Hollande, le justicier, et la Syrie ! Hollande s'en prendrait-il à l'Organisation de Coopération de ShangaÏ ?

Publié le par liger

Qu'est-ce qui peut pousser le Président Hollande à entrer en guerre contre la Syrie d'Hassad ?

 

La première des réponses qui viennent à l'esprit, est  facile.: Hollande est à la botte des USA. C'est la première hypothèse envisageable. Il est atlantiste de toujours. Il a été conformé par la Fondation des Young leaders, promotion 1996. Cette Fondation d'origine américaine qui, chaque année, rassemblait une dizaine de français que l'on pouvait penser destinés à de brillantes carrières et une dizaine de personnalités américaines. Elle a formé une bonne partie des ministres de Sarkozy. Elle a formé plusieurs des ministres de Hollande et Hollande lui-même. Le président Obama voulait, dans un premier temps, intervenir pour "punir" Hassad d'avoir employé des armes chimiques, le 21 août 2013, dans la banlieue de Damas, comme s'il revenait à un Etat, si puissant soit -il, de s'arroger le droit de punir un autre Etat, au mépris du droit international.

Rappellons qu'il revient au Conseil de Sécurité de l'ONU de prendre de telles décisions. A défaut, il revient à l'Assemblée Générale de l'ONU de décider. Au Conseil de Sécurité, la partie était perdue d'avance, la Russie et le Chine étant bien décidées à refuser toute ingérence occidentale dans leur sphère d'influence. Point à approfondir. A l'Assemblée Générale, il est probable qu'aucune majorité non plus n'ait décidé d'intervention militaire en Syrie. 

Après un moment d'emballement, le Président Obama, constatant le refus du Parlement anglais de toute intervention en dépit des efforts de son Premier Ministre, David Cameron, puis les réticences de son propre congrès, a décidé de s'en remettre au vote de ce dernier. Puis il prenait en compte l'initiative du Président Poutine qui faisait accepter par Hassad le principe du contrôle et de la destruction de ses armes chimiques syriennes par une instance de l'ONU pour  surseoir.

Hollande se retrouvait seul dans l'arêne, acceptant de consulter le Parlement, mais sans lui demander d'exprimer son avis par un vote. La constitution lui en donne le droit mais elle ne lui interdit pas de procéder différemment. Il attend donc une hypothétique décision d'intervention des USA, avec ou sans l'aval de l'ONU. Pour autant, il affiche une claire intention de  continuer à armer la dissidence, c'est à dire à entretenir la guerre civile. Il n'accepte visiblement pas l'hypothèse d'une solution politique avec Hassad et parait ignorer complètement la réalité de cette guerre.

 

La guerre de Syrie aurait une motivation de nature économique à rechercher du coté des affaires pétrolières. Il s'agit là de ce pipe-line que Russes et Iraniens veulent construire pour donner au pétrole iranien une voie d'exportation vers la méditerrannée. Hollande ne pouvait l'ignorer. Déjà les américains s'étaient engagés en Afghanistan avec la ferme intention de construire, de leur coté, un pipe-line leur permettant de faire venir le pétrole du Turkménistan jusqu'à l'Océan Pacifique. pour l'instant, ils ont échoué. le pétrole reste ou plutôt restait l'une des clés de compréhension des problèmes du Moyen-Orient. Mais la situation énergétique des USA a changé depuis qu'ils se sont mis à exploiter le gaz de schistes qui leur permettrait de retrouver leur indépendance énergétique. Obama a peut-être pensé que la question des pipe-line moyen-orientaux n'était plus d'une brulante actualité. Dans cette affaire, Hollande s'est compromis sans bénéfices envisageables. Il lui suffirait, du point de vue français, de décider d'importer à nouveau, officiellement, du pétrole iranien.

 

La guerre en Syrie visait, probablement, à enfermer encore davantage l'Iran, en vue d'une autre guerre que l'OTAN aurait ensuite déclenchée contre l'Iran. Là aussi, la situation a changé. Les iraniens ont élu un nouveau président qui veut renouer de bonnes relations avec tout le monde, qui n'a pas l'air de vouloir faire de la production de sa "bombe" un objectif durable et qui propose aux occidentaux de s'entremettre pour hâter une solution politique en Syrie.

 

Enfin les occidentaux découvrent ce que leurs services savaient mais dont on ne devait jamais parler : Attaquer la Syrie, c'est une première atteinte à l'Organisation de Coopération de Shanghaï qui regroupe la Russie, la Chine, trois républiques d'Asie Centrale , mais qui compte aussi, à titre d'observateurs, l'Iran, le Pakistan, l'Inde et d'autres. L'Iran est candidate à une place à part entière dans l'organisation. Pour faciliter les jeux diplomatiques, les cinq puissances créatrices ont décidé qu'elles n'accepteraient pas de nouveaux membres à part entière qui soient sous le coup de sanctions de la part de l'ONU. Bonne manière faite aux USA. L'Iran doit donc attendre tout en participant à la plupart des réunions de l'OCS. La Syrie est très liée à la Russie, chacun le sait. La Syrie appartient au monde chiite, comme l'Iran, sa voisine. La Russie a une importante base navale en Syrie, Tartous. L'aggression à peine déguisée des USA et de l'OTAN contre la Syrie apparait donc comme la première aggression du monde occidental contre l'OCS. Aussi a-t-on pu, déjà, poser la question:S'agit-il du début de la troisième guerre mondiale. Bien entendu, qui parle de cette situation aux français, certainement pas notre ministre des affaires étrangères naturellement porté à prendre en compte les thèses d'Israël, ni monsieur Pujadas, ni aucun journaliste des média officiels. Bref, on nous prive de l'information la plus élémentaire. On soutient sans barguigner les djiadistes mis au service de l'OTAN, parce que cela arrangeait tout le monde, tout en les repoussant du Mali  vers des régions inaccessibles. Et l'on voudrait que les français avalent tout cela sans réagir. Les sondages révêlent qu'il n'en n'est rien. Puisse notre Président revenir à d'autres sentiments à l'égard de la Syrie et des Syriens. Puisse-t-il se souvenir des raisons qui, il y a quelques années, avaient provoqué la mise à l'écart du Général Wesley Clarck, commandant des forces de l'OTAN au moment des guerres balkaniques, maisen désaccord avec les projets guerriers de son gouvernement. Il redoutait que le projet de son gouvernement visant à s'emparer de la lybie, du Liban, du Yémen, puis de la Syrie et de l'Iran, ne débouche sur la prise de poucoir des fondalistes musulmans, un peu partout. On l'a vu en Tunisie, en Lybie, en Egypte, au Yémen, comme on va bientôt pouvoir constater le retour de Talibans à Kaboul avec un régime à nouveau fond sur la Charia.

 

Je vais revenir, un peu plus tard, sur la question de notre complicité avec les talibans, avec les djihadistes et autres rois absolus que sont nos amis du Golfe. On reviendra aussi pour rafraîchir nos mémoires sur les relations historiquement difficiles de la France et de la Syrie. Qui se souvient en France que notre aviation a probablement la seule à avoir déjà bombardé Damas ? Qui se souvient que c'est la France qui, en son temps, a donné à la Turquie la province la plus alaouite de Syrie ? Qui se souvient que la Syrie a été tenue par une armée française aux ordres du gouvernement de Vichy, lequel permettait alors à l'aviation du IIIième Reich de se servir des aérodromes syriens ?

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