous, c?est clair : Choisir Ségolène Royal, en dépit de toutes les critiques. Son rival ne travaille que pour lui-même. Seul le pouvoir l?intéresse. Son discours en matière économique est incohérent, infondé, et se réfère à un libéralisme dépassé. Son échec dans le domaine des banlieues est patent. Son projet, sur le plan européen, consisterait à réimposer par la voie parlementaire le texte repoussé par la voie référendaire. Ce n?est pas le Président dont la France a besoin, surtout s?il s?agit de redonner à notre vieille nation un rôle d?avant-garde, celui qu?elle prit en 1789, au risque de se mettre à dos toutes les aristocraties européennes.
 
 
Les développements qui suivent expliquent, notre choix. Une décision aussi importante que l?élection qui nous est proposée doit s?appuyer sur un nombre limité de points essentiels : Une conception de l?économie et de ses rapports au politique, une façon de concevoir l?exercice de la Démocratie(réforme des institutions et du dialogue social), une façon de concevoir le rôle de la France en Europe et l?évolution des relations au sein de l?Europe, une façon de concevoir la place des préoccupations environnementales, une façon d?appréhender la question dite des banlieues. Cela suffit même si c?est incomplet. L?élection n?arrêtera pas le débat. Le  « débat participatif » doit se poursuivre, après les élections, dans tous les cas. Il se poursuivra probablement avec Ségolène Royal. Il se poursuivra, avec Sarkozy, au bout des matraques. Un délégué du syndicat Alliance, ami se Sarkozy expliquait, à l?émission de Calvi, le 28 mars, à 18 heures, que la police devait réprimer, dans l?incident de la gare du Nord comme dans l?affaire de Clichy-sous-Bois, un fraudeur, des casseurs, et ces intellectuels qui soutiennent toute contestation » ! le propos de ce fidèle sarkozien est particulièrement clair.
 
(NDLR : Qui a suscité les casseurs dans la gare du nord, un long moment, certains disent deux heures, après l?incident provoqué par le fraudeur ?)
 .
 
 
 
 
1 ? Nos critères de choix :
 
Depuis de longues années, et notamment depuis la chute du « mur », nous constations que l?économie collectiviste, planifiée à la façon stalinienne, ne pouvait plus être considérée comme une alternative à une économie libérale dominée par le marché. Depuis la chute du « mur », le libéralisme s?est efforcé d?occuper tout l?espace disponible. Aujourd?hui, les USA eux-mêmes, reviennent   au protectionnisme le plus classique chaque fois qu?ils estiment que leurs intérêts sont menacés. La solution d?avenir ne pouvait donc être ni collectiviste,, ni libérale.
 
La fin du rêve soviétique ne signifiait pas le triomphe inconditionnel du marché. Pourtant, nombre de libéraux, dont Sarkozy, Parisot sa comparse,   s?accrochaient   farouchement, et s?accrochent encore, au mythe d?un marché, grand régulateur de l?économie, et, au delà, de la Politique. Que les USA ne considèrent plus le libéralisme que comme un produit pour sous-développés, ne les conduit pas à se remettre en cause, tant sont considérables les intérêts financiers en jeu. 
 
Le retentissement des travaux de Joseph Stiglitz, prix Nobel d?économie, qui fut un haut responsable des questions économiques auprès de Bill Clinton puis à la Banque Mondiale, est à cet égard remarquable. Il a en particulier fortement insisté sur le fait que le libéralisme économique ne savait   réduire ni la pauvreté, ni les inégalités sociales, que ce soit entre les nations ou à l?intérieur de chaque nation.
 
Sur le plan conceptuel, nos critères de choix, au regard des échéances, sont par conséquent   très clairs : Rejet des systèmes proposant une économie collectivisée, rejet du tout libéral et, notamment, du rôle imparti par les libéraux à un marché qui conduirait naturellement aux équilibres optimaux. Le marché demeure, certes, n?en déplaise à nos gauchistes, un acteur important de l?économie mais la collectivité doit l?orienter en lui assignant des objectifs démocratiquement définis et des contraintes qu?il doit respecter. Le pouvoir économique, celui de l?argent, ne doit jamais prendre le pas sur le pouvoir politique. A travers la collectivité, la participation des citoyens à la conception et au contrôle des décisions doit être la règle. Reste à en définir les modalités.
 
Lorsque la situation de l?économie ne répond plus aux besoins du pays, ce qui est actuellement le cas, la collectivité (l?Etat d?abord) doit la réorienter, sachant qu?il dispose de deux moteurs essentiels, la demande et l?offre. Jean-Marc Sylvestre, le très (trop) libéral économiste patenté de notre radio nationale-libérale, France-Inter, le lundi 19 mars, expliquait doctement que, dans une économie évoluée, la relance devait être une relance par l?offre, ce que proposerait Sarkozy, alors que dans un pays en développement la relance passerait par un accroissement de la demande, ce que proposerait , à tort, Ségolène Royal. Singulier raccourci qui confond keynésianisme et socialisme et qui prête à Sarkozy des intentions qu?il n?a en tout cas jamais exprimées de cette façon. Le programme de Sarkozy, c?est plutôt un énorme fourre-tout qui promet tout à tout le monde au hasard des questions qui lui sont posées
 
2 ? Rejeter la candidature de Sarkozy : Pourquoi ?
 
 Sarkozy se présente comme le champion d?un libéralisme à l?américaine ( à la Butch), dans une France qui referait cause commune avec les USA. D?où son voyage aux USA et sa rencontre ostentatoire avec Bush, l?homme pourtant désavoué par son peuple pour ses mensonges, son incapacité à comprendre la situation du Moyen-Orient et sa façon désastreuse de conduire, en Irak, mais aussi en Afghanistan, en Erythrée, et ailleurs, une guerre permanente contre tous ceux qui s?opposent à sa confiscation des champs pétrolifères, et, à la domination des US sur le monde entier. L?homme aussi qui refuse le libéralisme dès que les intérêts de ses hommes d?affaires et agriculteurs sont en jeu !
 
Sarkozy veut, au nom de l?équilibre de nos comptes nationaux, réduire notre couverture maladie (annonce d?une nouvelle franchise sur les remboursements de soins annoncée, donc charges supplémentaires pour les assurés sociaux), nos pensions de retraite,?mais offre une collaboration franche à un Président des USA qui a provoqué, pour son pays, un endettement massif, une forte désindustrialisation, et qui va lui faire perdre une guerre coloniale en dépit de toutes les mises en garde. De quoi susciter bien des questions. Rappelons que Sarkozy a fait appel pour le conseiller, dans un passé récent, à Michel Camdessus, ex-patron du FMI, démissionnaire pour cause de crises à répétition ( voir à ce sujet RPC    ). Appliquant aveuglément les règles définies par la Réserve fédérale des Etats-Unis, il avait imposé aux pays du Sud-Est asiatique et d?Amérique du Sud des contraintes déraisonnables qui ont provoqué de graves crises, en Indonésie notamment, crise payée par des centaines de milliers de morts ?
 
Lorsque Sarkozy propose aux salariés de travailler plus (plus de 35 heures) pour gagner plus. Il oublie qu?il ne suffit pas de fabriquer pour s?enrichir. Il faut pouvoir vendre. En fait, il s?agit d?un discours visant « les 35 heurs » considérées comme le mal absolu, alors même que la droite les a sauvegardées depuis cinq ans ! Il fallait bien qu?il propose quelque part un début de rupture ! Sa proposition n?a d?ailleurs rien ni de la rupture, ni d?une révolution. De Robien, ministre du travail sous Raffarin, puis des transports, avait inventé la semaine de quatre jours avant que Martine Aubry ne se fasse la championne des 35 heures. Travailler plus pour gagner plus, c?est possible depuis toujours mais , dans la bouche de Sarkozy, c?est un piège. Si dans quelques mois, les salariés se plaignent, il leur renverra la responsabilité de leur triste situation : Je vous avais proposé de travailler plus, vous ne m?avez pas écouté.
 
Pourquoi, au lieu de s?adresser aux salariés, n?a-t-il pas demandé à Laurence Parisot, Présidente du MEDEF, d?obtenir des patrons qu?ils proposent à leurs salariés de travailler 150 heures de plus par an, davantage même ? Les employeurs pouvaient le demander sans problème à leurs salariés ? Le résultat eut été le même. Les salariés eussent augmenté leurs revenus. Certes, en cas d?impossibilité, la responsabilité eut été portée par les patrons, ce qui correspond à la réalité de l?économie et du code du travail. Mieux valait, pour l?avenir, faire supporter le responsabilité de l?échec par les salariés eux-mêmes.
 
La question de faire ou de ne pas faire des heures supplémentaires (travailler plus) est, il faut le redire, une question qui concerne les employeurs et non les salariés. C?est la règle du Code du Travail. Il appartient à l?employeur de commander les heures supplémentaires. Le salarié qui aurait refuser d?exécuter ces heures supplémentaires se serait mis en situation en de licenciement. Si l?employeur dans ces conditions demandait à ses salariés de faire toutes les heures de travail qu?il est en droit, aujourd?hui, de leur demander dans le cadre de la durée annuelle du travail prévue par les textes, il pourrait leur apporter plus qu?un treizième mois de salaire, ce qu?il ne fait généralement pas.
 
L?employeur, en effet, n?augmente le nombre d?heures travaillées dans son entreprise que si son carnet de commandes se gonfle et non si ses salariés veulent gagner davantage. Le discours de Sarkozy n?a pas de sens, ni du point de vue de la théorie économique, ni du point de vue du Code du Travail. Pire, il renvoie aux salariés la responsabilité de l?éventuel échec de sa politique économique.
 
Ajoutons que si les employeur avaient, de façon   régulière, les charges de travail qui permettent de demander une telle quantité d?heures supplémentaires, ils auraient aussi la possibilité de recruter   de nouveaux salariés. Les heures travaillées coûtent alors moins cher que des heures supplémentaires. L?employeur y gagnait. Le chômage diminuait d?autant. Mais cela ne correspond pas à la réalité de l?économie.
 
Vendre davantage ne garantit d?ailleurs pas l?expansion de l?emploi et du pouvoir d?achat. Encore faut-il que le surplus de valeur ajoutée produite par le surcroît de travail soit effectivement employé à mieux rémunérer le salarié. Ce n?est pas toujours le cas. Le supplément de valeur ajoutée peut aller aux apporteurs de capitaux ou être investi hors frontière. Voir l?exemple d?une grande entreprise d?édition(le nom n?est pas cité pour éviter des représailles) qui vient de réorganiser ses services commerciaux : Réduction des primes de ses commerciaux et pour leur permettre, non de gagner davantage mais seulement de ne pas trop perdre, augmentation de la taille de leurs secteurs commerciaux, donc plus de travail, plus d?heures sur la route. En l?occurrence, travailler plus pour éviter de gagner moins, pas pour gagner plus.
 
Autres propositions de l?UMP pour gagner plus : Que les jeunes mères salariées renvoient à plus tard leur congé de maternité !? contre l?intérêt de l?enfant, contre celui de la santé de la mère. Que les salariés   puissent repousser comme ils le veulent l?âge de leur départ en retraite ?pour améliorer leurs   retraites ! Une pension majorée (voire) pour une   retraite plus courte.. et le pays compte plus de quatre millions de chômeurs ! C?est le projet de l?UMP.
 
 Conclusion : Rejeter la candidature de Sarkozy dont le discours économique n?est qu?un fatras de propositions peu cohérentes et qui, au demeurant, premier flic de France pendant des années, a complètement échoué en matière de sécurité. Rejeter un candidat qui promet sans rire de ramener en 4 ans le taux de chômage à 4%, de donner en deux ans un toit à tous ceux qui n?en n?ont pas et de relancer le projet européen en moins de trois mois ! Rejeter un candidat qui est ministre depuis cinq ans et promet de faire en cinq ans ce qu?il n?a pas fait au cours des cinq dernières années.
 
2 ? Choisir Ségolène Royal : Pourquoi ?
 
Nous ne sommes pas les porte-paroles de la candidate socialiste. Mais nous l?avons écoutée. Nous avons suivi les débats, tant sur son blog, que dans les nombreuses réunions de sa campagne, d?ailleurs encore inachevée. Nous aurions encore bien des questions à lui poser, certes, mais nous quelques conclusions s?imposent déjà qui justifient suffisamment notre choix :
 
        21 ? Les perspectives ouvertes s?inscrivent dans la ligne d?une économie de la régulation, position déjà exprimée dans le préambule du Projet Socialiste. Ni marxiste, ni libérale, deux positions qui ont rendu service mais qui ne sont plus d?actualité. En aucun cas, une position moyenne entre les deux précédentes. Une position qui redonne à l?Etat la maîtrise de l?avenir de la Nation, dans l?Europe, qu?elle peut contribuer à réorienter et à promouvoir dans un monde dont il faudra repenser l?évolution. L?économie de la régulation, ce n?est pas l?économie du Centre, c?est l?économie de l?avenir. L?accroissement du pouvoir des Régions, en matière économique, pouvoir déjà inscrit dans les textes, va dans le sens d?une meilleure capacité régulatrice de la collectivité.
 
       22 - La mise en place d?un nouveau mode de négociation sociale (conférence annuelle réunissant tous les partenaires sociaux) qui doit redonner aux salariés des moyens d?intervention dans la gestion de l?économie et des entreprises devrait rendre possible la régulation démocratique attendue. Elle lui donnera du sens. On devine les difficultés qui vont surgir. Les électeurs devenus acteurs accepteront-ils de jouer le jeu proposé ou bien s?en remettront-ils, à nouveau, à de providentiels élus ? La Démocratie profitera-t-elle de cette opportunité pour progresser ? L?expérience vaut d?être tentée.
 
       23Une France, fière de ses traditions, qui se présentera à nouveau comme promotrice d?une Europe en devenir, sans complexe, mais, comme le dit la candidate, une « Europe de la preuve » qui passera par le lancement d?un certain nombre de grands projets communautaires (moteurs d?une relance de l?économie, via la recherche). Les champs d?application ne manquent pas, notamment dans le domaine de l?énergie et de l?environnement. Une Europe qui saura protéger ses ressortissants des concurrences anormales, pour ce qui concerne l?extérieur, et qui aidera les Etats de l?Union les plus en retard à le combler sans passer par des pratiques de dumping social et fiscal.
 
Il suffirait de procéder avec les pays de l?Europe de l?Est comme on l?a fait avec le Portugal, l?Espagne, l?Irlande, sous réserve de donner au budget européen la dimension qui convient . La candidate, sur ce point, a été très explicite au cours de ses interventions. C?est d?une certaine façon, un retour aux sources et la certitude de ne pas voir revenir un projet de constitution dont les français n?ont pas voulu, dont nous n?avons pas voulu avec une motivation claire qui n?avait rien à voir avec une simple réaction de rejet à l?égard de Chirac ;.
 
     24 ? La France proposera un nouveau référendum européen, sur un texte différent de celui de 2004, un texte lisible, clair, qui ne traiterait pas des politiques de l?Union. Le projet paraît d?une réalisation complexe. Peut-être. Mais il rencontrerait sans doute, soumis partout à référendum, si possible en même temps, un assentiment fort des peuples. Soumis aux parlements, comme cela a déjà été le cas, dans les conditions que l?on a connues, il n?aurait été que le produit de ces aristocraties européennes qui ne feront jamais l?Europe, qui ne pourront jamais faire qu?un vaste marché libre aux limites incertaines mais aux profits assurés.
 
    25 ? La question de l?environnement sous tous ses aspects est, plus qu?il n?y paraît peut-être, au centre du projet de Ségolène Royal. L?effort de recherche et de développement qu?il suppose garantit une offre renouvelée (contrairement à ce que prétend l?économiste patenté de France-inter) car la sauvegarde de la planète suppose un renouvellement de beaucoup des produits   aujourd?hui proposés au consommateur.
 
    26 ? Le projet de Ségolène Royal prend en compte la question des banlieues dans tous ses aspects. La particularité du projet socialiste tel qu?elle l?exprime est de considérer que les jeunes concernés portent une patrie notable   de notre avenir. Ce ne sont pas des marginaux dont il conviendrait de se méfier. Or dans ce domaine, la question de la considération portée aux interlocuteurs est fondamentale. Déjà, sur le terrain, les méfaits de l?attitude adoptée par Sarkozy sont évidents, au point qu?il ne paraît plus en mesure de se rendre dans les quartiers réputés difficiles, bien que, jusqu?alors, Ministre de l?Intérieur disposant des forces de police. Depuis cinq ans, rien de fondamental n?a changé n?a changé. Ségolène Royal a pris conscience des risques qui croissent au fil des années. Elle paraît à l?évidence mieux placée que Sarkozy pour prendre les initiatives qui s?imposent. Les dernières élections syndicales dans la police nationale, en donnant une majorité aux syndicats dits de gauche, illustre le mal-être d?une police qui s?accommode mal du rôle de garde prétorienne du libéralisme et de son leader .
 
 
 
Ces six conclusions justifient largement le choix de SEGOLENE ROYAL. Portons la à la Présidence de la République puis reprenons les débats en cours, certain qu?elle considèrera son élection comme le commencement de quelque chose de nouveau et non comme le point final des débats amorcés au cours de la campagne.
 
DEBAT
 
REPERES POUR COMPRENDRE L?ECONOMIE CONTEMPORAINE
 
RPC 35 ? mars 2007
 
 
Maintenant, choisir !
 
(suite RPC33 :Questions à Ségolène Royal)
 
 
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 Ségolène Royal ne nous a pas répondu directement?La candidate du Parti Socialiste a , cependant, apporté, à travers ses différentes interventions, des réponses aux   questions que nous posions( cf. en particulier,  le Monde du 6 mars 2007). Nous avons suffisamment d?éléments   pour effectuer un choix de second tour. Les choix de premier tour n?ont qu?une valeur indicative sur lesquels, en l?état de notre législation électorale, nous ne nous attarderons pas.
 
Bayrou veut rassurer. Il a   récupéré les intentions de vote de ceux qui, à gauche, auraient soutenu un candidat de gauche « raisonnable », c?est à dire pas trop engagé en faveur des classes les plus défavorisées et, notamment, de ceux qui, désespérant de la gauche, ralliaient les extrêmes. Ceux-là, dont un certain nombre de grands fonctionnaires, devront, de toutes façons se déterminer pour le second tour car Bayrou ne sera probablement pas au second tour.
 
En s?adressant   aux jeunes des quartiers difficiles, aux français en grandes difficultés, en les écoutant, Ségolène Royal a sans doute   effrayé une gauche bourgeoise, qui veut bien s?accommoder d?un changement managé par les classes moyennes, comme en 1789, mais qui se méfie de la trop grande place que voudraient ou souhaiteraient prendre les groupes sociaux les plus marginalisés, les plus pauvres, même s?ils représentent 10 à 20% de la population (addition des pauvres recensés selon les critères officiels, des étrangers en mal d?intégration, des « sans-papiers » , des « sans logements », et de beaucoup de ceux qui sont pauvres de leur trop grande précarité, indépendamment même de leurs revenus). Marx disait déjà qu?on ne fait pas la révolution avec le « lumpenproletariat » !
 
Que ceux de nos amis qui auraient opté pour cette gauche confortable reviennent parmi nous. La période est grave. Les menaces qui pèsent sur la démocratie et la planète sont bien là. Sarkozy veut être le Napoléon du 21ième siècle. Nous ne devons pas le laisser faire.
 
Pour nous, c?est clair : Choisir Ségolène Royal, en dépit de toutes les critiques. Son rival ne travaille que pour lui-même. Seul le pouvoir l?intéresse. Son discours en matière économique est incohérent, infondé, et se réfère à un libéralisme dépassé. Son échec dans le domaine des banlieues est patent. Son projet, sur le plan européen, consisterait à réimposer par la voie parlementaire le texte repoussé par la voie référendaire. Ce n?est pas le Président dont la France a besoin, surtout s?il s?agit de redonner à notre vieille nation un rôle d?avant-garde, celui qu?elle prit en 1789, au risque de se mettre à dos toutes les aristocraties européennes.
 
 
Les développements qui suivent expliquent, notre choix. Une décision aussi importante que l?élection qui nous est proposée doit s?appuyer sur un nombre limité de points essentiels : Une conception de l?économie et de ses rapports au politique, une façon de concevoir l?exercice de la Démocratie(réforme des institutions et du dialogue social), une façon de concevoir le rôle de la France en Europe et l?évolution des relations au sein de l?Europe, une façon de concevoir la place des préoccupations environnementales, une façon d?appréhender la question dite des banlieues. Cela suffit même si c?est incomplet. L?élection n?arrêtera pas le débat. Le  « débat participatif » doit se poursuivre, après les élections, dans tous les cas. Il se poursuivra probablement avec Ségolène Royal. Il se poursuivra, avec Sarkozy, au bout des matraques. Un délégué du syndicat Alliance, ami se Sarkozy expliquait, à l?émission de Calvi, le 28 mars, à 18 heures, que la police devait réprimer, dans l?incident de la gare du Nord comme dans l?affaire de Clichy-sous-Bois, un fraudeur, des casseurs, et ces intellectuels qui soutiennent toute contestation » ! le propos de ce fidèle sarkozien est particulièrement clair.
 
(NDLR : Qui a suscité les casseurs dans la gare du nord, un long moment, certains disent deux heures, après l?incident provoqué par le fraudeur ?)
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1 ? Nos critères de choix :
 
Depuis de longues années, et notamment depuis la chute du « mur », nous constations que l?économie collectiviste, planifiée à la façon stalinienne, ne pouvait plus être considérée comme une alternative à une économie libérale dominée par le marché. Depuis la chute du « mur », le libéralisme s?est efforcé d?occuper tout l?espace disponible. Aujourd?hui, les USA eux-mêmes, reviennent   au protectionnisme le plus classique chaque fois qu?ils estiment que leurs intérêts sont menacés. La solution d?avenir ne pouvait donc être ni collectiviste,, ni libérale.
 
La fin du rêve soviétique ne signifiait pas le triomphe inconditionnel du marché. Pourtant, nombre de libéraux, dont Sarkozy, Parisot sa comparse,   s?accrochaient   farouchement, et s?accrochent encore, au mythe d?un marché, grand régulateur de l?économie, et, au delà, de la Politique. Que les USA ne considèrent plus le libéralisme que comme un produit pour sous-développés, ne les conduit pas à se remettre en cause, tant sont considérables les intérêts financiers en jeu. 
 
Le retentissement des travaux de Joseph Stiglitz, prix Nobel d?économie, qui fut un haut responsable des questions économiques auprès de Bill Clinton puis à la Banque Mondiale, est à cet égard remarquable. Il a en particulier fortement insisté sur le fait que le libéralisme économique ne savait   réduire ni la pauvreté, ni les inégalités sociales, que ce soit entre les nations ou à l?intérieur de chaque nation.
 
Sur le plan conceptuel, nos critères de choix, au regard des échéances, sont par conséquent   très clairs : Rejet des systèmes proposant une économie collectivisée, rejet du tout libéral et, notamment, du rôle imparti par les libéraux à un marché qui conduirait naturellement aux équilibres optimaux. Le marché demeure, certes, n?en déplaise à nos gauchistes, un acteur important de l?économie mais la collectivité doit l?orienter en lui assignant des objectifs démocratiquement définis et des contraintes qu?il doit respecter. Le pouvoir économique, celui de l?argent, ne doit jamais prendre le pas sur le pouvoir politique. A travers la collectivité, la participation des citoyens à la conception et au contrôle des décisions doit être la règle. Reste à en définir les modalités.
 
Lorsque la situation de l?économie ne répond plus aux besoins du pays, ce qui est actuellement le cas, la collectivité (l?Etat d?abord) doit la réorienter, sachant qu?il dispose de deux moteurs essentiels, la demande et l?offre. Jean-Marc Sylvestre, le très (trop) libéral économiste patenté de notre radio nationale-libérale, France-Inter, le lundi 19 mars, expliquait doctement que, dans une économie évoluée, la relance devait être une relance par l?offre, ce que proposerait Sarkozy, alors que dans un pays en développement la relance passerait par un accroissement de la demande, ce que proposerait , à tort, Ségolène Royal. Singulier raccourci qui confond keynésianisme et socialisme et qui prête à Sarkozy des intentions qu?il n?a en tout cas jamais exprimées de cette façon. Le programme de Sarkozy, c?est plutôt un énorme fourre-tout qui promet tout à tout le monde au hasard des questions qui lui sont posées
 
2 ? Rejeter la candidature de Sarkozy : Pourquoi ?
 
 Sarkozy se présente comme le champion d?un libéralisme à l?américaine ( à la Butch), dans une France qui referait cause commune avec les USA. D?où son voyage aux USA et sa rencontre ostentatoire avec Bush, l?homme pourtant désavoué par son peuple pour ses mensonges, son incapacité à comprendre la situation du Moyen-Orient et sa façon désastreuse de conduire, en Irak, mais aussi en Afghanistan, en Erythrée, et ailleurs, une guerre permanente contre tous ceux qui s?opposent à sa confiscation des champs pétrolifères, et, à la domination des US sur le monde entier. L?homme aussi qui refuse le libéralisme dès que les intérêts de ses hommes d?affaires et agriculteurs sont en jeu !
 
Sarkozy veut, au nom de l?équilibre de nos comptes nationaux, réduire notre couverture maladie (annonce d?une nouvelle franchise sur les remboursements de soins annoncée, donc charges supplémentaires pour les assurés sociaux), nos pensions de retraite,?mais offre une collaboration franche à un Président des USA qui a provoqué, pour son pays, un endettement massif, une forte désindustrialisation, et qui va lui faire perdre une guerre coloniale en dépit de toutes les mises en garde. De quoi susciter bien des questions. Rappelons que Sarkozy a fait appel pour le conseiller, dans un passé récent, à Michel Camdessus, ex-patron du FMI, démissionnaire pour cause de crises à répétition ( voir à ce sujet RPC    ). Appliquant aveuglément les règles définies par la Réserve fédérale des Etats-Unis, il avait imposé aux pays du Sud-Est asiatique et d?Amérique du Sud des contraintes déraisonnables qui ont provoqué de graves crises, en Indonésie notamment, crise payée par des centaines de milliers de morts ?
 
Lorsque Sarkozy propose aux salariés de travailler plus (plus de 35 heures) pour gagner plus. Il oublie qu?il ne suffit pas de fabriquer pour s?enrichir. Il faut pouvoir vendre. En fait, il s?agit d?un discours visant « les 35 heurs » considérées comme le mal absolu, alors même que la droite les a sauvegardées depuis cinq ans ! Il fallait bien qu?il propose quelque part un début de rupture ! Sa proposition n?a d?ailleurs rien ni de la rupture, ni d?une révolution. De Robien, ministre du travail sous Raffarin, puis des transports, avait inventé la semaine de quatre jours avant que Martine Aubry ne se fasse la championne des 35 heures. Travailler plus pour gagner plus, c?est possible depuis toujours mais , dans la bouche de Sarkozy, c?est un piège. Si dans quelques mois, les salariés se plaignent, il leur renverra la responsabilité de leur triste situation : Je vous avais proposé de travailler plus, vous ne m?avez pas écouté.
 
Pourquoi, au lieu de s?adresser aux salariés, n?a-t-il pas demandé à Laurence Parisot, Présidente du MEDEF, d?obtenir des patrons qu?ils proposent à leurs salariés de travailler 150 heures de plus par an, davantage même ? Les employeurs pouvaient le demander sans problème à leurs salariés ? Le résultat eut été le même. Les salariés eussent augmenté leurs revenus. Certes, en cas d?impossibilité, la responsabilité eut été portée par les patrons, ce qui correspond à la réalité de l?économie et du code du travail. Mieux valait, pour l?avenir, faire supporter le responsabilité de l?échec par les salariés eux-mêmes.
 
La question de faire ou de ne pas faire des heures supplémentaires (travailler plus) est, il faut le redire, une question qui concerne les employeurs et non les salariés. C?est la règle du Code du Travail. Il appartient à l?employeur de commander les heures supplémentaires. Le salarié qui aurait refuser d?exécuter ces heures supplémentaires se serait mis en situation en de licenciement. Si l?employeur dans ces conditions demandait à ses salariés de faire toutes les heures de travail qu?il est en droit, aujourd?hui, de leur demander dans le cadre de la durée annuelle du travail prévue par les textes, il pourrait leur apporter plus qu?un treizième mois de salaire, ce qu?il ne fait généralement pas.
 
L?employeur, en effet, n?augmente le nombre d?heures travaillées dans son entreprise que si son carnet de commandes se gonfle et non si ses salariés veulent gagner davantage. Le discours de Sarkozy n?a pas de sens, ni du point de vue de la théorie économique, ni du point de vue du Code du Travail. Pire, il renvoie aux salariés la responsabilité de l?éventuel échec de sa politique économique.
 
Ajoutons que si les employeur avaient, de façon   régulière, les charges de travail qui permettent de demander une telle quantité d?heures supplémentaires, ils auraient aussi la possibilité de recruter   de nouveaux salariés. Les heures travaillées coûtent alors moins cher que des heures supplémentaires. L?employeur y gagnait. Le chômage diminuait d?autant. Mais cela ne correspond pas à la réalité de l?économie.
 
Vendre davantage ne garantit d?ailleurs pas l?expansion de l?emploi et du pouvoir d?achat. Encore faut-il que le surplus de valeur ajoutée produite par le surcroît de travail soit effectivement employé à mieux rémunérer le salarié. Ce n?est pas toujours le cas. Le supplément de valeur ajoutée peut aller aux apporteurs de capitaux ou être investi hors frontière. Voir l?exemple d?une grande entreprise d?édition(le nom n?est pas cité pour éviter des représailles) qui vient de réorganiser ses services commerciaux : Réduction des primes de ses commerciaux et pour leur permettre, non de gagner davantage mais seulement de ne pas trop perdre, augmentation de la taille de leurs secteurs commerciaux, donc plus de travail, plus d?heures sur la route. En l?occurrence, travailler plus pour éviter de gagner moins, pas pour gagner plus.
 
Autres propositions de l?UMP pour gagner plus : Que les jeunes mères salariées renvoient à plus tard leur congé de maternité !? contre l?intérêt de l?enfant, contre celui de la santé de la mère. Que les salariés   puissent repousser comme ils le veulent l?âge de leur départ en retraite ?pour améliorer leurs   retraites ! Une pension majorée (voire) pour une   retraite plus courte.. et le pays compte plus de quatre millions de chômeurs ! C?est le projet de l?UMP.
 
 Conclusion : Rejeter la candidature de Sarkozy dont le discours économique n?est qu?un fatras de propositions peu cohérentes et qui, au demeurant, premier flic de France pendant des années, a complètement échoué en matière de sécurité. Rejeter un candidat qui promet sans rire de ramener en 4 ans le taux de chômage à 4%, de donner en deux ans un toit à tous ceux qui n?en n?ont pas et de relancer le projet européen en moins de trois mois ! Rejeter un candidat qui est ministre depuis cinq ans et promet de faire en cinq ans ce qu?il n?a pas fait au cours des cinq dernières années.
 
2 ? Choisir Ségolène Royal : Pourquoi ?
 
Nous ne sommes pas les porte-paroles de la candidate socialiste. Mais nous l?avons écoutée. Nous avons suivi les débats, tant sur son blog, que dans les nombreuses réunions de sa campagne, d?ailleurs encore inachevée. Nous aurions encore bien des questions à lui poser, certes, mais nous quelques conclusions s?imposent déjà qui justifient suffisamment notre choix :
 
        21 ? Les perspectives ouvertes s?inscrivent dans la ligne d?une économie de la régulation, position déjà exprimée dans le préambule du Projet Socialiste. Ni marxiste, ni libérale, deux positions qui ont rendu service mais qui ne sont plus d?actualité. En aucun cas, une position moyenne entre les deux précédentes. Une position qui redonne à l?Etat la maîtrise de l?avenir de la Nation, dans l?Europe, qu?elle peut contribuer à réorienter et à promouvoir dans un monde dont il faudra repenser l?évolution. L?économie de la régulation, ce n?est pas l?économie du Centre, c?est l?économie de l?avenir. L?accroissement du pouvoir des Régions, en matière économique, pouvoir déjà inscrit dans les textes, va dan

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